25 avril 2026

Le monastère hanté / Robert Van Gulik

Quand la foudre détruit une maison et tue ses habitants, faites-vous comparaître la foudre devant votre tribunal ?

Une enquête du célèbre juge Ti

Une violente tempête surprend le juge Ti en pleine montagne, avec ses femmes, ses servantes et son lieutenant Tao Gan. Ils se réfugient alors au Monastère du nuage matinal.

Au cours de son bref séjour dans ce monastère taoïste, le juge Ti va en profiter pour enquêter sur les décès suspects de trois femmes survenus récemment en ce lieu. De fil en aiguille, il va aussi enquêter sur la mort mystique de l’ancien père abbé.



Les particularités du polar sont typiques des romans du prolifique écrivain néerlandais Robert Van Gulik (1910-1967) :

– un plan en relief du monastère et la liste des personnages, en début d’ouvrage;

– des intrigues nombreuses et bien ficelées;

– un titre descriptif pour chaque chapitre; par exemple :

Mystérieux conciliabule dans une vieille tour; le juge Ti voit une femme nue à travers une fenêtre qui n’existe pas

– des illustrations de l’auteur dans le style chinois; par exemple : 

Le juge Ti et Tao Gan dans la resserre

– des vers intégrés au récit; par exemple ce poème de Tsong Li :

Vraies amours, fausses amours,
Amours d’hier ou de toujours…
Plus et moins,
Ça va très bien.
Que le Ciel nous garde
De moins et moins.

– le taoïsme comparé au confucianisme; par exemple, selon le sage taoïste Souen Ming :

Le taoïsme prend les choses à l’endroit où Confucius les a laissées ! Le confucianisme explique comment l’homme doit se conduire dans une société bien faite. Le taoïsme, lui, nous montre les rapports qui existent entre l’homme et l’Univers… rapports dont l’ordre social n’est qu’un aspect.

Une Note et la Table sont ajoutées après le récit.



La lecture de ce roman policier est fort agréable.

Référence

Livre

Van Gulik, Robert. – Le monastère hanté (Les Nouvelles Enquêtes du juge Ti). – Traduit de l’anglais par Roger Guerbet. – Avec huit illustrations de l’auteur dans le style chinois. – Paris : Éditions 10/18, 1984 © 1963. – 183 p. – (Collection Grands détectives). – ISBN 978-2-264-00608-0. – [Citations : p. 167, 11, 28, 54, 69]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : VAN Rob mo ; Van Gulik V253m.

Auteur

Robert van Gulik (Wikipédia)

Image

Yin et Yang (Wikimedia)

Articles connexes

Le romancier Robert van Gulik
Le roman policier chinois
Le crime de Lotus-d’or

19 avril 2026

Bégonias botaniques et horticoles


Les photos affichées dans l’album Bégonias botaniques et horticoles ont été prises au Jardin botanique de Montréal, dans la serre des bégonias. Elles donnent un aperçu de la diversité et de la richesse des collections végétales du Jardin botanique de Montréal.

Les plantes sélectionnées font partie de la famille des Begoniaceae (Bégoniacées). Les espèces botaniques sont regroupées dans la première partie de l’album, tandis que les variétés horticoles (cultivars) sont présentées dans la seconde partie.

Les pays d’origine des espèces botaniques sont identifiés, par exemple : Begonia thiemei, Guatemala, Honduras, Mexique. Les informations sur l’origine des plantes sont tirées de la base de données Plants of the World Online.

Les noms des cultivars (plantes cultivées) sont inscrits entre guillemets simples, par exemple : Begonia ‘Anna Christine’.

La troisième partie de l’album présente la classification d’un grand nombre d’espèces par groupes distinctifs : à tiges épaisses, arbustif, bambusiforme, croix de fer, Hiemalis, rampant-grimpant, Rex-cultorum, rhizomateux et tubéreux.

Les données sur les espèces proviennent des étiquettes du Jardin botanique de Montréal. Les noms scientifiques sont écrits en italiques.

L’album photos est complété par des références.

Ce livre gratuit peut être reproduit d’une façon identique à des fins éducatives non commerciales.

