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01 juin 2023

Histoire du Coran

Les Éditions du Cerf viennent de publier l'Histoire du Coran: contexte, origine, rédaction, sous la direction des professeurs Mohammad Ali Amir-Moezzi (ÉPHE/PSL) et Guillaume Dye (ULB):

« Ce livre est une monumentale introduction sur le monde qui a vu naître le Coran. Elle vise à présenter tout ce qui se passe en Arabie et autour d’elle au moment de l’avènement de Muhammad et comprend trois parties. La première est consacrée aux contextes historique et géographique du Coran et des débuts de l’islam. […] La deuxième partie envisage le Coran comme un carrefour de traditions, et comme point de rencontre de plusieurs religions de l’Antiquité tardive. […] La troisième et dernière partie aborde le corpus coranique proprement dit […]. »

Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye

Survol

- Notices sur les 21 auteurs (professeurs et spécialistes), p. 7-16
- Préface, p. 17
- Introduction générale, p. 19-35
- Avis au lecteur (dates, traductions, transcriptions, abréviations), p. 37-39
- Repères historiques (chronologie), p. 41-43
- Cartes (empires omeyyade et abbasside), p. 44-45
- Partie I / 4 chapitres, p 47-287
- Partie II / 11 chapitres, p. 289-681
- Partie III / 7 chapitres, p. 683-1075
- Remerciements, p. 1077-1078
- Table des matières, p. 1079-1092.

Sauf exception, les auteurs et livres cités sont intégrés dans les exposés, plutôt que référencés en bas de page. Les chapitres sont complétés respectivement par une bibliographie, et plusieurs d’entre eux par une table des figures.

Introduction générale

Le premier paragraphe rappelle d’abord deux approches envers le Coran, la première étant exégétique, la seconde étant critique et scientifique. L’ouvrage Histoire du Coran relève de la seconde approche.

Mohammad Ali Amir-Moezzi et Guillaume Dye relatent ensuite les études critiques et scientifiques sur le Coran, considéré dans sa forme textuelle reçue et en amont des traditions exégétiques plus tardives. Cette rétrospective remonte au 19e siècle et s’étend jusqu’à nos jours.

La présentation du contenu de l’ouvrage est suivie de considérations sur l’histoire et les historiens des religions, en particulier de l’islam.

Les auteurs complètent leurs propos en spécifiant le but de leur démarche: « La mission de Mohammad, transformée rapidement après sa mort en religion impériale, ainsi que des messages qui l’ont accompagné gardent encore une large part de mystères. Le livre que voici est une quête au sein du domaine énigmatique de ces mystères. »

Essais (exemples)

Partie I / chapitre 1 – L’Arabie préislamique (101 pages), par Christian Julien Robin

L’auteur réinterprète l’histoire de la péninsule arabique à la lumière des plus récentes découvertes archéologiques et épigraphiques. Dans un deuxième temps, avec moult exemples, il présente les apports de ces sciences auxiliaires de l’histoire à la compréhension du texte coranique. Plusieurs illustrations enrichissent l’exposé. Outre les livres et les articles listés dans la bibliographie, ces deux sites sont cités: Digital Archive for the Study of pre-Islamic Arabian Inscriptions (DASI) et Online Corpus of the Inscriptions of Ancient North Arabia (OCIANA).

Partie I / chapitre 3 – Les vies de Mohammad (62 pages), par Stephen J. Shoemaker

D’entrée de jeu, l’auteur souligne l’absence généralisée de connaissances sur le personnage historique Mohammad. La première partie de l’étude porte sur les sources documentaires, soit les biographies traditionnelles musulmanes et le Coran. La seconde partie relate la quête du Mohammad historique sous ces thématiques: Vies politiques et économiques, Vies apologétiques et théologiques, Vies eschatologiques. Les analyses historico-critiques des ouvrages étudiés sont complétées par l’évocation de développements récents, dont la diffusion de ces sites: International Qur’anic Studies Association (IQSA), Mizan, et Early Islamic Studies Seminar (EISS).

