18 mai 2026

Le charme des tulipes au printemps


Images

Les photos ont été prises au Jardin botanique de Montréal, le 16 mai 2026, dans le jardin d’accueil, le jardin de la Paix et le jardin des plantes vivaces.

Photos © Claude Trudel, 2026.

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Sur la Toile

Jardin botanique de Montréal

17 mai 2026

Quand l’algorithme décide


Le livre de Steve Jacob et Sébastien Brousseau, intitulé Quand l’algorithme décide, est sous-titré L’État, l’IA et nous.

Cette citation de l’introduction en précise le but et le contenu :

À une époque où les questions de justice sociale et d’inclusion occupent une place centrale dans nos sociétés, il est essentiel de comprendre comment l’IA peut être utilisée par les organismes publics pour concevoir et fournir des services publics justes, équitables et exempts de discrimination. Pour y parvenir, il est nécessaire de décoder les biais algorithmiques. C’est à cela que nous nous employons dans cet ouvrage.

Structure

Les parties préliminaires :

Préface du protecteur du citoyen Marc-André Down (3 pages)
Table des matières
Liste des encadrés (6) et des figures (2)
Remerciements
Introduction : Cet algorithme pourrait vous gâcher la vie ! (18 pages)

Les trois chapitres du volume :

L’intelligence artificielle dans le secteur public (34 pages)
Décryptons les biais algorithmiques (46 pages)
Pistes d’action pour une administration numérique sans discrimination (29 pages)

Les parties complémentaires :

Conclusion (5 pages)
Annexe : Grille de réflexion sur l’utilisation des algorithmes dans le secteur public (4 pages)
Bibliographie (17 pages)

Aperçu

Ce petit livre de 175 pages est à la fois un ouvrage d’information, de réflexion et d’action. Les exposés sont limpides et les exemples nombreux. L’ouvrage s’adresse principalement aux responsables politiques, aux membres de la fonction publique et à toutes les personnes soucieuses de l’avenir des services publics.

Quelques exemples de sujets abordés dans l’ouvrage :

Définition du mot algorithme
Cas d’utilisation de l’IA dans le secteur public : éducation, emploi, fiscalité, immigration, justice, sécurité, santé
Définition de biais algorithmiques
Comment apparaissent les biais algorithmiques
Principaux types de biais algorithmiques : descriptions exemplifiées de ces biais au cours des quatre étapes du pipeline de l’IA
Plan d’action pour éviter les discriminations : les cinq pièges à éviter
Publier des informations détaillées dans un registre public des algorithmes
Les dimensions techniques et humaines de la Grille de réflexion sur l’utilisation des algorithmes dans le secteur public

Terminons cette présentation sommaire par ces propos formulés par les auteurs dans la conclusion de l’ouvrage :

Notre analyse met en évidence le fait que l’équité et la justice sont des caractéristiques des systèmes sociaux, plutôt des propriétés intrinsèques aux outils technologiques. […] Le principal défi que doivent relever les organisations publiques souhaitant utiliser l’IA réside dans la compréhension, l’identification, l’atténuation ou la suppression des biais d’une manière réfléchie et responsable.

Appréciation

Fruit de recherches approfondies, comme l’illustrent les références dans les exposés et la bibliographie exhaustive, ce livre de référence pourra s’avérer utile, voire indispensable, à tous les décideurs et décideuses. C’est une synthèse remarquable dont toutes les citoyennes et tous les citoyens ont intérêt à prendre connaissance.

Un super guide théorique et pratique !

Référence

Jacob, Steve; Brousseau, Sébastien. – Quand l’algorithme décide. L’État, l’IA et nous. – Préface du protecteur du citoyen Marc-André Down. – Québec : Presses de l’Université Laval (PUL), 2025. – xvi, 159 p. – ISBN 978-2-7663-0724-1. – [Citations : p. 6, 133-134]. – BAnQ : 351.028563 J158q 2025.

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09 mai 2026

La Grande Révolte en Angleterre


Les souvenirs enfouis peuvent remonter à la surface. Ce qui n’est que de l’histoire pour un individu est une vivace et persistante réalité pour un autre.

Un roman policier à caractère historique, par Paul Doherty.

Une citation tirée des Lettres de John Ball est insérée au début de chacune des cinq parties du polar.

Aperçu

Une délégation italienne est logée depuis quelques jours à l’hôtellerie des Dominicains, située en bordure de la Tamise. Elle comprend Matteo Fieschi, procureur général de l’ordre des Dominicains, frère Alberic, âgé de 35 ans, ancien chevalier au service des Visconti de Milan et secrétaire du procureur général, frère Cassian et frère Isidore, deux jeunes dominicains, assistants du procureur général.

Avec étonnement, le 12 juin 1381, Alberic est trouvé mort dans sa chambre d’hôte, une longue dague plantée près du cœur. Aussitôt, le prieur Anselm confie l’enquête à Athelstan, dominicain et curé de la paroisse de Saint-Erconwald à Southwark. Les circonstances de l’assassinat s’avèrent mystérieuses : aucun signe de résistance chez la victime, des documents confidentiels disparus et le huis clos de la pièce. Quelques heures plus tard, Athelstan échappe à deux tentatives de meurtre.

Dans les annales de l’Angleterre, cette journée est identifiée à la révolte des paysans et à leurs alliés dans la capitale. Inspirés par le prêtre John Ball, plusieurs insurgés veulent renverser l’ancien ordre. Dirigés par Wat Tyler, des rebelles assaillent le prieuré et demandent à inspecter le prieuré de fond en comble. Anselm refuse net. Les rebelles se retirent, mais Tyler avise Athelstan de la disparition de ses paroissiens.

Tous ces événements se déroulent sous le règne de Richard II, âgé de 14 ans, alors que son pouvoir royal est convoité par Jean de Gand, duc de Lancastre. Et la mission diplomatique de la délégation italienne s’insère dans ce contexte conflictuel.

Ce sont là quelques épisodes relatés dans la première partie du récit. Ils connaîtront de multiples développements dans les parties suivantes. Comment Athelstan va-t-il résoudre les différents meurtres et l’énigme de la mort d’Édouard II, le grand-père de Richard II ?

Remarque

Paul Doherty, romancier et professeur d’histoire médiévale, encadre son récit par deux notes.

La Note historique porte sur l’histoire tumultueuse de la famille royale anglaise à l’époque des rois Édouard II (1307-1327), Édouard III (1327-1377) et Richard II (1377-1399).

Le sort mystérieux d’Édouard II, la révolte des paysans et le personnage John Ferrour font l’objet de la Note de l’auteur qui s’achève ainsi : « Finalement, les romans historiques reflètent souvent une réalité bien ancrée dans les faits plutôt que dans la fiction. »

Références

Doherty, Paul. – La Grande Révolte. – Traduit de l’anglais par Christiane Poussier et Nelly Markovic. – Paris : Éditions 10/18, 2018 © 2016. – 331 p. – (Collection Grands détectives). – ISBN 978-2-264-07221-4. – [Citations : p. 49, 331]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : DOH Pau gr  ; Doherty D6557g.

Révolte des paysans anglais (Wikipédia)

Image

John Ball encourageant les rebelles de Wat Tyler (Artiste inconnu, dans les Chroniques de Jean Froissart, vers 1470 / British Library, Commons Wikimedia)

Plan de Londres


Carte de Londres en 1381 : A - Clerkenwell ; B - Prieuré Saint-Jean ; C - Smithfield ; D - Prisons de la Fleet et de Newgate ; E - Hôtel de Savoie ; F - Temple (en) ; G - Blackfriars ; H - Aldgate ; I - Mile End ; J - Westminster ; K - Southwark ; L - Prison de Marshalsea ; M - London Bridge ; N - Tour de Londres.

Carte de Londres en 1381 – (8 mai 2013, CC BY-SA 3.0, Wikipédia)

Oiginal plan by William R. Shepherd (1871 - 1934); vectorisation by Grandiose; additional work by hchc2009 — Travail personnel basé sur : Map of London, 1300.svg et Plan of London in 1300.jpg; additional detail after Marjorie B. Honeybourne’s map of London under Richard II, 1940. – Map of the British city of London in around 1381.

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01 mai 2026

Guide illustré des monastères du Mont Athos


Le superbe livre encyclopédique de Sotiris Kadas, réédité à plusieurs reprises, contient trois grandes parties.

