29 mars 2026

Vers la paix perpétuelle


Les Éditions Hatier ont réédité l’opuscule Vers la paix perpétuelle d’Emmanuel Kant (1724-1804). Le livre compte deux parties. La première contient le texte intégral publié en 1795. La seconde présente un dossier complémentaire exhaustif.

Texte (73 pages)

Après la justification du titre de son ouvrage, Kant intitule ainsi la première section de son écrit : Les articles préliminaires en vue de la paix perpétuelle entre les États. Ensuite, la seconde section est intitulée Les articles définitifs de la paix perpétuelle entre les États. Deux suppléments et deux appendices complètent les propos de l’auteur.

Les sections, suppléments et appendices sont suivis des Notes de Kant, alors que les notes infrapaginales du volume sont celles des traducteurs et du philosophe français Michaël Fœssel.

Les lignes du texte d'Emmanuel Kant sont numérotées, de 1 à 1957.

Dossier (78 pages)

Le Dossier comprend plusieurs chapitres rédigés par Michaël Fœssel, sauf le chapitre L’auteur et le contexte rédigé par Ole Habsen-Løve :

L’architecture de l’œuvre

L’auteur et le contexte

— Repères biographiques
— Tableau chronologique

Thèmes et problématiques

— Avant-propos
— Le statut philosophique de la paix
— La paix et le droit
— Déclarer la paix
— La paix dans l’histoire
— Le droit et la politique
— Conclusion

Outils complémentaires

— Glossaire
— Bibliographie.

Aujourd’hui

Vers la paix perpétuelle : une œuvre philosophique d’actualité.

Dossier complémentaire : un guide pédagogique remarquable.

Référence

Kant, Emmanuel. – Vers la paix perpétuelle (Projet philosophique, 1795). – Texte intégral. – Traduction originale par Éric Blondel, Jean Greisch, Ole Habsen-Løve et Théo Leydenbach. – Analyse par Michaël Foessel. – Paris : Hatier, 2007. – 160 p. – (Collection Classiques & Cie Philosophie / Hatier poche, n° 409). – ISBN 978-2-218-92709-6. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 327.172 K [c2001] ; 172.42 K1677g 2007.

Image

Rosier floribunda (Rosa ‘Moondance’, Rosaceae), Jardin botanique de Montréal © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

Carte du monde en 1795

A Map of the World from the best Authorities (Mathew Carey, 1795) – (Library of Congress, Geography and Map Division) :

21 mars 2026

813, une aventure d’Arsène Lupin


Un classique ayant pour auteur Maurice Leblanc (1864-1941).

Pourquoi lire les classiques (Italo Calvino) : « Toute relecture d’un classique est une découverte, comme la première lecture. »

Aperçu

Attardons-nous au chapitre initial : Le massacre.

L’histoire se déroule au Palace-Hôtel de Paris. Une quinzaine de personnages entrent en scène, dont ceux-ci : le multimillionnaire Rudolf Kesselbach, son secrétaire Chapman et son domestique Edwards; le chef de la sûreté Lenormand et l’inspecteur de police Gourel; Arsène Lupin (bien sûr); Dolorès Amonti; le juge d’instruction Formerie et le médecin légiste; le directeur de l’hôtel et le domestique Gustave Beudot; les clients Reverdat, Giacomini et Parbury.

Le récit est presque tout en dialogue, d’où son dynamisme. Les personnages sont clairement définis et les décors sont esquissés. Les péripéties s’enchaînent rapidement. L’illustration du premier meurtre est saisissante. Cet assassinat et les suivants, suscitant moult interrogations, justifient le titre du chapitre.

Édition critique

La nouvelle édition d’Adrien Goetz est enrichie par une Préface et une Note sur l’édition, insérées avant le roman, et un Dossier ajouté après le récit.

Préface (29 pages)

Adrien Goetz situe l’oeuvre de Maurice Leblanc, dont ses publications dédiées à Arsène Lupin, dans le contexte littéraire et politique de son époque, soit de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle. Le style de l’auteur est notamment caractérisé.

Note sur l’édition (2 pages)

« 813 est paru d’abord en feuilleton dans Le Journal de mars à mai 1910; puis la même année, en un volume, aux Éditions Pierre Lafitte. Le texte que nous publions est celui de l’édition Pierre Lafitte parue en 1917. […] Nous reprenons quelques illustrations de l’édition de 1917, par Marcel Lecoultre, qui accompagnent certains passages marquant de l’intrigue. »

Dossier complémentaire :

Chronologie (24 pages)

La chronologie (1814-2023) contient les dates importantes de la vie de Maurice Leblanc, mais aussi celles d’Arsène Lupin.