Partie II / chapitre 8 – Le christianisme éthiopien (33 pages), Manfred Kropp et Guillaume Dye

L’importance de l’histoire éthiopienne pour comprendre l’émergence de l’islam est soulignée dans l’introduction. L’exposé se déroule ensuite en trois étapes: les origines du christianisme en Éthiopie, la description des particularités de ce christianisme, puis l’influence de ce christianisme sur le Coran.

Partie III / chapitre 16 – L’étude des manuscrits coraniques en Occident (11 pages), François Déroche

L’auteur présente les manuscrits coraniques en Occident depuis le 18e siècle. Il s’attarde ensuite aux représentants de « l’école hypercritique » des années 1970. Des informations et analyses supplémentaires sur ces données générales peuvent être lues sur la Toile: La voix et le calame. Les chemins de la canonisation du Coran (François Déroche, leçon inaugurale prononcée 2 avril 2015 au Collège de France).

Partie III / chapitre 17 – Les manuscrits coraniques anciens (43 pages), Éléonore Cellard

Dans son introduction, l’auteure note que la connaissance actuelle des manuscrits coraniques des premiers siècles de l’islam est très fragmentaire. Un grand nombre de ces témoins de l’histoire du Coran sont éparpillés, non catalogués ou inaccessibles. La première partie de son essai porte sur l’inventaire des fonds et l’histoire des collections, plus notamment sur les collections de quatre mosquées (Fustat, Kairouan, Damas, Sanaa). Dans ce contexte, les projets suivants sont présentés: Paleocoran, Coranica et Ircica. Dans la seconde partie, Éléonore Cellard présente quatre outils d’analyse pour reconstruire l’histoire de la transmission manuscrite du Coran: la chronologie absolue, la paléographie, la codicologie et la philologie. Les explications sont illustrées par de nombreuses figures.

Actualité

L’actualité du Coran est ainsi soulignée par les directeurs de la publication: « Ces dernières années, pas un mois, voire pas une semaine, ne se passe sans que paraisse une publication sur le Coran. »

Référence

Amir-Moezzi, Mohammad Ali; Dye, Guillaume; dir. - Histoire du Coran. Contexte, origine, rédaction. - Paris: Les Éditions du Cerf, 2022. - 1092p. - ISBN 978-2-204-15222-8. - [Citations: Introduction générale, 27, 28, 19, 30-31, 27]. - BAnQ : 297.122 H67322 2022.

Articles connexes

Traduction et étude du Coran
Nous n’avons jamais lu le Coran
Histoire du droit islamique
La grande mosquée de Damas
Grande mosquée des Omeyyades
Mosquée al-Haram de La Mecque

10 mai 2021

Tous les secrets du Vatican


Une fresque de 150 ans d'histoire et de polémiques !

Bernard Lecomte est un spécialiste du Vatican. Ancien grand reporter à La Croix et à L’Express, ancien rédacteur en chef du Figaro Magazine, il a publié trois volumes sur la cité papale : Les secrets du Vatican (2009), Les derniers secrets du Vatican (2012), Tous les secrets du Vatican (2019). L'auteur a publié plusieurs autres livres portant sur les papes et des sujets reliés à la l’Église catholique.

Thèmes

Dans son dernier volume, il dévoile 34 secrets reliés à des événements historiques majeurs. Certains concernent des sujets proprement religieux, d’autres ont trait à des questions sociales, politiques et diplomatiques.

Quelques exemples :

- religion : infaillibilité papale, tombeau de saint Pierre, culte marial;

- société : finances, prêtres-ouvriers, contraception, affaires sexuelles;

- politique : reconnaissance de l’État du Vatican, révolte polonaise;

- diplomatie : silences des papes pendant les guerres mondiales, crise des missiles.