La partie initiale présente un aperçu général sur le Mont Athos : le site géographique, l’histoire depuis ses origines mythiques, le monachisme (origine, histoire et formes), la situation actuelle des monastères en activité (dénominations, administration, catégories, dépendances), le gouvernement, la vie des moines (prière, travail, nourriture) et la capitale administrative Karyes.

La deuxième partie, la plus volumineuse, concerne les vingt monastères en activité. À titre d’exemple, attardons-nous au monastère de la Grande Lavra, le plus important du Mont Athos. Le chapitre dédié à ce premier monastère relate son histoire, la description de l’église principale et des autres bâtiments, sa bibliothèque et son trésor.

Athanase l’Athonite fonde le monastère en 963. Grâce au soutien des empereurs byzantins, le monastère connaît une période de prospérité jusqu’au 14e siècle. Après un long déclin consécutif aux attaques des pirates, la situation se rétablit à la fin du 17e siècle. Pendant la domination ottomane, le monastère est aidé par les patriarches, les princes des pays danubiens et les tsars de Russie.

L’église principale est de style byzantin composite. Ses murs sont ornés de fresques du peintre crétois Théophane. Dans l’une des deux chapelles latérales se trouve le tombeau d’Athanase l’Athonite. Une quinzaine d’autres chapelles sont présentes dans l’enceinte du monastère.

Le trésor, qui contient de nombreux objets précieux, ainsi que la bibliothèque sont abrités dans le même bâtiment. La bibliothèque contient 2 046 manuscrits et plus de 10 000 livres imprimés. C’est la plus riche du Mont Athos.

La troisième partie est consacrée à la culture : l’architecture, la sculpture, la peinture, la peinture monumentale, les icônes portatives, les miniatures de manuscrits, les œuvres d’art mineur, les vêtements sacerdotaux et les étoffes brodées d’or.

Dans sa conclusion, l’auteur souligne l’importance primordiale du Mont Athos pour la nation grecque et l’Église orthodoxe.

Le livre compte 132 illustrations et 2 cartes : La presqu’île du Mont Athos, Les monastères du Mont Athos. Une bibliographie multilingue complète l’ouvrage.

Ce volume de référence est particulièrement intéressant pour ses récits historiques et ses reproductions iconographiques.

Références

● Livre

Kadas, Sotiris. – Mont Athos : guide illustré des vingt monastères. – Traduction par Krista Zoula-Laumonier. – Athènes : Ekdotike Athenon S.A., 1989. – 199 p. 

● Note

L’édition originale en grec est disponible à la Bibliothèque des lettres et sciences humaines de l’Université de Montréal / Étage 6 – Collection générale, Cote DR 741 A8 K33 :

Titre : To ʼAgion oros : ta monastēria kai ʼoi thēsauroi tous
Auteur : Sōtērēs Kadas
Édition : Athēna : Ekdotikē Athēnōn, 1979.

● Auteur

Né en Grèce en 1940. – Archéologue. – Docteur de la Faculté de théologie (Département de pastorale) de l’Université Aristote de Thessalonique (en 1984). – Source : BnF.

● Site

Mont Athos, la Sainte Montagne (Assemblée des évêques orthodoxes de France, AEOF)

● Remarque

La collection de la Grande Bibliothèque de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) contient plusieurs livres relatifs aux monastères du Mont Athos.

Image

L’église principale (katholikon) de la Grande Lavra au Mont Athos (Dimboukas sur en.wikipedia, 28 avril 2006).

Dans le livre de Sotiris Kadas, une photo similaire est affichée à la page 144 (Architecture), tandis que les pages 34-41 portent spécifiquement sur le Monastère de la Grande Lavra.

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Art paléochrétien et byzantin

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Mont Athos (Gouvernment de la Grèece)
Mont Athos (Photos des monastères et informations touristiques)

25 avril 2026

Le monastère hanté / Robert Van Gulik

Quand la foudre détruit une maison et tue ses habitants, faites-vous comparaître la foudre devant votre tribunal ?

Une enquête du célèbre juge Ti

Une violente tempête surprend le juge Ti en pleine montagne, avec ses femmes, ses servantes et son lieutenant Tao Gan. Ils se réfugient alors au Monastère du nuage matinal.

Au cours de son bref séjour dans ce monastère taoïste, le juge Ti va en profiter pour enquêter sur les décès suspects de trois femmes survenus récemment en ce lieu. De fil en aiguille, il va aussi enquêter sur la mort mystique de l’ancien père abbé.



Les particularités du polar sont typiques des romans du prolifique écrivain néerlandais Robert Van Gulik (1910-1967) :

– un plan en relief du monastère et la liste des personnages, en début d’ouvrage;

– des intrigues nombreuses et bien ficelées;

– un titre descriptif pour chaque chapitre; par exemple :

Mystérieux conciliabule dans une vieille tour; le juge Ti voit une femme nue à travers une fenêtre qui n’existe pas

– des illustrations de l’auteur dans le style chinois; par exemple : 

Le juge Ti et Tao Gan dans la resserre

– des vers intégrés au récit; par exemple ce poème de Tsong Li :

Vraies amours, fausses amours,
Amours d’hier ou de toujours…
Plus et moins,
Ça va très bien.
Que le Ciel nous garde
De moins et moins.

– le taoïsme comparé au confucianisme; par exemple, selon le sage taoïste Souen Ming :

Le taoïsme prend les choses à l’endroit où Confucius les a laissées ! Le confucianisme explique comment l’homme doit se conduire dans une société bien faite. Le taoïsme, lui, nous montre les rapports qui existent entre l’homme et l’Univers… rapports dont l’ordre social n’est qu’un aspect.

Une Note et la Table sont ajoutées après le récit.



La lecture de ce roman policier est fort agréable.

Référence

Livre

Van Gulik, Robert. – Le monastère hanté (Les Nouvelles Enquêtes du juge Ti). – Traduit de l’anglais par Roger Guerbet. – Avec huit illustrations de l’auteur dans le style chinois. – Paris : Éditions 10/18, 1984 © 1963. – 183 p. – (Collection Grands détectives). – ISBN 978-2-264-00608-0. – [Citations : p. 167, 11, 28, 54, 69]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : VAN Rob mo ; Van Gulik V253m.

Auteur

Robert van Gulik (Wikipédia)

Image

Yin et Yang (Wikimedia)

Articles connexes

Le romancier Robert van Gulik
Le roman policier chinois
Le crime de Lotus-d’or

19 avril 2026

Bégonias botaniques et horticoles


Les photos affichées dans l’album Bégonias botaniques et horticoles ont été prises au Jardin botanique de Montréal, dans la serre des bégonias. Elles donnent un aperçu de la diversité et de la richesse des collections végétales du Jardin botanique de Montréal.

Les plantes sélectionnées font partie de la famille des Begoniaceae (Bégoniacées). Les espèces botaniques sont regroupées dans la première partie de l’album, tandis que les variétés horticoles (cultivars) sont présentées dans la seconde partie.

Les pays d’origine des espèces botaniques sont identifiés, par exemple : Begonia thiemei, Guatemala, Honduras, Mexique. Les informations sur l’origine des plantes sont tirées de la base de données Plants of the World Online.

Les noms des cultivars (plantes cultivées) sont inscrits entre guillemets simples, par exemple : Begonia ‘Anna Christine’.

La troisième partie de l’album présente la classification d’un grand nombre d’espèces par groupes distinctifs : à tiges épaisses, arbustif, bambusiforme, croix de fer, Hiemalis, rampant-grimpant, Rex-cultorum, rhizomateux et tubéreux.

Les données sur les espèces proviennent des étiquettes du Jardin botanique de Montréal. Les noms scientifiques sont écrits en italiques.

L’album photos est complété par des références.

Ce livre gratuit peut être reproduit d’une façon identique à des fins éducatives non commerciales.

Références

Bégonias botaniques et horticoles
Botanical and Horticultural Begonias

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Albums botaniques

11 avril 2026

BAnQ : visions pour une institution phare


À l’occasion des vingt ans de la plus grande institution culturelle du Québec, les auteurs et autrices Guylaine Beaudry, Lise Bissonnette, Carol Couture, Gilles Gallichan, Marie D. Martel et Jean-François Palomino publient un ouvrage consacré à l’état et aux perspectives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Le livre, publié par Les Presses de l’Université de Montréal, se compose d’une introduction, de huit chapitres et de notices biographiques. Les chapitres contiennent des références infrapaginales.