Bibliographie (5 pages)

La bibliographie compte quatre sections : Éditions de 813, Éditions complètes des « Aventures d’Arsène Lupin », Ouvrages critiques, Articles critiques.

Notice (9 pages)

La notice compte deux sections : À héros multiforme, ouvrage multiforme; Le feuilleton, antichambre du roman. La première section porte sur les éditions successives du roman, tandis que la seconde souligne les caractéristiques des feuilletons très populaires au début de 20e siècle. Les années de publication sont indiquées et les tirages successifs sont chiffrés.

Notes (31 pages)

Les notes relèvent les variantes du récit d’une édition à l’autre, apportent des précisions historiques (faits, personnages, lieux), mentionnent des sources littéraires, précisent le sens de certains termes, etc.

La Table des matières est insérée à la fin du volume.

Commentaire

La plume de Maurice Leblanc est vive et captivante, mais plusieurs péripéties du polar sont invraisemblables. Par ailleurs, loin d’être un gentleman cambrioleur, le protagoniste est souvent égocentrique, arrogant, manipulateur, cruel ou sadique.

Les textes d’Adien Goetz sont instructifs et fort intéressants.

Références

Leblanc, Maurice. – 813. – Édition d’Adrien Goetz. – Paris : Éditions Gallimard, 2025. – 618 p. – (Folio classique, n° 7568). – ISBN 978-2-07-308381-4. – [Citation : p. 37-38]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : LEB Mau hu J ; Leblanc L445h.

Calvino, Italo. – Pourquoi lire des classiques. – Traduit de l’italien par Jean-Paul Maganaro et Christophe Mileschi. – Paris : Gallimard, 2023 © 2018 [2002]. – 416 p. – (Folio, n° 6431). – ISBN 978-2-07-045115-9. – [Citation : p. 10]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 809 CAL (2018).

Glinoer, Anthony. – Les classiques littéraires. Introduction à une sociologie. – Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal (PUM) : 2025. – 150 p. – (Espace littéraire). – ISBN 978-2-7606-5259-0. – BAnQ : 801.3 G561c 2025.

Image

Arsène Lupin - 813 - affiche de Poulbot (Commons Wikimedia)

Sur la Toile

« Arsène Lupin a les qualités du héros de roman populaire… sans être monolithique » (Jacques Derouard, spécialiste de Maurice Leblanc, Le Monde, 8 avril 2021)

Maurice Leblanc (Bibliothèque numérique, TV5 Monde)

Maurice Leblanc (Balladodiffusions, Radio-France)

Articles connexes

Romans policiers

14 mars 2026

Le micro-âge / Liu Cixin


Au point de départ, insérons le récit de science-fiction Le micro-âge dans la trame cosmique.

L’Univers est âgé de 13,8 milliards d’années. Le Système solaire s’est formé il y a environ 4,5 milliards d’années. La vie sur la Terre est apparue il y a quelque 4,3 milliards d’années. L’humain actuel résulte d'une longue évolution qui s’étend sur plusieurs millions d’années. Les premières civilisations ont émergé en Mésopotamie, en Égypte, dans la vallée de l’Indus et en Chine il y a quelques milliers d’années.



Le Précurseur savait maintenant qu’il était le dernier être humain dans l’Univers.

L’élément perturbateur à l’origine de l’histoire est la prévision d’un bref flash d’énergie qui conduirait à la perte d’environ 5 % de la masse solaire. Les astrophysiciens avaient calculé que cet événement se produirait 18 millénaires plus tard.

Deux siècles après cette prévision, l’humanité envoie une mission spatiale chargée de trouver une autre planète habitable propice à la civilisation. Les sept membres de l’équipage du vaisseau interstellaire sont appelés Précurseurs. Au retour de l’expédition, après un voyage de 23 ans dans l’espace, sans réponse à ses messages envoyés à la Terre, un seul Précurseur avait survécu. En temps terrestre, cela correspondait à 25 000 ans.

La Terre était noir et blanc.