J’ai particulièrement aimé les exposés traitant de ces sujets : les silences des papes Benoît XV et Pie XII pendant les guerres mondiales, les fouilles archéologiques menant à la sépulture de saint Pierre, l’expérience des prêtres-ouvriers, le culte marial, la carrière de Joseph Ratzinger, le bref pontificat de Jean-Paul Ier, l’émergence de l’Opus Dei, le suaire de Turin et les secrets de Fatima.

Composition

Le style de l’auteur est typique, chaque chapitre étant composé comme un reportage. Voyons certaines caractéristiques des exposés:

- titre évocateur, voire provocateur; exemple n° 11: Pie XII contre De Gaulle;

- sous-titre accrocheur, souvent sous forme interrogative; exemple n° 16: Le pape du concile a-t-il évité l’apocalypse nucléaire ?

- épigraphe; exemple n° 17: «Le monde ne progresse que par les extrêmes et ne dure que par les modérés.» Paul Valéry;

- coordonnées spatio-temporelles énoncées dans la première phrase; exemple n° 24: Rome, place Saint-Pierre, le 13 mai 1981;

- plusieurs intertitres ; exemple : secret n° 18 intitulé Le «Vicaire»:

1958 : un hommage unanime
1963 : une pièce assassine
Un phénomène de génération
Au Vatican : « Inconcevables ! »
La faute du concile ?
Des arguments historiques
Polémiques, outrances et désinformation
L’argument des archives
Conclusion;

- les faits sont personnalisés et le récit est axé sur plusieurs acteurs (avec leurs réseaux sociaux);

- abondants discours directs et rapportés;

- recours constants aux faits historiques récents ou lointains, en citant une ou plusieurs sources documentaires.

Compléments

Ce livre d’histoire compte plusieurs compléments : Bibliographie, Glossaire, Index et Table (détaillée). Ces outils pourront s’avérer utiles pour connaître les sources de l’auteur et approfondir les sujets abordés. Par ailleurs, le glossaire pourra faciliter la compréhension des termes chez les lecteurs peu ou pas familiers avec les structures administratives et la terminologie ecclésiastique de l’Église catholique.

Appréciation

Sous l’angle de la papauté, Bernard Lecomte présente d’une façon dynamique un grand nombre de faits marquants de l’histoire occidentale depuis un siècle et demi. Une fresque historique aussi captivante qu’instructive. Par ailleurs, les jugements de l’auteur sont fondés et nuancés, mais parfois tranchés.

Référence

Lecomte, Bernard. - Tous les secrets du Vatican. - Paris : Perrin, 2019. - 601p. - ISBN 978-2-2620-8208-6. - BAnQ : 262.130904 L465t 2019.

Image

Cité du Vatican (Thoroe, 27 mars 2013, Wikimedia Commons, Open Database License) - Plan utile pour localiser les espaces et bâtiments cités dans le livre.

Article connexe

Introduction au catéchisme

28 février 2013

Les scènes sexuelles mochicas

Parmi les nombreux artéfacts mochicas présentés au Musée des beaux-arts de Montréal, dans le cadre de l’exposition Pérou : les royaumes du Soleil et de la Lune, il y a quelques céramiques érotiques.

La signification métaphorique de ces œuvres funéraires est expliquée dans le catalogue d’une exposition antérieure tenue à Paris : Sexe, mort et sacrifice dans la religion mochica (2010). Les artéfacts exposés provenaient, comme ceux présentés au MBAM, du Museo Larco de Lima.

Le catalogue français aborde les céramiques et les représentations sexuelles sous trois volets :

- La culture visuelle mochica,
- Les représentations sexuelles,
- Sexe, mort et fertilité.

Ces chapitres sont précédés d’une préface de Stéphane Martin, président du Musée du quai Branly, d’une carte des territoires mochicas et d’une chronologie sur les anciennes civilisations andines, ainsi que d’une introduction de Steve Brunet, commissaire de l’exposition.

L’ouvrage est complété par une bibliographie, l’étude Sex, Death and Fertility in Moche Religion, par Steve Brunet, et la liste des œuvres exposées.

