30 août 2026

La disparition de Rita Sinclair


C’est la couverture de livre qui a d’abord retenu mon attention : une ancienne photographie du belvédère du mont Royal et le titre du livre sur un fond de couleur vieux rose. Puis une présentation de l’intrigue sur la quatrième de couverture. Enfin, la curiosité de découvrir des aspects méconnus de la métropole au début du 20e siècle m’a incité à lire ce polar.

Le roman

La disparition de Rita Sinclair de l’autrice Céline Beaudet, aux Éditions Québec Amérique, est assurément un roman policier. Mais c’est aussi un roman social, voire un roman engagé et féministe.

L’intrigue policière

14 mai 1912 – Un nouveau départ

L’intrigue du roman policier fait l’objet de la première partie du prologue. François Arbour, constable à Sainte-Anne-de-Bellevue, rencontre le détective Édouard Lavergne pour l’aider à résoudre la disparition de Rose Sinclair. Cette jeune étudiante est inscrite en demi-pension à la nouvelle école normale du Collège Macdonal de l’Université McGill. Elle est la fille du banquier Herbert Sinclair, qui réside dans le quartier du Mille carré doré. Pour des motifs similaires, le père de Rose et le principal du collège, James Wilson Robertson, souhaitent une enquête rapide et discrète.

La seconde partie du prologue porte sur Édouard Lavergne. Sous la direction de Silas Carpenter, Lavergne travaille au Bureau des détectives du service de police de Montréal. Suite à l’abolition de ce bureau, en janvier 1912, Lavergne perd son emploi. Son père, le juge Aimé Lavergne, l’aide à s’établir à son compte dans l’édifice Salaberry situé au coin sud-est de l’intersection des rues Sherbrooke Est et Saint-Denis. Ayant surtout des contrats d’enquêtes routinières sur des affaires conjugales, Édouard Lavergne accepte volontiers l’offre imprévue de François Arbour.

La dimension sociale

Le récit se déroule sur une vingtaine de chapitres, un bon nombre portant exclusivement sur des entretiens interpersonnels et des causes sociales, dont celles-ci : les inégalités sociales, les suffragettes, la promotion des parcs et terrains de jeux, la lutte contre la tuberculose, la mortalité infantile, l’hygiène publique, l’urbanisme, l’éducation traditionnelle des jeunes filles, les fabiens, l’emprise de l’Église catholique, l’émancipation des femmes, l’alimentation déficiente des enfants pauvres, les campagnes de propreté, etc.

La vie montréalaise au début du 20e siècle est largement présente dans le roman, notamment chez la haute bourgeoisie anglophone de l’ouest de la métropole. À titre d’exemple : les propriétés à Sainte-Anne-de-Bellevue et Senneville, les nouvelles tours à logements sur l’avenue du Parc, certains restaurants, les magasins de luxe, le Collège Macdonald (Université McGill), les associations de bienfaisance, les voyages à l’étranger, les soins de santé privés, l’aménagement paysager de terrains privés, etc.

La documentation

L’autrice documente la dimension sociale de son roman, à la fin du livre, sous un chapitre complémentaire intitulé Histoire et fiction : quelques précisions. Les critiques, citées ci-dessous, soulignent aussi le caractère documentaire du livre.

Référence

Beaudet, Céline. – La disparition de Rose Sinclair. – Montréal : Québec Amérique, 2026. – 208 p. – ISBN 978-2-7644-5728-3. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : roman québécois ; Beaudet B3732d.

Image

Women’s residence, Macdonald College (Sainte-Anne-de-Bellevue, entre 1903 et 1913) – (BAnQ)

Sur la Toile

La disparition de Rose Sinclair (Céline Beaudet) (Avis de lecture – Polars et romans noirs, blogue littéraire de Michel Roberge, août 2026)

Enquêter dans les silences du Montréal de 1912 / La disparition de Rose Sinclair (Michaël Grégoire, Le Carnet, 4 juillet 2026)

«C'est un roman féministe, historique, avec une intrigue policière» : Céline Beaudet s'intéresse à la disparition la fille d'un riche banquier dans son deuxième roman (Frédérique De Simone, TVA nouvelles, 6 juin 2026)

La disparition de Rose Sinclair (Babielo)