Voici un aperçu de BAnQ : visions pour une institution phare.

Présentation (Lise Bissonnette, 5 pages)

La première présidente et directrice générale de BAnQ indique le but de la publication : proposer un ouvrage en forme de bilan critique, après la controverse impliquant la vente secrète du vaste jardin de la Grande Bibliothèque à l’Hydro-Québec. Un aperçu de l’ouvrage coopératif est ensuite exposé.

[ 1 ] – Une vie hors champ (Lise Bissonnette, 40 pages)

Après avoir rappelé le coup de force à l’encontre de BAnQ, l’autrice présente un bref historique des bibliothèques et archives nationales en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis d’Amérique et au Canada (gouvernement fédéral). Les parties suivantes portent sur les étapes menant à la création de BAnQ (acteurs, jalons législatifs et documents marquants), les réalisations de la nouvelle institution nationale (par exemple : direction de la recherche et de l’édition, expositions, publications, bourses de recherche) et leur récente disparition.

En conclusion, l’autrice évoque les possibilités d’une refondation de BAnQ, compte tenu des ressources humaines et matérielles disponibles, si une volonté pouvait germer.

[ 2 ] – La mémoire et la documentation : BAnQ dans l’histoire du Québec (Gilles Gallichan et Jean-François Palomino, 17 pages)

Les auteurs retracent les grandes étapes historiques menant à la création et au rayonnement de BAnQ : les bibliothèques parlementaires dans la première moitié du 19e siècle, la Bibliothèque Saint-Sulpice dans la première moitié du 20e siècle, la Société des Dix fondée en 1935, la création de la Bibliothèque nationale, de la Grande Bibliothèque, puis la fondation de BAnQ regroupant trois institutions (bibliothèque et archives nationales, bibliothèque publique).

Plusieurs grandes réalisations de BAnQ sont ensuite citées : la direction de la recherche et de l’édition; la publication de périodiques, de livres et d’articles; la présentation de conférences captivantes et d’expositions prestigieuses; l’attribution de bourses de recherche; la numérisation, l’océrisation et la conservation de centaines de milliers de documents patrimoniaux accessibles en ligne.

En conclusion, après ce panégyrique, les auteurs soulignent l’importance vitale de BAnQ pour la préservation, la sauvegarde, la promotion et l’accès à notre patrimoine documentaire, ainsi que pour son rôle déterminant dans le secteur des bibliothèques et de l’information. En notre époque d’obscurantisme politique, «une bibliothèque nationale est un axe de lumière et de savoir.»

[ 3 ] – Les budgets de fonctionnement et d’investissement de BAnQ : progression, stagnation ou réduction ? (Carol Couture, 8 pages)

L’auteur analyse les budgets de fonctionnement et d’investissement pour la période 2005-2025. Pour la période 2015-2025, il présente un tableau statistique sur l’évolution des ressources financières allouées à BAnQ et un graphique à barres sur les budgets de fonctionnement de BAnQ. Le bilan de cette étude factuelle s’avère critique.

Compte tenu du définancement effectif de BAnQ et du contexte politico-économique actuel, l’auteur soulève de vives inquiétudes quant à la gestion de l’ensemble de l’institution et à la pérennité des missions fondamentales de BAnQ.

[ 4 ] – Entre réalité et discours : une décennie de transformations, 2014-2024 (Marie D. Martel, 32 pages)

L’autrice analyse cette décennie sous deux angles complémentaires : les données permettant de mesurer les transformations de BAnQ et les orientations définies par les directions successives. L’étude des statistiques aboutit à ce constat : «recul du présentiel, progression du numérique, cycles d’érosion et de relance des ressources, recomposition de la médiation et du rayonnement». Les discours des directions de BAnQ, face à ces réalités, sont contrastés. Bien souvent, les orientations formulées correspondent peu ou pas aux réalités révélées par les données.

En conclusion, l’autrice préconise la refondation de BAnQ en entreprenant ces quatre chantiers : mesurer les indices probants, réinvestir la présence et la médiation de proximité, redéployer les ressources professionnelles, réaffirmer le mandat de BAnQ comme bibliothèque de recherche. En plus, clarifier explicitement le sens de société apprenante.

[ 5 ] – Les Archives nationales du Québec et la Loi sur les archives : une contribution essentielle à la constitution de la mémoire du Québec (Carol Couture, 21 pages)

Le texte de l’auteur est rédigé sous un mode impératif. Après un bref rappel sur l’intégration des AnQ à BAnQ et sur les missions et contributions de la Direction générale des archives, l’auteur constate le manque de vision du gouvernement et de son soutien financier. La loi sur les archives de 1983 est ensuite abordée : historique et mise en place, politique de gestion des archives, application incitative plutôt que coercitive, impacts sur la discipline archivistique et la profession d’archiviste. Enfin, l’auteur souligne l’obligation et l’urgence d’une nouvelle loi sur les archives, ainsi que le manque d’implication des décideurs politiques et responsables administratifs à cet égard.

[ 6 ] – Un bateau amiral sans boussole (Guylaine Beaudry, 33 pages)

Ce chapitre porte sur les missions fondamentales de l’institution en répondant à cette question de base : «À quoi servent une bibliothèque et des archives nationales?» Après avoir rappelé les raisons d’être des bibliothèques et des archives nationales, l’autrice aborde d’une façon détaillée les moyens requis pour remplir les missions de ces institutions (par exemple : catalogage, médiation, coopération, direction, services centraux). Elle distingue ces missions de celles de la Grande Bibliothèque et des bibliothèques publiques. Les volets suivants sont développés : les projets de collaboration entre les bibliothèques de tous types (plusieurs manquements soulignés), le développement des collections de publications et des fonds d’archives, les moyens des collections (statistiques sur les dépenses d’acquisitions).

L’autrice rappelle que contribuer à l’éducation de la société constitue une mission fondamentale des bibliothèques. La ressource BANQ Éducation est soulignée, mais plusieurs autres aspects sont déplorables : la suppression des expositions, l’absente de formation professionnelle continue, l’absence d’activités de littératie numérique (informatique de base, intelligence artificielle), le déclin des entrées physiques à la Grande Bibliothèque (fermée le lundi, accès limité les autres jours).

Suite à ces constats, les parties suivantes sont prospectives et mobilisatrices : «À la lecture de la planification stratégique, on s’étonne du silence quant aux objectifs de développement pour l’institution portant sur les missions fondamentales.» Les sujets suivants sont abordés : les défis du numérique (en particulier pour les documents à archiver, l’utilisation de l’intelligence artificielle et l’infrastructure informatique), la vocation de la Bibliothèque Saint-Sulpice, le leadership stratégique, la formation aux médias et l’alphabétisation des adultes, les coupes budgétaires qui compromettent les missions de l’institution nationale.

En conclusion, l’autrice affirme que «BAnQ dispose d’atouts considérables pour façonner une certaine manière de penser, d’exercer et d’honorer ses missions. […] Le potentiel de transformation est réel – il ne reste qu’à l’activer.»

[ 7 ] – Bibliothécaire et archiviste, des professions pivots entre science, compétences et valeurs (Marie D. Martel, 18 pages)

Plusieurs volets professionnels sont abordés par l’autrice, en évoquant notamment R. David Lankes, Andrew Abbott et Donald A. Schön :
– la dimension sociale assumée par les spécialistes de l’information dans le contexte de l’accroissement des inégalités sociales et de l’émergence de l’intelligence artificielle;
– la contestation de la juridiction professionnelle des bibliothécaires et des archivistes par des acteurs externes et internes;
– les compétences professionnelles précisées dans les référentiels de l’American Library Association et de la Fédération des milieux documentaires;
– les valeurs professionnelles synthétisées dans les codes d’éthique des grandes associations, par exemple ceux de l’Association des archivistes de Québec et de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.

[ 8 ] – Ignorer l’expertise des archivistes et bibliothécaires : une dérive politique (Carol Couture, 8 pages)

L’auteur remet en question les nominations politiques ou partisanes à la direction d’organismes ou d’institutions publiques, comme ce fut le cas, par exemple, pour la nomination de la présente direction à BAnQ.

Dans un monde en profonde mutation, l’auteur souligne la pertinence et l’importance de désigner des professionnels compétents et expérimentés pour occuper les plus hauts postes de direction dans les bibliothèques et les centres d’archives du Québec.