L’exposition Pérou : les royaumes du Soleil et de la Lune se poursuit au MBAM jusqu’au 16 juin. Une visite exhaustive prend quelques heures. Un audioguide est proposé aux visiteurs. Par ailleurs, le catalogue de cette exposition est disponible à la boutique du musée, mais pas encore à la Grande Bibliothèque.

Référence

Martin, Stéphane, prés. – Sexe, mort et sacrifice dans la religion mochica. – Paris : Musée du quai Branly et Somogy, 2010. – 104p. - -ISBN 978-2-7572-0339-2. – BAnQ : 299.8951 S5183 2010.

Un très grand nombre des œuvres exposées et reproduites dans le catalogue peuvent être consultées sur Google (requête avec les mots clés museo larco sexe, lien Images).

Sur la Toile

Pérou : les royaumes du Soleil et de la Lune (MBAM)
Museo Larco (multilingue)
Les trésors du Pérou au MBAM (Éric Clément, La Presse, 28 janvier 2013)
Les trésors du Pérou à Montréal (Claude Deschênes, Radio-Canada, 30 janvier 2013) (Vidéo)
Riche comme le Pérou (Nicolas Mavrikakis, Voir, 31 janvier 2013)

Le quotidien La Presse et le périodique Voir peuvent être consultés à la Grande Bibliothèque.

06 juin 2007

La philosophie thomiste

Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, archevêque et cardinal de Québec, regroupe six exposés dans un livre publié à la veille de la Seconde Guerre mondiale :

- Saint Thomas, mystique docteur (1928)
- Le rôle de la philosophie dans l’œuvre des universités catholiques (1930)
- L’université, école de haut savoir et sources de directives sociales (1934)
- Ite Ad Thomam (1935)
- La vraie culture thomiste (1936)
- Liberté et libertés (1937)

Dans son avant-propos, Villeneuve précise que ces textes rédigés d’occasion n’ont pas visé à devenir un ouvrage, mais à démontrer la solidité manifeste d’une doctrine, le thomisme, sur les fondements de laquelle l’auteur est convaincu qu’il faut bâtir tout l’édifice de la pensée philosophico-chrétienne.

Le premier texte porte sur saint Thomas d’Aquin, maître de la théologie mystique et modèle incomparable de vie mystique.

Dans le texte suivant, l’auteur exprime son point de vue sur l’université : L’université est une école de pensée. La philosophie est la plus haute forme de la pensée humaine. La philosophie chrétienne, enfin, est cette pensée humaine, purifiée par la Grâce et fortifiée par la Révélation. Nous tenons là déjà pourquoi la philosophie chrétienne, dans nos universités catholiques, doit occuper la première place et imprégner tout l’enseignement. Au cours de son préambule, il affirme : Si l’Église est thomiste, et elle l’est indéniablement, c’est parce que Dieu le veut ainsi. Dans le corps de son exposé, Villeneuve aborde les deux points suivants : Des rapports de la philosophie thomiste avec l’esprit universitaire et Les conditions de cet esprit universitaire parmi nous. Le ton est résolument polémiste.

Dans le troisième texte, l’auteur affirme que la science n’est presque pas plus avancée en notre temps qu’au XIIIe siècle […]. Ici aussi, Villeneuve se fait polémiste en argumentant sur sa vision de l’université, de la philosophie et de la science. Par ailleurs, il aborde directement le contexte de la crise économique et de la paix internationale.

D’entrée de jeu, dans le quatrième texte, l’auteur énonce sa conviction envers la transcendance du thomisme et de son rôle dans la formation des élites sociales. Villeneuve évoque ensuite longuement l’encyclique Aeterni patris (1879) de Léon XIII. Il considère ce document comme étant la grande charte du thomisme. Il poursuit son exposé en citant d’autres textes dithyrambiques sur le thomisme.

Le cinquième texte parle du premier congrès de philosophie pour laïques au Canada, congrès portant sur les problèmes économique, national, culturel, politique et religieux. Villeneuve insiste sur ce qui fait la force du thomisme, c’est-à-dire ses principes et ses méthodes susceptibles d’être appliqués aux problèmes contemporains.