Références

Bégonias botaniques et horticoles
Botanical and Horticultural Begonias

Article connexe

Albums botaniques

11 avril 2026

BAnQ : visions pour une institution phare


À l’occasion des vingt ans de la plus grande institution culturelle du Québec, les auteurs et autrices Guylaine Beaudry, Lise Bissonnette, Carol Couture, Gilles Gallichan, Marie D. Martel et Jean-François Palomino publient un ouvrage consacré à l’état et aux perspectives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Le livre, publié par Les Presses de l’Université de Montréal, se compose d’une introduction, de huit chapitres et de notices biographiques. Les chapitres contiennent des références infrapaginales.

Voici un aperçu de BAnQ : visions pour une institution phare.

Présentation (Lise Bissonnette, 5 pages)

La première présidente et directrice générale de BAnQ indique le but de la publication : proposer un ouvrage en forme de bilan critique, après la controverse impliquant la vente secrète du vaste jardin de la Grande Bibliothèque à l’Hydro-Québec. Un aperçu de l’ouvrage coopératif est ensuite exposé.

[ 1 ] – Une vie hors champ (Lise Bissonnette, 40 pages)

Après avoir rappelé le coup de force à l’encontre de BAnQ, l’autrice présente un bref historique des bibliothèques et archives nationales en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis d’Amérique et au Canada (gouvernement fédéral). Les parties suivantes portent sur les étapes menant à la création de BAnQ (acteurs, jalons législatifs et documents marquants), les réalisations de la nouvelle institution nationale (par exemple : direction de la recherche et de l’édition, expositions, publications, bourses de recherche) et leur récente disparition.

En conclusion, l’autrice évoque les possibilités d’une refondation de BAnQ, compte tenu des ressources humaines et matérielles disponibles, si une volonté pouvait germer.

[ 2 ] – La mémoire et la documentation : BAnQ dans l’histoire du Québec (Gilles Gallichan et Jean-François Palomino, 17 pages)

Les auteurs retracent les grandes étapes historiques menant à la création et au rayonnement de BAnQ : les bibliothèques parlementaires dans la première moitié du 19e siècle, la Bibliothèque Saint-Sulpice dans la première moitié du 20e siècle, la Société des Dix fondée en 1935, la création de la Bibliothèque nationale, de la Grande Bibliothèque, puis la fondation de BAnQ regroupant trois institutions (bibliothèque et archives nationales, bibliothèque publique).

Plusieurs grandes réalisations de BAnQ sont ensuite citées : la direction de la recherche et de l’édition; la publication de périodiques, de livres et d’articles; la présentation de conférences captivantes et d’expositions prestigieuses; l’attribution de bourses de recherche; la numérisation, l’océrisation et la conservation de centaines de milliers de documents patrimoniaux accessibles en ligne.

En conclusion, après ce panégyrique, les auteurs soulignent l’importance vitale de BAnQ pour la préservation, la sauvegarde, la promotion et l’accès à notre patrimoine documentaire, ainsi que pour son rôle déterminant dans le secteur des bibliothèques et de l’information. En notre époque d’obscurantisme politique, «une bibliothèque nationale est un axe de lumière et de savoir.»

[ 3 ] – Les budgets de fonctionnement et d’investissement de BAnQ : progression, stagnation ou réduction ? (Carol Couture, 8 pages)

L’auteur analyse les budgets de fonctionnement et d’investissement pour la période 2005-2025. Pour la période 2015-2025, il présente un tableau statistique sur l’évolution des ressources financières allouées à BAnQ et un graphique à barres sur les budgets de fonctionnement de BAnQ. Le bilan de cette étude factuelle s’avère critique.

Compte tenu du définancement effectif de BAnQ et du contexte politico-économique actuel, l’auteur soulève de vives inquiétudes quant à la gestion de l’ensemble de l’institution et à la pérennité des missions fondamentales de BAnQ.

[ 4 ] – Entre réalité et discours : une décennie de transformations, 2014-2024 (Marie D. Martel, 32 pages)

L’autrice analyse cette décennie sous deux angles complémentaires : les données permettant de mesurer les transformations de BAnQ et les orientations définies par les directions successives. L’étude des statistiques aboutit à ce constat : «recul du présentiel, progression du numérique, cycles d’érosion et de relance des ressources, recomposition de la médiation et du rayonnement». Les discours des directions de BAnQ, face à ces réalités, sont contrastés. Bien souvent, les orientations formulées correspondent peu ou pas aux réalités révélées par les données.

En conclusion, l’autrice préconise la refondation de BAnQ en entreprenant ces quatre chantiers : mesurer les indices probants, réinvestir la présence et la médiation de proximité, redéployer les ressources professionnelles, réaffirmer le mandat de BAnQ comme bibliothèque de recherche. En plus, clarifier explicitement le sens de société apprenante.