Référence

Collectif. – BAnQ : visions pour une institution phare. – Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal (PUM), 2026. – 198 p. – (Collection Champ libre). – ISBN 978-2-7606-5542-3. – [Citations : écrites en italiques ou insérées entre guillemets]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : en commande ; 027.5714 B2195 2026.

Image

Grande Bibliothèque © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

La Grande Bibliothèque est une conception des firmes Patkau Architects de Vancouver, Croft-Pelletier de Québec et Gilles Guité de Montréal. Les murs de l’édifice comptent 6200 lamelles de verre trempé. La sculpture Espace fractal (2005) a été créée par Jean-Pierre Morin.

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Le design et l’architecture
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Le lied romantique
L’œuvre de Claude Vivier
Christoph Graupner (1683-1760)

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Ils ont cartographié l’Amérique (sommaire de 13 articles)
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L’archipel de Paul-Marie Lapointe
Le goût de l’encre (Monique Charbonneau)
Institut canadien de Montréal
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La contrefaçon au 19e siècle
L'estampe au Québec depuis 1980
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Carte de l'Amérique septentrionale (1755)

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Les Sulpiciens et l’histoire du livre

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Visite de la Grande Bibliothèque
Nos collections se dévoilent
Une exploration cartographique

04 avril 2026

Les algorithmes / Aurélie Jean


Un algorithme est littéralement un ensemble d’opérations structurées et hiérarchisées selon une certaine logique, destinées à être exécutées dans l’objectif de répondre à une question ou de résoudre un problème.



Le livre d’Arélie Jean sur les algorithmes est publié dans la collection encyclopédique Que sais-je? Comme d’autres livres de cette collection, celui-ci constitue une synthèse rédigée par une spécialiste du sujet traité.

Après avoir passé en revue les algorithmes antiques et leurs utilisations, l’autrice aborde les algorithmes modernes et contemporains : les algorithmes explicites, computationnels et implicites. Au cours de son exposée, l’autrice raconte les faits marquants de l’histoire des ordinateurs et de l’informatique.

Trois autres chapitres portent sur la naissance de l’intelligence artificielle, la nouvelle ère algorithmique et l’explicabilité algorithmique.

Le chapitre sur l’intelligence artificielle aborde notamment la signification problématique de l’expression « intelligence artificielle », la théorie et l’évolution des intelligences artificielles.

Le chapitre sur la nouvelle ère algorithmique porte sur la collecte croissante et le traitement des données, l’évolution des ordinateurs et leur capacité grandissante de calcul, les modèles de langage, les enjeux scientifiques, technologiques et sociaux du développement algorithmique.

L’explicabilité algorithmique, abordée au dernier chapitre, porte sur la compréhension de la logique de fonctionnement d’un algorithme par un calcul et de son interprétation donnant un sens au résultat du calcul. Les trois phases de conception algorithmique sont expliquées et distinguées de la transparence algorithmique.

Terminons ce survol par cette citation tirée de la conclusion : « ce livre est une sorte de manuel de navigation dans ce monde en perpétuel mouvement. » Ce manuel de navigation incite notamment ses lecteurs / utilisateurs à maîtriser les mathématiques et les statistiques qui font partie intégrante de la science algorithmique.

Une courte bibliographie complète cette synthèse, mais plusieurs autres ouvrages de référence sont cités dans le texte et les notes infrapaginales.

Référence

Jean, Aurélie. – Les algorithmes. – Paris : Éditions Humensis, 2024. – 128 p. – (Collection Que sais-je?, n° 4264). – ISBN 978-2-7154-1664-2. – [Citations : p. 22, 123]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 518.1 JEA ; 518.1 J432a 2024.

Image

Algorithme PGCD (Algorithme d’Euclide pour la détermination du plus grand commun diviseur de deux entiers naturels) – (Wattcle, Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International, Commons Wipimedia)

L’algorithme d’Euclide ou calcul du PGCD est expliqué aux pages 10-13 du livre d’Aurélie Jean. Le schéma de l’algorithme figure à la page 12.

Article connexe

Ressources documentaires sur l’intelligence artificielle

29 mars 2026

Vers la paix perpétuelle


Les Éditions Hatier ont réédité l’opuscule Vers la paix perpétuelle d’Emmanuel Kant (1724-1804). Le livre compte deux parties. La première contient le texte intégral publié en 1795. La seconde présente un dossier complémentaire exhaustif.

Texte (73 pages)

Après la justification du titre de son ouvrage, Kant intitule ainsi la première section de son écrit : Les articles préliminaires en vue de la paix perpétuelle entre les États. Ensuite, la seconde section est intitulée Les articles définitifs de la paix perpétuelle entre les États. Deux suppléments et deux appendices complètent les propos de l’auteur.

Les sections, suppléments et appendices sont suivis des Notes de Kant, alors que les notes infrapaginales du volume sont celles des traducteurs et du philosophe français Michaël Fœssel.

Les lignes du texte d'Emmanuel Kant sont numérotées, de 1 à 1957.

Dossier (78 pages)

Le Dossier comprend plusieurs chapitres rédigés par Michaël Fœssel, sauf le chapitre L’auteur et le contexte rédigé par Ole Habsen-Løve :

L’architecture de l’œuvre

L’auteur et le contexte

— Repères biographiques
— Tableau chronologique

Thèmes et problématiques

— Avant-propos
— Le statut philosophique de la paix
— La paix et le droit
— Déclarer la paix
— La paix dans l’histoire
— Le droit et la politique
— Conclusion

Outils complémentaires

— Glossaire
— Bibliographie.

Aujourd’hui

Vers la paix perpétuelle : une œuvre philosophique d’actualité.

Dossier complémentaire : un guide pédagogique remarquable.

Référence

Kant, Emmanuel. – Vers la paix perpétuelle (Projet philosophique, 1795). – Texte intégral. – Traduction originale par Éric Blondel, Jean Greisch, Ole Habsen-Løve et Théo Leydenbach. – Analyse par Michaël Foessel. – Paris : Hatier, 2007. – 160 p. – (Collection Classiques & Cie Philosophie / Hatier poche, n° 409). – ISBN 978-2-218-92709-6. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 327.172 K [c2001] ; 172.42 K1677g 2007.

Image

Rosier floribunda (Rosa ‘Moondance’, Rosaceae), Jardin botanique de Montréal © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

Carte du monde en 1795

A Map of the World from the best Authorities (Mathew Carey, 1795) – (Library of Congress, Geography and Map Division) :

21 mars 2026

813, une aventure d’Arsène Lupin


Un classique ayant pour auteur Maurice Leblanc (1864-1941).

Pourquoi lire les classiques (Italo Calvino) : « Toute relecture d’un classique est une découverte, comme la première lecture. »

Aperçu

Attardons-nous au chapitre initial : Le massacre.

L’histoire se déroule au Palace-Hôtel de Paris. Une quinzaine de personnages entrent en scène, dont ceux-ci : le multimillionnaire Rudolf Kesselbach, son secrétaire Chapman et son domestique Edwards; le chef de la sûreté Lenormand et l’inspecteur de police Gourel; Arsène Lupin (bien sûr); Dolorès Amonti; le juge d’instruction Formerie et le médecin légiste; le directeur de l’hôtel et le domestique Gustave Beudot; les clients Reverdat, Giacomini et Parbury.

Le récit est presque tout en dialogue, d’où son dynamisme. Les personnages sont clairement définis et les décors sont esquissés. Les péripéties s’enchaînent rapidement. L’illustration du premier meurtre est saisissante. Cet assassinat et les suivants, suscitant moult interrogations, justifient le titre du chapitre.

Édition critique

La nouvelle édition d’Adrien Goetz est enrichie par une Préface et une Note sur l’édition, insérées avant le roman, et un Dossier ajouté après le récit.

Préface (29 pages)

Adrien Goetz situe l’oeuvre de Maurice Leblanc, dont ses publications dédiées à Arsène Lupin, dans le contexte littéraire et politique de son époque, soit de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle. Le style de l’auteur est notamment caractérisé.

Note sur l’édition (2 pages)

« 813 est paru d’abord en feuilleton dans Le Journal de mars à mai 1910; puis la même année, en un volume, aux Éditions Pierre Lafitte. Le texte que nous publions est celui de l’édition Pierre Lafitte parue en 1917. […] Nous reprenons quelques illustrations de l’édition de 1917, par Marcel Lecoultre, qui accompagnent certains passages marquant de l’intrigue. »

Dossier complémentaire :

Chronologie (24 pages)

La chronologie (1814-2023) contient les dates importantes de la vie de Maurice Leblanc, mais aussi celles d’Arsène Lupin.