Le dernier texte traite d’abord de la notion de liberté, puis ensuite des libertés. Villeneuve critique le fatalisme et le déterminisme, avant de prendre à témoin Thomas d’Aquin pour préciser sa pensée sur la liberté naturelle. Dans un second temps, il discourt sur les droits humains. Il conclue l’exposé par son credo envers le libéralisme catholique.

Référence : Villeneuve, Jean-Marie-Rodrigue. – Quelques pierres de doctrine. – Montréal : Beauchemin, 1938. – 217 p. – Cote BAnQ : 282.092 T4554v 1938. – [Version numérique].

06 mai 2007

Nous n’avons jamais lu le Coran

Youssef Seddik, philosophe et anthropologue, présente une étude critique de la Tradition. Dans son prologue, intitulé L’originel péché du lecteur du Coran, il remet en cause la «formidable machine dogmatique sommant tout lecteur possible de renoncer à lire et de croire que tout a déjà été lu, une fois pour toutes, hors de nos espaces et de nos temps passés ou à conquérir.»

L’auteur présente ses propos sous les thèmes et sujets suivants :

L’originel péché du lecteur du Coran : le modèle prophétique du simple transmetteur ; une écriture née de la peur ; la fable de Seïf ad-Dawla ; la mémoire du monde.

Des illusions de lecture : la réduction du philosophe ; Yathrib (Médine) et Quçayy (Anastase le Perse) ; la disparition de la tribu des ‘Amer ; le meurtre du calife ‘Uthmân.

Abolir l’exégèse pour faire place à la lecture : la bataille de la recension ; versets et unité textuelle ; l’affaire des grues et l’abrogation ; polysémie du mot livre ; la métaphore dans la parole de Dieu ; l’esprit nomade versus l’idée de norme ; la métaphore du chiffre sept.

La faille fondatrice : les trois modalités exprimant le divin ; Adam et Abraham ; la mutation du discours narratif ; le personnage Moïse ; Salomon ; le nouveau cycle divin ; la création de la fêlure ; le débat christologique ; Allah et la réforme de l’alphabet.

Oublis : l’oubli de l’écriture ; le couplage de l’ionien et du romain ; l’hellinité ; les Sabéens de Harrâm ; Hermès-Thot ; l’édifice sacré Ka’ba ; la souillure et le sacré.

Lisons… : les récits d’Œdipe et de Joseph ; le rituel du pèlerinage ; la chronique des grues ; la danse sacrée de Délos ; le partage du butin ; l’interdit de l’image ; la sourate La Lumière ; un emprunt à la Grèce ; la sourate de La Caverne ; Alexandre le Grand.

La prose prisonnière : le conte d’Al-Qâlî.

L’étude de Seddik est complétée par une bibliographie exhaustive.

Référence : Seddik, Youssef. – Nous n’avons jamais lu le Coran. – Paris : Éditions de l’Aube, 2006. – 298 p. - ISBN 2-7526-0270-7. - Cote BAnQ : 297.1226 S447n 2006.

08 avril 2007

Introduction au catéchisme

En ce jour de Pâques, un sujet de circonstance…

Un petit volume présentant le volumineux Catéchisme de l’Église catholique. Le premier chapitre a été rédigé par Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, et les deux autres par Christoph Schönborn.

Chapitre I

La décision de rédiger un nouveau catéchisme universel a été prise vingt-cinq ans après la clôture du concile Vatican II, soit en 1985. Une telle entreprise n’avait pas vue le jour depuis le Catéchisme romain de 1566 consécutif au concile de Trente. Précisant la genèse de cette mise à jour, Ratzinger écrit :

Un catéchisme, pense-t-on communément, est un manuel sous forme de questions-réponses. Il est surprenant que cette idée reçue ait fait école, attendu que ni le catéchisme tridentin ni le Grand Catéchisme de Luther ne présentent cette structure. Doutant fort, d’autre part, que ce fût la bonne, nous l’éliminâmes d’emblée. (p. 13-14)