[ 5 ] – Les Archives nationales du Québec et la Loi sur les archives : une contribution essentielle à la constitution de la mémoire du Québec (Carol Couture, 21 pages)

Le texte de l’auteur est rédigé sous un mode impératif. Après un bref rappel sur l’intégration des AnQ à BAnQ et sur les missions et contributions de la Direction générale des archives, l’auteur constate le manque de vision du gouvernement et de son soutien financier. La loi sur les archives de 1983 est ensuite abordée : historique et mise en place, politique de gestion des archives, application incitative plutôt que coercitive, impacts sur la discipline archivistique et la profession d’archiviste. Enfin, l’auteur souligne l’obligation et l’urgence d’une nouvelle loi sur les archives, ainsi que le manque d’implication des décideurs politiques et responsables administratifs à cet égard.

[ 6 ] – Un bateau amiral sans boussole (Guylaine Beaudry, 33 pages)

Ce chapitre porte sur les missions fondamentales de l’institution en répondant à cette question de base : «À quoi servent une bibliothèque et des archives nationales?» Après avoir rappelé les raisons d’être des bibliothèques et des archives nationales, l’autrice aborde d’une façon détaillée les moyens requis pour remplir les missions de ces institutions (par exemple : catalogage, médiation, coopération, direction, services centraux). Elle distingue ces missions de celles de la Grande Bibliothèque et des bibliothèques publiques. Les volets suivants sont développés : les projets de collaboration entre les bibliothèques de tous types (plusieurs manquements soulignés), le développement des collections de publications et des fonds d’archives, les moyens des collections (statistiques sur les dépenses d’acquisitions).

L’autrice rappelle que contribuer à l’éducation de la société constitue une mission fondamentale des bibliothèques. La ressource BANQ Éducation est soulignée, mais plusieurs autres aspects sont déplorables : la suppression des expositions, l’absente de formation professionnelle continue, l’absence d’activités de littératie numérique (informatique de base, intelligence artificielle), le déclin des entrées physiques à la Grande Bibliothèque (fermée le lundi, accès limité les autres jours).

Suite à ces constats, les parties suivantes sont prospectives et mobilisatrices : «À la lecture de la planification stratégique, on s’étonne du silence quant aux objectifs de développement pour l’institution portant sur les missions fondamentales.» Les sujets suivants sont abordés : les défis du numérique (en particulier pour les documents à archiver, l’utilisation de l’intelligence artificielle et l’infrastructure informatique), la vocation de la Bibliothèque Saint-Sulpice, le leadership stratégique, la formation aux médias et l’alphabétisation des adultes, les coupes budgétaires qui compromettent les missions de l’institution nationale.

En conclusion, l’autrice affirme que «BAnQ dispose d’atouts considérables pour façonner une certaine manière de penser, d’exercer et d’honorer ses missions. […] Le potentiel de transformation est réel – il ne reste qu’à l’activer.»

[ 7 ] – Bibliothécaire et archiviste, des professions pivots entre science, compétences et valeurs (Marie D. Martel, 18 pages)

Plusieurs volets professionnels sont abordés par l’autrice, en évoquant notamment R. David Lankes, Andrew Abbott et Donald A. Schön :
– la dimension sociale assumée par les spécialistes de l’information dans le contexte de l’accroissement des inégalités sociales et de l’émergence de l’intelligence artificielle;
– la contestation de la juridiction professionnelle des bibliothécaires et des archivistes par des acteurs externes et internes;
– les compétences professionnelles précisées dans les référentiels de l’American Library Association et de la Fédération des milieux documentaires;
– les valeurs professionnelles synthétisées dans les codes d’éthique des grandes associations, par exemple ceux de l’Association des archivistes de Québec et de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.

[ 8 ] – Ignorer l’expertise des archivistes et bibliothécaires : une dérive politique (Carol Couture, 8 pages)

L’auteur remet en question les nominations politiques ou partisanes à la direction d’organismes ou d’institutions publiques, comme ce fut le cas, par exemple, pour la nomination de la présente direction à BAnQ.

Dans un monde en profonde mutation, l’auteur souligne la pertinence et l’importance de désigner des professionnels compétents et expérimentés pour occuper les plus hauts postes de direction dans les bibliothèques et les centres d’archives du Québec.