Bibliographie (5 pages)

La bibliographie compte quatre sections : Éditions de 813, Éditions complètes des « Aventures d’Arsène Lupin », Ouvrages critiques, Articles critiques.

Notice (9 pages)

La notice compte deux sections : À héros multiforme, ouvrage multiforme; Le feuilleton, antichambre du roman. La première section porte sur les éditions successives du roman, tandis que la seconde souligne les caractéristiques des feuilletons très populaires au début de 20e siècle. Les années de publication sont indiquées et les tirages successifs sont chiffrés.

Notes (31 pages)

Les notes relèvent les variantes du récit d’une édition à l’autre, apportent des précisions historiques (faits, personnages, lieux), mentionnent des sources littéraires, précisent le sens de certains termes, etc.

La Table des matières est insérée à la fin du volume.

Commentaire

La plume de Maurice Leblanc est vive et captivante, mais plusieurs péripéties du polar sont invraisemblables. Par ailleurs, loin d’être un gentleman cambrioleur, le protagoniste est souvent égocentrique, arrogant, manipulateur, cruel ou sadique.

Les textes d’Adien Goetz sont instructifs et fort intéressants.

Références

Leblanc, Maurice. – 813. – Édition d’Adrien Goetz. – Paris : Éditions Gallimard, 2025. – 618 p. – (Folio classique, n° 7568). – ISBN 978-2-07-308381-4. – [Citation : p. 37-38]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : LEB Mau hu J ; Leblanc L445h.

Calvino, Italo. – Pourquoi lire des classiques. – Traduit de l’italien par Jean-Paul Maganaro et Christophe Mileschi. – Paris : Gallimard, 2023 © 2018 [2002]. – 416 p. – (Folio, n° 6431). – ISBN 978-2-07-045115-9. – [Citation : p. 10]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 809 CAL (2018).

Glinoer, Anthony. – Les classiques littéraires. Introduction à une sociologie. – Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal (PUM) : 2025. – 150 p. – (Espace littéraire). – ISBN 978-2-7606-5259-0. – BAnQ : 801.3 G561c 2025.

Image

Arsène Lupin - 813 - affiche de Poulbot (Commons Wikimedia)

Sur la Toile

« Arsène Lupin a les qualités du héros de roman populaire… sans être monolithique » (Jacques Derouard, spécialiste de Maurice Leblanc, Le Monde, 8 avril 2021)

Maurice Leblanc (Bibliothèque numérique, TV5 Monde)

Maurice Leblanc (Balladodiffusions, Radio-France)

Articles connexes

Romans policiers

14 mars 2026

Le micro-âge / Liu Cixin


Au point de départ, insérons le récit de science-fiction Le micro-âge dans la trame cosmique.

L’Univers est âgé de 13,8 milliards d’années. Le Système solaire s’est formé il y a environ 4,5 milliards d’années. La vie sur la Terre est apparue il y a quelque 4,3 milliards d’années. L’humain actuel résulte d'une longue évolution qui s’étend sur plusieurs millions d’années. Les premières civilisations ont émergé en Mésopotamie, en Égypte, dans la vallée de l’Indus et en Chine il y a quelques milliers d’années.



Le Précurseur savait maintenant qu’il était le dernier être humain dans l’Univers.

L’élément perturbateur à l’origine de l’histoire est la prévision d’un bref flash d’énergie qui conduirait à la perte d’environ 5 % de la masse solaire. Les astrophysiciens avaient calculé que cet événement se produirait 18 millénaires plus tard.

Deux siècles après cette prévision, l’humanité envoie une mission spatiale chargée de trouver une autre planète habitable propice à la civilisation. Les sept membres de l’équipage du vaisseau interstellaire sont appelés Précurseurs. Au retour de l’expédition, après un voyage de 23 ans dans l’espace, sans réponse à ses messages envoyés à la Terre, un seul Précurseur avait survécu. En temps terrestre, cela correspondait à 25 000 ans.

La Terre était noir et blanc.

Telle lui apparut la Terre au moment de son positionnement orbital. Soudain, le Précurseur reçoit un signal vidéo. À partir de là, lorsqu’il aperçoit l’image d’une ville, l’histoire change de trajectoire…

La nouvelle de science-fiction, publiée au début du 21e siècle, compte six parties. Les paragraphes précédents portent sur la première partie et l’amorce de la deuxième partie.

Liu Cixin, une fois de plus, nous présente une histoire enlevante, riche d’imprévus et d’informations scientifiques.

Références

Livre

Liu Cixin. – « Le micro-âge », dans L’Équateur d’Einstein. – Nouvelles complètes 1. – Édition préparée sous la direction de Gwennaël Gaffric. – Paris : Actes Sud, 2025 © 2022. – 649 p. – (Collection Babel, n° 2015). – ISBN 978-2-330-18850-4. – Pages 251-294; première publication originale en chinois : 2001. – [Citation : p. 253]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : LIU Cix no v.1 ; Liu L7832e.

Auteur

Liu Cixin (Wikipédia)

Image

Sun Emits a Solstice CME (NASA)

Articles connexes

Avec ses yeux / Liu Cixin
L’Instituteur du village / Liu Cixin

07 mars 2026

Quatuor / Anna Enquist


J’ai choisi ce livre sur une étagère de romans policiers.
Pourquoi ?
Le titre.
L’image de la page de couverture.
Le résumé de la quatrième page de couverture.



Le programme télévisé habituel s’est interrompu pour cette émission spéciale, illustrée par les reporters de correspondants chevronnés.

Le roman compte 49 chapitres.

Pendant sa lecture, en particulier aux chapitres 7, 10, 21, 27, 31, 36 et 37, le lecteur peut anticiper une intrigue policière. Mais celle-ci se déroule seulement au cours des dix derniers chapitres.

Alors, force est de constater que ce roman a un caractère plus sociologique que policier. Sa lecture est agréable, mais le lecteur attend longtemps avant « qu’il se passe quelque chose ».

Ces thèmes récurrents constituent l’essentiel du récit : l’accident mortel de deux enfants et le deuil de leurs parents, le désintérêt général de la société envers la musique classique, l’abandon de l’État-providence à la faveur de l’idéologie néolibérale (en particulier dans les domaines de la santé, de la culture et des œuvres sociales), les politiciens, le sort des aînés.

Les dialogues et les introspections sur ces sujets sont innombrables. À titre d’exemple : La musique a perdu son importance, on ne l’enseigne plus et il y a longtemps que l’apprentissage d’un instrument ne fait plus partie des l’éducation des enfants. Les écoles de musique ont été fermées, les orchestres dissous, les formations professionnelles se meurent. Et tout le monde s’en moque.

Des pièces musicales jouées par le quatuor au cours des péripéties : Le Quatuor des dissonances de Mozart, L’Art de la fugue de Bach, Le Quatuor à cordes n° 12 en fa majeur de Dvořák, Le Quatuor en sol mineur de Mozart, La Jeune Fille et la Mort de Schubert, Le Quatuor en ré mineur de Mozart.

Deux personnages sont présents du premier au dernier chapitre : Reinier Van Aalst, ancien professeur de musique et violoniste virtuose à la retraite, aidé par le jeune Djamil, joueur de soccer captivé par la musique classique. Les deux donnent sens au récit, comme en témoignent le chapitre initial et les dernières phrases du récit.

Référence

Enquist, Anna. – Quatuor. – Traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif. – Paris : Actes Sud, 2018. – 303 p. – (Collection Babel, n° 1508). – ISBN 978-2-330-08720-3. – [Citation : p. 240, 21, 7, 303]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : ENQ Ann qu ; Enquist E594q.

Image

Canaux d’Amsterdam © 2010, Marianne Quenneville-Dumont, Le monde en images, CCDMD.

Cette scène urbaine, prise sous un angle différent, est reproduite sur la page de couverture du livre Quatuor.