Telle lui apparut la Terre au moment de son positionnement orbital. Soudain, le Précurseur reçoit un signal vidéo. À partir de là, lorsqu’il aperçoit l’image d’une ville, l’histoire change de trajectoire…

La nouvelle de science-fiction, publiée au début du 21e siècle, compte six parties. Les paragraphes précédents portent sur la première partie et l’amorce de la deuxième partie.

Liu Cixin, une fois de plus, nous présente une histoire enlevante, riche d’imprévus et d’informations scientifiques.

Références

Livre

Liu Cixin. – « Le micro-âge », dans L’Équateur d’Einstein. – Nouvelles complètes 1. – Édition préparée sous la direction de Gwennaël Gaffric. – Paris : Actes Sud, 2025 © 2022. – 649 p. – (Collection Babel, n° 2015). – ISBN 978-2-330-18850-4. – Pages 251-294; première publication originale en chinois : 2001. – [Citation : p. 253]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : LIU Cix no v.1 ; Liu L7832e.

Auteur

Liu Cixin (Wikipédia)

Image

Sun Emits a Solstice CME (NASA)

Articles connexes

Avec ses yeux / Liu Cixin
L’Instituteur du village / Liu Cixin

07 mars 2026

Quatuor / Anna Enquist


J’ai choisi ce livre sur une étagère de romans policiers.
Pourquoi ?
Le titre.
L’image de la page de couverture.
Le résumé de la quatrième page de couverture.



Le programme télévisé habituel s’est interrompu pour cette émission spéciale, illustrée par les reporters de correspondants chevronnés.

Le roman compte 49 chapitres.

Pendant sa lecture, en particulier aux chapitres 7, 10, 21, 27, 31, 36 et 37, le lecteur peut anticiper une intrigue policière. Mais celle-ci se déroule seulement au cours des dix derniers chapitres.

Alors, force est de constater que ce roman a un caractère plus sociologique que policier. Sa lecture est agréable, mais le lecteur attend longtemps avant « qu’il se passe quelque chose ».

Ces thèmes récurrents constituent l’essentiel du récit : l’accident mortel de deux enfants et le deuil de leurs parents, le désintérêt général de la société envers la musique classique, l’abandon de l’État-providence à la faveur de l’idéologie néolibérale (en particulier dans les domaines de la santé, de la culture et des œuvres sociales), les politiciens, le sort des aînés.

Les dialogues et les introspections sur ces sujets sont innombrables. À titre d’exemple : La musique a perdu son importance, on ne l’enseigne plus et il y a longtemps que l’apprentissage d’un instrument ne fait plus partie des l’éducation des enfants. Les écoles de musique ont été fermées, les orchestres dissous, les formations professionnelles se meurent. Et tout le monde s’en moque.

Des pièces musicales jouées par le quatuor au cours des péripéties : Le Quatuor des dissonances de Mozart, L’Art de la fugue de Bach, Le Quatuor à cordes n° 12 en fa majeur de Dvořák, Le Quatuor en sol mineur de Mozart, La Jeune Fille et la Mort de Schubert, Le Quatuor en ré mineur de Mozart.

Deux personnages sont présents du premier au dernier chapitre : Reinier Van Aalst, ancien professeur de musique et violoniste virtuose à la retraite, aidé par le jeune Djamil, joueur de soccer captivé par la musique classique. Les deux donnent sens au récit, comme en témoignent le chapitre initial et les dernières phrases du récit.

Référence

Enquist, Anna. – Quatuor. – Traduit du néerlandais par Emmanuelle Tardif. – Paris : Actes Sud, 2018. – 303 p. – (Collection Babel, n° 1508). – ISBN 978-2-330-08720-3. – [Citation : p. 240, 21, 7, 303]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : ENQ Ann qu ; Enquist E594q.

Image

Canaux d’Amsterdam © 2010, Marianne Quenneville-Dumont, Le monde en images, CCDMD.

Cette scène urbaine, prise sous un angle différent, est reproduite sur la page de couverture du livre Quatuor.

01 mars 2026

L’intelligence artificielle


Encadré par une introduction générale et l’index, le livre des auteurs Stephanie Diamond, Luca Massaron et John Paul Mueller, dans la collection Pour les nuls des Éditions First, compte vingt chapitres ainsi regroupés :

Partie 1 – Introduction à l’IA
Partie 2 – L’IA, comment ça marche ?
Partie 3 – Prendre la mesure de nos interactions quotidiennes avec l’IA
Partie 4 – Utiliser l’IA dans des applications industrielles et matérielles
Partie 5 – Se pencher sur l’avenir de l’IA
Partie 6 – Les dix commandements

Dans l’introduction générale, les auteurs rappellent l’omniprésence de l’IA dans les médias et plusieurs de nos activités quotidiennes. Ils soulignent aussi l’originalité de leur ouvrage : « Contrairement à bien d’autres ouvrages sur ce sujet, celui-ci vous révèle aussi la vérité sur les limites que rencontrent les applications de l’IA. » Un survol du contenu et des modes de consultation du livre sont ensuite présentés.