Référence

Collectif. – BAnQ : visions pour une institution phare. – Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal (PUM), 2026. – 198 p. – (Collection Champ libre). – ISBN 978-2-7606-5542-3. – [Citations : écrites en italiques ou insérées entre guillemets]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : en commande ; 027.5714 B2195 2026.

Image

Grande Bibliothèque © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

La Grande Bibliothèque est une conception des firmes Patkau Architects de Vancouver, Croft-Pelletier de Québec et Gilles Guité de Montréal. Les murs de l’édifice comptent 6200 lamelles de verre trempé. La sculpture Espace fractal (2005) a été créée par Jean-Pierre Morin.

Articles connexes (quelques exemples)

Ateliers

Le design et l’architecture
Ressources sur la littérature

Club d’écoute

Le lied romantique
L’œuvre de Claude Vivier
Christoph Graupner (1683-1760)

Club de lecture

Le Club de lecture

Colloques

Colloque sur le manuel scolaire
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Les imaginaires d’aujourd’hui
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Quand résonne la mémoire
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Ils ont cartographié l’Amérique (sommaire de 13 articles)
Dialogues avec un Sauvage
Yves Thériault : le pari de l’écriture
L’archipel de Paul-Marie Lapointe
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La contrefaçon au 19e siècle
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Défilé de mode
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Publications

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Les cartographes Bellin et d’Anville
Carte de l'Amérique septentrionale (1755)

Table ronde

Les Sulpiciens et l’histoire du livre

Visites

Visite de la Grande Bibliothèque
Nos collections se dévoilent
Une exploration cartographique

04 avril 2026

Les algorithmes / Aurélie Jean


Un algorithme est littéralement un ensemble d’opérations structurées et hiérarchisées selon une certaine logique, destinées à être exécutées dans l’objectif de répondre à une question ou de résoudre un problème.



Le livre d’Arélie Jean sur les algorithmes est publié dans la collection encyclopédique Que sais-je? Comme d’autres livres de cette collection, celui-ci constitue une synthèse rédigée par une spécialiste du sujet traité.

Après avoir passé en revue les algorithmes antiques et leurs utilisations, l’autrice aborde les algorithmes modernes et contemporains : les algorithmes explicites, computationnels et implicites. Au cours de son exposée, l’autrice raconte les faits marquants de l’histoire des ordinateurs et de l’informatique.

Trois autres chapitres portent sur la naissance de l’intelligence artificielle, la nouvelle ère algorithmique et l’explicabilité algorithmique.

Le chapitre sur l’intelligence artificielle aborde notamment la signification problématique de l’expression « intelligence artificielle », la théorie et l’évolution des intelligences artificielles.

Le chapitre sur la nouvelle ère algorithmique porte sur la collecte croissante et le traitement des données, l’évolution des ordinateurs et leur capacité grandissante de calcul, les modèles de langage, les enjeux scientifiques, technologiques et sociaux du développement algorithmique.

L’explicabilité algorithmique, abordée au dernier chapitre, porte sur la compréhension de la logique de fonctionnement d’un algorithme par un calcul et de son interprétation donnant un sens au résultat du calcul. Les trois phases de conception algorithmique sont expliquées et distinguées de la transparence algorithmique.

Terminons ce survol par cette citation tirée de la conclusion : « ce livre est une sorte de manuel de navigation dans ce monde en perpétuel mouvement. » Ce manuel de navigation incite notamment ses lecteurs / utilisateurs à maîtriser les mathématiques et les statistiques qui font partie intégrante de la science algorithmique.

Une courte bibliographie complète cette synthèse, mais plusieurs autres ouvrages de référence sont cités dans le texte et les notes infrapaginales.

Référence

Jean, Aurélie. – Les algorithmes. – Paris : Éditions Humensis, 2024. – 128 p. – (Collection Que sais-je?, n° 4264). – ISBN 978-2-7154-1664-2. – [Citations : p. 22, 123]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 518.1 JEA ; 518.1 J432a 2024.

Image

Algorithme PGCD (Algorithme d’Euclide pour la détermination du plus grand commun diviseur de deux entiers naturels) – (Wattcle, Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International, Commons Wipimedia)

L’algorithme d’Euclide ou calcul du PGCD est expliqué aux pages 10-13 du livre d’Aurélie Jean. Le schéma de l’algorithme figure à la page 12.

Article connexe

Ressources documentaires sur l’intelligence artificielle