01 mars 2026

L’intelligence artificielle


Encadré par une introduction générale et l’index, le livre des auteurs Stephanie Diamond, Luca Massaron et John Paul Mueller, dans la collection Pour les nuls des Éditions First, compte vingt chapitres ainsi regroupés :

Partie 1 – Introduction à l’IA
Partie 2 – L’IA, comment ça marche ?
Partie 3 – Prendre la mesure de nos interactions quotidiennes avec l’IA
Partie 4 – Utiliser l’IA dans des applications industrielles et matérielles
Partie 5 – Se pencher sur l’avenir de l’IA
Partie 6 – Les dix commandements

Dans l’introduction générale, les auteurs rappellent l’omniprésence de l’IA dans les médias et plusieurs de nos activités quotidiennes. Ils soulignent aussi l’originalité de leur ouvrage : « Contrairement à bien d’autres ouvrages sur ce sujet, celui-ci vous révèle aussi la vérité sur les limites que rencontrent les applications de l’IA. » Un survol du contenu et des modes de consultation du livre sont ensuite présentés.

Objectifs – Des objectifs généraux sont énoncés au début de chaque partie, tandis que des objectifs spécifiques sont affichés dans un encadré au début de chaque chapitre. Ces objectifs débutent par un verbe d’action, par exemple : découvrir, comprendre, utiliser, définir, cerner, considérer, obtenir, rechercher, etc.

Aperçu – Passons en revue les sujets abordés dans les différents chapitres tout s’attardant à quelques exposés particuliers.

Partie I – Introduction à l’IA

Généralités – Les quatre chapitres de cette partie portent respectivement sur ces notions de base : l’intelligence, les données, les algorithmes et le matériel. Les éléments constitutifs de ces notions sont repris et développés dans les parties ultérieures.

Le Chapitre 1 aborde ces points : la définition, l’histoire, les applications et la surestimation des possibilités de l’IA.
Les auteurs soulignent qu’il existe plusieurs définitions de l’intelligence. Ils notent que la notion d’intelligence recouvre notamment les activités mentales suivantes : apprentissage, raisonnement, compréhension, perception de la vérité, vision des liens, prise en compte du sens, distinction entre les faits et les opinions. Ils définissent chacune de ces activités, en apportant cette précision : « l’intelligence suit souvent un processus qu’un système informatique peut imiter dans le cadre d’une simulation. »

La présentation du tableau Les différents types d’intelligence humaine et leur simulation par l’IA, inspiré du psychologue Howard Gardner (Harvard), est particulièrement captivante. Chacun des huit types d’intelligence humaine est comparé au potentiel de simulation par l’IA :

– créative : aucun potentiel
– intrapersonnelle : aucun potentiel
– naturaliste : aucun potentiel
– linguistique : potentiel faible
– interpersonnelle : potentiel faible à modéré
– visuelle-spatiale : potentiel modéré
– corporelle-kinesthésique : potentiel modéré à élevé
– logique-mathématique : potentiel élevé.

Les correspondances entre les types d’intelligence humaine et leur potentiel de simulation par l’IA font aussi l’objet de descriptions comparatives détaillées. Par la suite, les auteurs formulent ce constat : « […] la première idée qu’il est important de comprendre est que l’IA n’a pas grand-chose à voir avec l’intelligence humaine. »

Le Chapitre 2 porte sur les données : l’omniprésence des données, l’impact des grandes données, les sources des données structurées et non structurées, l’adaptation des données à des besoins spécifiques, la détection des cinq types de données incorrectes, les limites de l’acquisition des données et les problèmes de sécurité des données (dont celui des ordinateurs zombies).

Les auteurs identifient, décrivent et évaluent les cinq types de données incorrectes : les données mensongères, les omissions volontaires, les erreurs de perspective, les biais et le cadre de référence.

Le Chapitre 3 étudie la relation entre les données et les algorithmes en vue d’accomplir une tâche utile, ainsi que le rôle des systèmes experts, de l’apprentissage automatique, de l’apprentissage profond et d’applications de jeux compétitifs. Des phases marquantes de l’IA sont présentées dans ce chapitre.

Un algorithme classique est une procédure constituée d’une série d’étapes servant à trouver une solution à un problème dans un temps fini. Les structures de données utilisées par l’algorithme sont principalement l’arborescence et le graphe.

Les auteurs présentent plusieurs exemples d’algorithmes, dont ceux-ci : l’approximation du minimax appliquée au jeu de morpion [tic-tac-toc], le système expert MYCIN (diagnostiquer des maladies), l’apprentissage automatique d’AlphaGo (jeu de go).

Le Chapitre 4 présente l’évolution du matériel spécialisé dont dépend l’IA : le matériel standard (la structure de l’ordinateur personnel promu par John von Neumann en 1946) et ses défauts, l’ajout du processeur graphique (GPU); le processeur d’apprentissage profond (DLP); les technologies de pointe (informatique neuromorphique, processus quantiques); l’intégration de capteurs avancés.

Encadré : « Toute avancée se fonde sur quelque chose qui l’a précédée. Il est donc important d’étudier l’histoire des découvertes, car cela permet de cerner le chemin suivi et de mettre en lumière d’autres chemins prometteurs : ceux qui n’ont pas encore été suivis. »

Partie 2 – L’IA, comment ça marche ?

Le Chapitre 5 explique l’analyse des données et son importance, puis l’apprentissage automatique (définition, fonctionnement, usages, limites) et les trois grandes catégories d’apprentissage automatique (apprentissage supervisé, non supervisé, par renforcement).

« Dans l’apprentissage automatique, l’apprentissage est purement mathématique et il se termine par l’association de certains intrants à certains extrants. »

Le Chapitre 6 étudie le fonctionnement d’algorithmes d’apprentissage automatique que l’IA peut utiliser pour apprendre à partir de données, en vue de prendre des décisions et d’élaborer des prédictions. Plusieurs formules mathématiques sont démontrées, dont celles de Thomas Bayes (probabilité) et de Claude Shannon (entropie).

Les cinq principales familles algorithmiques sont décrites : les systèmes symbolistes, connexionistes, évolutionnaires, bayésiens et analogiques.

Le Chapitre 7 porte sur l’apprentissage profond, un type d’apprentissage automatique qui utilise des réseaux neuronaux complexes. Ceux-ci sont le principal algorithme de la tribu des connexionistes. Les points abordés : l’historique des réseaux de neurones, les résultats des réseaux neuronaux convolutifs et les défis de l’image.

Encadré : « Ce qui est essentiel de retenir, c’est qu’en fait, l’apprentissage profond ne consiste pas à comprendre quoi que ce soit. Il consiste à utiliser un nombre considérable d’exemples pour en tirer des correspondances à partir de statistiques et de règles mathématiques. »

Partie 3 – Prendre la mesure de nos interactions quotidiennes avec l’IA

Le Chapitre 8 présente un aperçu de l’IA générative [IAGen] issue des modèles d’apprentissage profond. Les différentes composantes de cette technologie révolutionnaire sont expliquées, dont le réseau neuronal récurrent, la conversion en jetons, le plongement lexical, les modèles d’autoattention, le test de Turing, les grands modèles de langue, les agents conversationnels, les réseaux antagonistes génératifs. La création de textes et d’images, ainsi que les implications sociétales de l’IAGen sont aussi abordées. Un chapitre long et majeur.

Le Chapitre 9 détaille des utilisations courantes dans les applications informatiques reliées aux corrections et suggestions. Une troisième section porte sur les erreurs potentielles de l’IA. Les avantages de l’IA sont soulignés, de même que certaines utilisations frauduleuses, comme le piratage et le vol d’identité.

Le Chapitre 10 porte sur l’automatisation des processus courants pour assurer plus de sécurité dans le domaine des industries, compte tenu des problèmes d’ennui éprouvés par les humains effectuant un travail répétitif. Les dix niveaux d’automatisation sont détaillés.

Le Chapitre 11 traite des nouveaux modes de communication susceptibles de favoriser l’échange des idées : émoticônes et émojis, traductions linguistiques, réseaux sociaux, etc.

Partie 4 – Utiliser l’IA dans des applications industrielles et matérielles

Les utilisations de l’IA dans les domaines de la santé, des robots, des drones et des véhicules autonomes sont présentées dans cette partie, avec de nombreux exemples.

Le Chapitre 12 explique comment l’IA peut répondre à de nombreux besoins médicaux. Quelques-uns des moyens exemplifiés : les moniteurs mobiles de surveillance, la thérapie par les jeux, le port d’un exosquelette, les prothèses, les nouvelles méthodes d’analyse et de diagnostic, la robotique (téléprésence, procédures chirurgicales), l’automatisation (gestion des données, tester des médicaments). Les implications de l’utilisation de l’IA par les professionnels de la santé sont aussi abordées, notamment au niveau de la formation et de l’adaptation aux changements dans l’exercice de leur métier.