Objectifs – Des objectifs généraux sont énoncés au début de chaque partie, tandis que des objectifs spécifiques sont affichés dans un encadré au début de chaque chapitre. Ces objectifs débutent par un verbe d’action, par exemple : découvrir, comprendre, utiliser, définir, cerner, considérer, obtenir, rechercher, etc.

Aperçu – Passons en revue les sujets abordés dans les différents chapitres tout s’attardant à quelques exposés particuliers.

Partie I – Introduction à l’IA

Généralités – Les quatre chapitres de cette partie portent respectivement sur ces notions de base : l’intelligence, les données, les algorithmes et le matériel. Les éléments constitutifs de ces notions sont repris et développés dans les parties ultérieures.

Le Chapitre 1 aborde ces points : la définition, l’histoire, les applications et la surestimation des possibilités de l’IA.
Les auteurs soulignent qu’il existe plusieurs définitions de l’intelligence. Ils notent que la notion d’intelligence recouvre notamment les activités mentales suivantes : apprentissage, raisonnement, compréhension, perception de la vérité, vision des liens, prise en compte du sens, distinction entre les faits et les opinions. Ils définissent chacune de ces activités, en apportant cette précision : « l’intelligence suit souvent un processus qu’un système informatique peut imiter dans le cadre d’une simulation. »

La présentation du tableau Les différents types d’intelligence humaine et leur simulation par l’IA, inspiré du psychologue Howard Gardner (Harvard), est particulièrement captivante. Chacun des huit types d’intelligence humaine est comparé au potentiel de simulation par l’IA :

– créative : aucun potentiel
– intrapersonnelle : aucun potentiel
– naturaliste : aucun potentiel
– linguistique : potentiel faible
– interpersonnelle : potentiel faible à modéré
– visuelle-spatiale : potentiel modéré
– corporelle-kinesthésique : potentiel modéré à élevé
– logique-mathématique : potentiel élevé.

Les correspondances entre les types d’intelligence humaine et leur potentiel de simulation par l’IA font aussi l’objet de descriptions comparatives détaillées. Par la suite, les auteurs formulent ce constat : « […] la première idée qu’il est important de comprendre est que l’IA n’a pas grand-chose à voir avec l’intelligence humaine. »

Le Chapitre 2 porte sur les données : l’omniprésence des données, l’impact des grandes données, les sources des données structurées et non structurées, l’adaptation des données à des besoins spécifiques, la détection des cinq types de données incorrectes, les limites de l’acquisition des données et les problèmes de sécurité des données (dont celui des ordinateurs zombies).

Les auteurs identifient, décrivent et évaluent les cinq types de données incorrectes : les données mensongères, les omissions volontaires, les erreurs de perspective, les biais et le cadre de référence.

Le Chapitre 3 étudie la relation entre les données et les algorithmes en vue d’accomplir une tâche utile, ainsi que le rôle des systèmes experts, de l’apprentissage automatique, de l’apprentissage profond et d’applications de jeux compétitifs. Des phases marquantes de l’IA sont présentées dans ce chapitre.

Un algorithme classique est une procédure constituée d’une série d’étapes servant à trouver une solution à un problème dans un temps fini. Les structures de données utilisées par l’algorithme sont principalement l’arborescence et le graphe.

Les auteurs présentent plusieurs exemples d’algorithmes, dont ceux-ci : l’approximation du minimax appliquée au jeu de morpion [tic-tac-toc], le système expert MYCIN (diagnostiquer des maladies), l’apprentissage automatique d’AlphaGo (jeu de go).

Le Chapitre 4 présente l’évolution du matériel spécialisé dont dépend l’IA : le matériel standard (la structure de l’ordinateur personnel promu par John von Neumann en 1946) et ses défauts, l’ajout du processeur graphique (GPU); le processeur d’apprentissage profond (DLP); les technologies de pointe (informatique neuromorphique, processus quantiques); l’intégration de capteurs avancés.