En abordant le thème de l’auteur du catéchisme et de son autorité, Ratzinger indique que le français a été retenu comme langue de rédaction. L’auteur évoque ensuite l’Islam pour présenter la structure et le contenu du catéchisme :

Les musulmans savent que l’entière adhésion à leur religion est impérativement liée à la croyance en leur Dieu, leur prophète, au Coran, au jeûne et au pèlerinage à La Mecque. Mais qu’est-ce qui caractérise un chrétien ? Le catéchuménat de l’Église ancienne, fondé sur l’Écriture, définit la chrétienté comme étant principalement sous-tendue par la foi, les sacrements, les commandements, le Notre-Père […]. Ces traits forment, tous quatre, intérieurement un tout. (p. 25)

Chapitres II et III

Ces chapitres présentent les idées principales et les thèmes centraux du catéchisme, ainsi qu’une description de chacune de ses quatre parties. La répartition du texte des catéchismes 1566 et de 1992 est fort différente :

Crédo : 22 % vs 39 %
Sacrements : 37 % vs 23 %
Commandements : 21 % vs 27 %
Prière : 20 % vs 11 %

De cette comparaison, Schönborn conclut :

Quelque soit la méthode catéchétique employée - aucun des deux catéchisme n’en impose une -, le thème prioritaire demeure Dieu et ses œuvres. (p. 44)

L’auteur présente ensuite les caractéristiques typographiques du livre : renvois en marge du texte, notes en bas de page, index, textes en petits caractères, paroles des saints et des saintes, résumés. Schönborn complète sa présentation par une description détaillée de chacune des quatre parties de l’ouvrage.

Une phrase lapidaire conclue cette brève introduction au nouveau Catéchisme de l’Église catholique :

C’est un livre de la foi pour ceux qui la transmettent, une aide à la foi pour quiconque entend en pénétrer la connaissance. (p. 90)

Référence : Ratzinger, Joseph ; Schönborn, Christoph. – Petite introduction au "Catéchisme de l’Église catholique". – Traduction de l’allemand par Élise Bloch. - Paris : Cerf, 1995. – 92 p. – ISBN 2-204-05150-0. – Cote BAnQ : 238.2 E313c 1995.

Remarque : le Catéchisme de l’Église catholique peut être emprunté à la Grande Bibliothèque, sous la cote 238.2 E31ca 1992.

05 mars 2007

Traduction et étude du Coran

La traduction du Coran par Jacques Berque est abondamment annotée. Elle est précédée d’une introduction en trois parties : Avant-propos, Avertissement, Transcription. Elle est suivie d’une longue étude du Coran par celle de sa composition (En relisant le Coran) : Un assemblage, Un langage, Un sens, Projections, Vue d’ensemble.

Cette traduction est complétée par des annexes : Commentaires du Coran utilisés, Table des sourates dans l’ordre chronologique, Index des noms propres (personnages, groupes et peuples, lieux), Index des concepts et thèmes principaux, Table des matières.

Jacques Berque a mis seize ans pour accomplir son œuvre. Il justifie son entreprise en citant ce verset du Coran : Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c’est en vue de votre connaissance mutuelle (XLIX, 13).

La Collection universelle de prêt et de référence de BAnQ contient plusieurs autres traductions et études du Coran, dont celles de Blachère, Boubakeur, Chauvin, Chouraqui, Déroche, Gloton, Grosjean, Hamidullah, Jomier, Kasimirski, Khawam, Masson, Montet, Reeber et Seddik. Dans son Avant-propos, Jacques Berque souligne sa redevance envers Régis Blachère et Si Hamza Boubakeur.

Référence : Le Coran : essai de traduction de l'arabe annoté et suivi d'une étude exégétique par Jacques Berque. – Édition revue et corrigée. – Paris : Albin Michel, 1995. – 844 p. – (La Bibliothèque spirituelle) – ISBN 2-226-07739-1. – Cote BAnQ : 297.122541 C788b 1995.