Le Chapitre 13 rappelle les robots évoqués dans des récits de fiction par Karel Čapek et Isaac Asimov, décrit les capacités des trois types de robots (bras mécanique, manipulateur, humanoïde) et spécifie les composantes d’un robot.

Le Chapitre 14 traite des drones destinés au grand public ou utilisés à des fins militaires, commerciales et industrielles. Les avancées actuelles et les perspectives d’innovations sont illustrées par de multiples exemples, notamment dans le domaine militaire. Les problèmes de confidentialité et de protection des données sont aussi soulevés.

« Les armes autonomes pourraient bien être l’enjeu d’une nouvelle course aux armements qui changerait à jamais la conduite des guerres. »

Le Chapitre 15 brosse un panorama de la conduite automobile par une IA : l’historique, les six niveaux d’autonomie, les impacts sur la vie quotidienne, les attentes irréalistes, les aspects techniques, dont les capteurs.

Partie 5 – Se pencher sur l’avenir de l’IA

Le Chapitre 16 porte sur le développement d’applications qui ne mènent nulle part : « Les sections qui suivent décrivent des solutions dans lesquelles l’IA ne peut pas fonctionner pour la simple raison qu’il s’agit d’une technologie, et non d’une personne. » Le chapitre aborde aussi les hivers de l’IA en 1974-1980 et 1987-1993 : causes, conséquences et opportunités.

Le Chapitre 17 escompte un avenir radieux pour l’humanité, avec moult hypothèses futuristes, selon une approche optimiste et jovialiste.

Le Chapitre 18 décrit l’exploration et l’exploitation de l’espace, de nos jours comme dans le futur. Par exemple, l’extraction des minéraux est développée.

Partie 6 – Les dix commandements

Le Chapitre 19 postule le crédo des auteurs : «Une technologie n’est utile que dans la mesure où elle apporte une contribution substantielle à la société. Cependant, cette contribution doit être accompagnée d’une forte incitation financière, sinon les investisseurs s’en détourneront. »

Quelques exemples cités dans le domaine médical, les technologies industrielles et l’espace.

Le Chapitre 20 cite dix exemples d’échecs de l’IA.

Quelques brèves citations sur la nature de l’IA : « La faculté de compréhension est innée chez les humains, mais les IA en sont totalement dépourvues. […] Malgré l’apparence éventuelle du contraire, une IA travaille uniquement avec des nombres. […] Une IA peut analyser des données, mais elle ne peut pas produire un jugement moral ou éthique. »

Compléments

Ce livre de vulgarisation scientifique ne contient pas de bibliographie. Par contre, tout au long de l’ouvrage, des adresses Internet sont référencées en lien avec des notions exposées. De plus, certains passages nécessitent une maîtrise approfondie des mathématiques. La table des matières détaillée, insérée en début d’ouvrage, et l’index s’avèrent des outils de repérage utiles pour trouver / retrouver des informations spécifiques.

Appréciation

Un livre fort intéressant, notamment pour les informations contenues dans les deux premières parties.

Référence

Diamond, Stephanie; Massaron, Luca, Mueller, John Paul. – L’intelligence artificielle. – 3e édition. – Traduction de l’anglais par Marc Rozenbaum. – Paris : Éditions First, 2025. – xiv-405 p. – (Collection Pour les nuls). – ISBN 978-2-4120-9744-1. – [Citations : p. 2, 9, 12, 75, 98, 143, 292, 326, 377, 386, 387, 388]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 006.3 DIA ; 006.3 D5378i 2025.

Note

Exemple cité – La date de l’automatisation ancestrale, soit une organisation de travail à la chaîne, est 1574 et non 1104 (page 217). – (Arsenal de Venise)

Image

Internal view of UNIVAC I (Alejandro Quintanar, 2016 07 16, Wikimedia Commons, CC-BY-SA-4.0)

« L’UNIVAC I (UNIVersal Automatic Computer I) est le premier ordinateur commercial réalisé aux États-Unis. Il a été créé par J. Presper Eckert et John Mauchly, déjà à l'origine de l’ENIAC et du BINAC. Avant que d’autres machines ne sortent dans la même série, l’UNIVAC I était tout simplement appelé UNIVAC. Le premier ordinateur est livré à l’United States Census Bureau le 30 mars 1951 et mis en service le 14 juin. » (Wikipédia)

Synthèse graphique


Taxonomie de l’intelligence artificielle (Bureau d’appui et d’innovation pédagogique – Polytechnique Montréal / Bibliothèque de Polytechnique Montréal, sous licence CC BY 4.0)

Articles connexes

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Tout comprendre (ou presque) sur l’intelligence artificielle
Contre-atlas de l’intelligence artificielle
Une contre-histoire d’Internet

22 février 2026

Proies / Andrée A. Michaud

Les abords de la Brûlée, du plus loin qu’on se souvienne, constituaient une retraite idéale pour qui voulait s’éloigner de son quotidien et goûter la fraîcheur que permettent les rivières.

Dès la première séquence du chapitre initial, le narrateur omniscient révèle les fondements de l’histoire. Ce prologue concerne les premières journées du drame, qui se déroule dans une ambiance de plus en plus oppressante, à la manière d’Edgar Allan Poe. Par la suite, de nouveaux rebondissements surviennent et l’histoire se complexifie, devenant encore plus captivante.

Aperçu

Le polar compte sept parties subdivisées en séquences et segments. Voici un aperçu des quatre premiers jours du récit.

I – La Brûlée

Mardi 18 août – Trois ados vont camper en forêt, sur le plateau surmontant la Brûlée : Abe, Jude et Alex. Au cours de leurs conversations, il se racontent des épouvantes, des cauchemars. Puis, soupçonnant la présence d’un voyeur, une atmosphère appesantie leur cause une nuit d’insomnie et de peur. Les jours suivants, pendant qu’ils circulent en forêt, d’autres indices renouvellent leur crainte. Le vendredi matin 21 août, en soulevant l’ouverture de sa tente, Alex voit la silhouette d’un homme masqué, en tenue de camouflage, armé d’une carabine.

II – La foire

Vendredi 21 août – Un double récit : les préparatifs et le déroulement de la foire agricole annuelle au village Rivière-Brûlée, d’une part, la traque des jeunes par le chasseur, d’autre part. Par temps orageux, l’inquiétude des parents des ados au cours de la fête, d’un côté, l’angoisse des campeurs apeurés, de l’autre côté. Les segments sont entrecroisés et l’intensité du récit s’amplifie d’un épisode à l’autre. La tension devient de plus en plus extrême. Elle provoque même des délires chez les ados et le chasseur.

III – La rivière au nom d’animal

Vendredi soir 21 août – Avec effroi, le chasseur constate la mort d’Abe qu’il avait blessée et ligotée quelques heures auparavant. Désemparé, pour se sortir du pétrin, il va quérir au village l’aide de son grand ami. L’histoire prend dès lors un nouveau tournant…

Appréciation

Un roman psychologique et policier d’une très grande intensité. Le style d’écriture est remarquable, en particulier pour certaines phrases très longues, les dialogues indirects et la segmentation de l’histoire en de courts épisodes. Les nombreux commentaires du narrateur, tant sur les personnages que sur les événements, amplifient l’atmosphère singulière du récit.

Référence

Michaud, Andrée A. – Proies. – Montréal : Québec Amérique, 2025 © 2022. – 374 p. – (Collection qa). – ISBN 978-2-7644-5520-3. – [Citation : p. 12]. – Prix Moussa Konaté du polar francophone et Prix Rivages des libraires.

Image

Paysage laurentien © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

14 février 2026

Fougères et plantes alliées


Un album affichant plus de 100 photos prises au Jardin botanique de Montréal, complété par un répertoire de ressources documentaires.

Ce livre numérique gratuit peut être téléchargé depuis ces plateformes :

Apple, Barnes & Noble, Fable, Fnac, Hugendubel, Indigo, Kobo, Smashwords, Thalia, Vivlio.