Encadré : « Toute avancée se fonde sur quelque chose qui l’a précédée. Il est donc important d’étudier l’histoire des découvertes, car cela permet de cerner le chemin suivi et de mettre en lumière d’autres chemins prometteurs : ceux qui n’ont pas encore été suivis. »

Partie 2 – L’IA, comment ça marche ?

Le Chapitre 5 explique l’analyse des données et son importance, puis l’apprentissage automatique (définition, fonctionnement, usages, limites) et les trois grandes catégories d’apprentissage automatique (apprentissage supervisé, non supervisé, par renforcement).

« Dans l’apprentissage automatique, l’apprentissage est purement mathématique et il se termine par l’association de certains intrants à certains extrants. »

Le Chapitre 6 étudie le fonctionnement d’algorithmes d’apprentissage automatique que l’IA peut utiliser pour apprendre à partir de données, en vue de prendre des décisions et d’élaborer des prédictions. Plusieurs formules mathématiques sont démontrées, dont celles de Thomas Bayes (probabilité) et de Claude Shannon (entropie).

Les cinq principales familles algorithmiques sont décrites : les systèmes symbolistes, connexionistes, évolutionnaires, bayésiens et analogiques.

Le Chapitre 7 porte sur l’apprentissage profond, un type d’apprentissage automatique qui utilise des réseaux neuronaux complexes. Ceux-ci sont le principal algorithme de la tribu des connexionistes. Les points abordés : l’historique des réseaux de neurones, les résultats des réseaux neuronaux convolutifs et les défis de l’image.

Encadré : « Ce qui est essentiel de retenir, c’est qu’en fait, l’apprentissage profond ne consiste pas à comprendre quoi que ce soit. Il consiste à utiliser un nombre considérable d’exemples pour en tirer des correspondances à partir de statistiques et de règles mathématiques. »

Partie 3 – Prendre la mesure de nos interactions quotidiennes avec l’IA

Le Chapitre 8 présente un aperçu de l’IA générative [IAGen] issue des modèles d’apprentissage profond. Les différentes composantes de cette technologie révolutionnaire sont expliquées, dont le réseau neuronal récurrent, la conversion en jetons, le plongement lexical, les modèles d’autoattention, le test de Turing, les grands modèles de langue, les agents conversationnels, les réseaux antagonistes génératifs. La création de textes et d’images, ainsi que les implications sociétales de l’IAGen sont aussi abordées. Un chapitre long et majeur.

Le Chapitre 9 détaille des utilisations courantes dans les applications informatiques reliées aux corrections et suggestions. Une troisième section porte sur les erreurs potentielles de l’IA. Les avantages de l’IA sont soulignés, de même que certaines utilisations frauduleuses, comme le piratage et le vol d’identité.

Le Chapitre 10 porte sur l’automatisation des processus courants pour assurer plus de sécurité dans le domaine des industries, compte tenu des problèmes d’ennui éprouvés par les humains effectuant un travail répétitif. Les dix niveaux d’automatisation sont détaillés.

Le Chapitre 11 traite des nouveaux modes de communication susceptibles de favoriser l’échange des idées : émoticônes et émojis, traductions linguistiques, réseaux sociaux, etc.

Partie 4 – Utiliser l’IA dans des applications industrielles et matérielles

Les utilisations de l’IA dans les domaines de la santé, des robots, des drones et des véhicules autonomes sont présentées dans cette partie, avec de nombreux exemples.

Le Chapitre 12 explique comment l’IA peut répondre à de nombreux besoins médicaux. Quelques-uns des moyens exemplifiés : les moniteurs mobiles de surveillance, la thérapie par les jeux, le port d’un exosquelette, les prothèses, les nouvelles méthodes d’analyse et de diagnostic, la robotique (téléprésence, procédures chirurgicales), l’automatisation (gestion des données, tester des médicaments). Les implications de l’utilisation de l’IA par les professionnels de la santé sont aussi abordées, notamment au niveau de la formation et de l’adaptation aux changements dans l’exercice de leur métier.

Le Chapitre 13 rappelle les robots évoqués dans des récits de fiction par Karel Čapek et Isaac Asimov, décrit les capacités des trois types de robots (bras mécanique, manipulateur, humanoïde) et spécifie les composantes d’un robot.

Le Chapitre 14 traite des drones destinés au grand public ou utilisés à des fins militaires, commerciales et industrielles. Les avancées actuelles et les perspectives d’innovations sont illustrées par de multiples exemples, notamment dans le domaine militaire. Les problèmes de confidentialité et de protection des données sont aussi soulevés.

« Les armes autonomes pourraient bien être l’enjeu d’une nouvelle course aux armements qui changerait à jamais la conduite des guerres. »

Le Chapitre 15 brosse un panorama de la conduite automobile par une IA : l’historique, les six niveaux d’autonomie, les impacts sur la vie quotidienne, les attentes irréalistes, les aspects techniques, dont les capteurs.

Partie 5 – Se pencher sur l’avenir de l’IA

Le Chapitre 16 porte sur le développement d’applications qui ne mènent nulle part : « Les sections qui suivent décrivent des solutions dans lesquelles l’IA ne peut pas fonctionner pour la simple raison qu’il s’agit d’une technologie, et non d’une personne. » Le chapitre aborde aussi les hivers de l’IA en 1974-1980 et 1987-1993 : causes, conséquences et opportunités.

Le Chapitre 17 escompte un avenir radieux pour l’humanité, avec moult hypothèses futuristes, selon une approche optimiste et jovialiste.

Le Chapitre 18 décrit l’exploration et l’exploitation de l’espace, de nos jours comme dans le futur. Par exemple, l’extraction des minéraux est développée.

Partie 6 – Les dix commandements

Le Chapitre 19 postule le crédo des auteurs : «Une technologie n’est utile que dans la mesure où elle apporte une contribution substantielle à la société. Cependant, cette contribution doit être accompagnée d’une forte incitation financière, sinon les investisseurs s’en détourneront. »

Quelques exemples cités dans le domaine médical, les technologies industrielles et l’espace.

Le Chapitre 20 cite dix exemples d’échecs de l’IA.

Quelques brèves citations sur la nature de l’IA : « La faculté de compréhension est innée chez les humains, mais les IA en sont totalement dépourvues. […] Malgré l’apparence éventuelle du contraire, une IA travaille uniquement avec des nombres. […] Une IA peut analyser des données, mais elle ne peut pas produire un jugement moral ou éthique. »

Compléments

Ce livre de vulgarisation scientifique ne contient pas de bibliographie. Par contre, tout au long de l’ouvrage, des adresses Internet sont référencées en lien avec des notions exposées. De plus, certains passages nécessitent une maîtrise approfondie des mathématiques. La table des matières détaillée, insérée en début d’ouvrage, et l’index s’avèrent des outils de repérage utiles pour trouver / retrouver des informations spécifiques.

Appréciation

Un livre fort intéressant, notamment pour les informations contenues dans les deux premières parties.

Référence

Diamond, Stephanie; Massaron, Luca, Mueller, John Paul. – L’intelligence artificielle. – 3e édition. – Traduction de l’anglais par Marc Rozenbaum. – Paris : Éditions First, 2025. – xiv-405 p. – (Collection Pour les nuls). – ISBN 978-2-4120-9744-1. – [Citations : p. 2, 9, 12, 75, 98, 143, 292, 326, 377, 386, 387, 388]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 006.3 DIA ; 006.3 D5378i 2025.

Note

Exemple cité – La date de l’automatisation ancestrale, soit une organisation de travail à la chaîne, est 1574 et non 1104 (page 217). – (Arsenal de Venise)

Image

Internal view of UNIVAC I (Alejandro Quintanar, 2016 07 16, Wikimedia Commons, CC-BY-SA-4.0)

« L’UNIVAC I (UNIVersal Automatic Computer I) est le premier ordinateur commercial réalisé aux États-Unis. Il a été créé par J. Presper Eckert et John Mauchly, déjà à l'origine de l’ENIAC et du BINAC. Avant que d’autres machines ne sortent dans la même série, l’UNIVAC I était tout simplement appelé UNIVAC. Le premier ordinateur est livré à l’United States Census Bureau le 30 mars 1951 et mis en service le 14 juin. » (Wikipédia)

Synthèse graphique


Taxonomie de l’intelligence artificielle (Bureau d’appui et d’innovation pédagogique – Polytechnique Montréal / Bibliothèque de Polytechnique Montréal, sous licence CC BY 4.0)

Articles connexes

Ressources documentaires sur l’intelligence artificielle
Tout comprendre (ou presque) sur l’intelligence artificielle
Contre-atlas de l’intelligence artificielle
Une contre-histoire d’Internet