Présentation

Les photos affichées dans l’album Fougères et plantes alliées ont été prises au Jardin botanique de Montréal, dans la Serre des fougères, le Jardin du sous-bois et le Jardin des Premières-Nations. Elles donnent un aperçu de la diversité et de la richesse des collections végétales du Jardin botanique de Montréal.

Les espèces sélectionnées sont des Ptéridophytes : fougères et plantes alliées (lycopodes, prêles, sélaginelles). Ces plantes vasculaires ont la particularité de se reproduire par des spores.

Chaque espèce photographiée est ainsi identifiée : nom vernaculaire en français, nom vernaculaire en anglais, nom scientifique en latin (genre et épithète spécifique et, s’il y lieu, sous-espèce ou variété), nom scientifique de la famille botanique en latin. Les noms scientifiques sont écrits en italiques.

Les données sur les espèces proviennent des étiquettes du Jardin botanique de Montréal, sauf certains noms vernaculaires anglais. Des synonymes sont insérés entre crochets. Les noms scientifiques des familles sont uniformisés d’après la base de données Plants of the World Online.

Les espèces sélectionnées sont originaires de tous les continents, sauf de l’Antarctique. Les espèces indigènes au Québec sont spécifiées d’après la Base de données des plantes vasculaires du Canada.

L’album photos est complété par des références (bases de données, sites et livres botaniques), un index des familles botaniques et un index des noms latins. Les numéros indiqués dans les index correspondent à la numérotation des espèces affichées.

Ce livre peut être reproduit d’une façon identique à des fins éducatives non commerciales.

Image

Phégoptère du hêtre (Phegopteris connectilis, Aspleniaceae) © Claude Trudel

Article connexe

Albums botaniques

08 février 2026

L’île des âmes / Piergiorgio Pulixi


Une enquête d’Eva et Mara

«En Sardaigne, le silence est presque une religion. L’île est composée de distances infinies et de silences ancestraux qui ont quelque chose de sacré. […] Partout règne un silence pénétrant. L’homme ne cherche pas à dominer la nature, car il la craint. C’est une peur inscrite dans son sang, fille d’époques révolues.»

Prologue

«Des cinq policiers affectés à l’enquête sur le meurtre de Dolores Murgia, je suis la seule encore en vie. […] Il est de ma responsabilité de finir le travail, même si tout le monde semble avoir oublié Dolores et les autres filles.»

Le récit compte 130 chapitres regroupés sous trois parties : Le jour des Morts (1-55), Le vent et le destin (56-111), Terre mauvaise (112-130).

I – Le jour des Morts

Le chapitre initial est saisissant. Il se situe en Sardaigne, dans les montagnes de la Barbagia, plus précisément dans la vallée d’Aratu. L’épisode se déroule un soir de novembre, en 1961. Attiré par l’odeur de sang humain, un jeune chien quitte promptement son maître, un enfant qu’il vient de réveiller par son grognement. Le chien, puis l’enfant qui l’a rejoint découvrent le cadavre d’une femme dans une antique construction en pierres. Tout à coup, un géant masqué surgit des entrailles du temple. Il met le feu au cadavre, les flammes se répandant ensuite au maquis. L’enfant, accompagné de son chien, retourne dans son lit. Il continuera d’être tourmenté par la femme au masque bovin pour le restant de ses jours.

Le style d’écriture, la richesse du vocabulaire, les portraits notables des personnages et les descriptions minutieuses des lieux rendent bien compte de l’atmosphère lugubre et mystérieuse du récit. À titre d’exemple, citons les expressions relatives au géant : silhouette gigantesque, antique divinité forestière, dieu-animal, être à l’aspect humain, quoique cyclopéen, géant, ogre, démon.

Aux chapitres 2 à 5, des policiers entrent en scène.
Sardaigne méridionale, octobre 2016.
Questure [préfecture de police] de Cagliari, bureau de la section Homicides et violences aux personnes, nouvelle et expérimentale Unité des crimes non élucidés.
Moreno Barrali, inspecteur en chef de la police d’État.
Mara Rais, inspectrice en chef.
Giacomo Farci, commissaire en chef.
Eva Croce, enquêtrice spécialisée dans les sectes et meurtres rituels (de Milan, mutée en Sardaigne).
Les situations personnelles de ces personnages et leurs relations interpersonnelles sont présentées dans des contextes conflictuels.

Après avoir lu ces chapitres, le lecteur peut observer de nouveau la couverture du livre et comprendre l’à-propos d’un personnage masqué à tête de bœuf étendu par terre et des flamants roses au milieu d’un plan d’eau.

Les protagonistes, les lieux et l’ambiance sont révélés. Le récit se poursuit et les événements s’entrecroisent tout au long de cette première partie. La plupart des chapitres portent sur les introspections des personnages et, sous forme de dialogues, sur des informations relatives à l’époque nuragique. Seuls quelques chapitres concernent directement des meurtres, dont le dernier intitulé Sanctuaire nuragique de Santa Vittoria, Serri. Sans surprise, en lien avec le prologue : la découverte du cadavre de Dolores Murgia.

II – Le vent et le destin

Là, l’enquête policière surgit et les investigations sont menées à fond de train. Alors que la partie précédente avait un caractère sentimental et didactique, la deuxième partie du roman est assurément d’une vive intensité poignante. Les épisodes dramatiques et les bouleversements stupéfiants se multiplient, notamment des suicides suspects. Au cours du récit, la révélation d’un lien avec le meurtre rituel relaté au chapitre 1.

III – Terre mauvaise

Le dénouement de l’enquête policière est surprenant. Celui du récit en abyme, relaté tout au long du roman, en de nombreux chapitres, au cœur de la Barbagia supérieure, est confondant.

A una bida nche l’ant ispèrdida in sa nurra de su notte. Custa morte est creschende li lugore a sa luna. Abba non naschet si sàmbene non paschet. *

Épilogue

Les ultimes réflexions et décisions d’Eva Croce, en échos aux propos du prologue. La dernière conversation téléphonique avec sa collègue Mara Rais, préfigurant des retrouvailles.

Appréciation

Outre ses qualités littéraires, déjà soulignées, ce roman suscite la découverte de la Sardaigne, de ses villes, villages et paysages, mais aussi de la préhistoire et de l’histoire des Sardes.

Référence

Pulixi, Piergiorgio. – L’île des âmes. – Traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux. – Paris : Éditions Gallmeister, 2022. – 557 p. – (Collection Totem, n° 214). – ISBN 978-2-35178-842-4. – [Citations : p. 23; 11, 12; 20 et 551]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : PUL Pie il ; Pulixi P981i.

* Note

Cette prière est citée deux fois dans le roman :

Sous un lourd masque de bois, la voix caverneuse du géant récita une sorte de prière adressée aux astres : [texte de la prière, p. 20]. La traduction de la troisième phrase est ainsi formulée, p. 22 : «L’eau pour naître doit de sang se repaître…»

2° [texte de la prière récitée par Bastianu Ladu, p. 551], récita-t-il en levant les yeux vers le ciel noir de nuages.]

Traduction et interprétation par intelligence artificielle

Ce texte est rédigé en sarde, une langue romane parlée en Sardaigne. Il s’agit d’un extrait poétique ou lyrique au ton sombre et philosophique.

Voici une traduction et une explication de sa signification :

Traduction en français

«Une vie, ils l’ont perdue dans la noirceur de la nuit.
Cette mort fait grandir la lumière sur la lune.
L’eau ne naît pas si le sang ne nourrit pas.»

Signification et interprétation

Le texte utilise des métaphores fortes et contrastées (vie/mort, lumière/nuit, eau/sang) pour explorer des thèmes universels de sacrifice et de renaissance :

La perte tragique : La première phrase établit un événement tragique, la perte d’une vie dans l’obscurité.

La transformation de la mort : La deuxième phrase introduit un paradoxe : la mort n’est pas une fin absolue, mais une source d’énergie ou de lumière (elle «fait grandir la lumière sur la lune»).

Le cycle de la vie et du sacrifice : La dernière phrase conclut par une affirmation existentielle profonde : la pureté de la vie (l’eau) ne peut émerger sans la violence ou le sacrifice (le sang versé).

Le message général suggère qu’il y a un prix à payer pour l’existence, la croissance ou la rédemption, et que la tragédie et le sacrifice sont des éléments nécessaires du cycle de la vie.

Image

Rupestre M. Ortobene (Max.oppo, Commons Wikimedia, CC BY-SA 3.0) – Nuoro (Wikipedia, Wikipédia)

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