19 juillet 2026

Atlas des origines de l’homme

«Nous sommes aujourd’hui les seuls représentants du genre Homo sur cette terre, mais il ne faut pas oublier les autres humanités qui se sont côtoyées avant nous, ont vécu aussi à nos côtés, avec lesquelles nous nous sommes métissés.»

L’atlas de l’archéologue et préhistorien Romain Pigeaud présente une synthèse sur «l’histoire de l’humanité actualisée avec toutes les dernières découvertes et enrichie de plus de 50 cartes, chronologies et illustrations».

Les textes sont regroupés sous 23 dossiers :

L’homme, ce primate
Une origine africaine
Les australopithèques
Paranthropes et premiers hommes
Homo ergaster
Premières sorties d’Afrique
Plusieurs méthodes de datation
Vers Néandertal
La dernière glaciation
Néandertal, si loin, si proche
Cro-Magnon, Homo sapiens fossile
Étranges humains
Tactiques et stratégies
36 000 années en Europe
Des comportements symboliques
Dans les profondeurs des cavernes
Au milieu des forêts postglaciaires
Vers un nouveau monde
Des paysages modifiés
Et le métal vint…
Le bel âge du bronze
Pour l’autre monde
Richesses et pouvoir.

Les exposés sont à la fois fascinants et instructifs.

La mise en page est exemplaire. À titre d’exemple, la structure du deuxième dossier :

– titre : Une origine africaine
– introduction
– sections : L’aventure des primates, Le buisson originel, Des paysages plus ouverts, L’étude des fossiles anciens, un vrai sacerdoce, Nommer les fossiles humains, un exercice difficile
– illustration : Crâne de Sahelandthropus tchadensis (Toumaï)
– encadrés : À savoir, Quelques chiffres
– carte légendée : Lieux de découvertes des premiers hominines
– résumé : À retenir.

Citons deux extraits de la conclusion, la première sur l’humanité, la seconde sur les scientifiques :

«L’immense majorité des humains ont vécu, d’abord par itinérance, puis, fixés sur un territoire, dans la douceur de vivre du sédentaire.»

«Le préhistorien et les archéologues de toutes périodes confondues enrichissent notre patrimoine. […] Cet atlas en porte témoignage.»

L'ouvrage est complété par une bibliographie, alors que le sommaire suit la page d'introduction.

Cette publication est rééditée annuellement.

Référence

Livre

Pigeaud, Romain. – Atlas / Les origines de l’homme. – Cartes par Mélanie Marie. – Ouvrage révisé par Jean-Jacques Hublin (Collège de France, membre de l’Institut) et Olivier Lemercier (Université Paul-Valéry). – Revue annuelle, édition 2026. – Paris : Les Éditions du Sens, 2026. – 128 p. – (Questions clés sciences). – ISSN 2265-6677. – ISBN 979-10-311-3380-5. – [Citations : Introduction, p. 5; Conclusion, p. 125].

Auteur

Romain Pigeaud (Hominidés)

Image

Olduvai (Mike Krüger, Commons Wikimedia, 26 janvier 2011 – Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International)

Cette photo est reproduite dans Atlas des origines de l’homme, sous le dossier Paranthropes et premiers hommes, avec cette légende : «Les gorges d’Olduvai, en Tanzanie, berceau de la recherche sur les origines de l’homme» (p. 24).

12 juillet 2026

La fabuleuse histoire du monde végétal


Les plantes nous fournissent 98 % de l’air que nous respirons et au moins 80 % de notre alimentation, dont elles constituent depuis la nuit des temps le pilier le plus important.

Dans l’introduction de son livre, le généticien et ethnobotaniste Alain Bonjean relate les circonstances l’ayant amené à s’intéresser au monde des plantes, puis ses études en botanique et ses nombreuses contributions professionnelles depuis le tournant du 21e siècle.

Les chapitres peuvent ainsi être regroupés :

Généralités

1 – Qu’est-ce qu’un végétal ?
2 – Comment reconnaître un végétal
3 – Des végétaux presque partout

Les débuts de l’humanité

4 – L’importance des plantes sauvages avant les débuts de l’agriculture
5 – Conséquences de l’apparition des foyers d’agriculture au Néolithique

Les plantes cultivées

6 – Mondialisation progressive de la flore cultivée entre l’âge du bronze et le XXe siècle
7 – La mutation industrielle récente des usages des plantes cultivées
8 – Des plantes et des hommes

Le contexte actuel

9 – Importance fondamentale de la biodiversité
10 – Menaces et enjeux mondiaux liés au végétal
11 – Diverses raisons de continuer à promouvoir le végétal et de rester optimiste.

Les derniers chapitres relèvent plus de la prospective que de l’histoire, mais ils sont tout aussi intéressants que les chapitres précédents.

Le volume est complété par une Bibliographie choisie (références regroupées par chapitre). Le livre ne contient pas d’index, mais les pages des encadrés sont indiquées dans la Table des matières. Par contre, il n’y a pas de liste des illustrations (tableaux, graphiques, cartes, photos).

L’auteur considère son ouvrage comme un livre de culture générale sur le végétal.

Commentaires

L’écriture de l’ouvrage est fluide et le texte bien structuré. La lecture des exposés est instructive et captivante. Toutefois, la pâleur des notes infrapaginales incite à les ignorer.

Soulignons également la mise en page remarquable et le contenu didactique des nombreuses illustrations, des encadrés thématiques, et des biographies de scientifiques. À titre d’exemple :

Les lichens, p. 23-25 / La sensitive (Mimosa pudica), p. 57 / L’arabette des Dames (Arabidopsis thaliana), p. 72-73 / Le chanvre-cannabis (Cannabis sativa), p. 104-106 / Cartes mondiales des foyers d’agriculture, p. 106-109 / L’échange colombien, p. 134-138 / La maca andine (Lepidium meyenii), p. 141-142 / La patate douce (Ipomoea batatas), p. 143-146 / Norman Borlaug et la Révolution verte (blé ‘Norin 10’; Triticum aestivum), p. 153-156 / L’anthropocène, p. 174-175 / Le végétarisme, p. 196-199 / Robert Fortune et les thés de Chine [Camellia sinensis], p. 199-206 / Kathleen Drew-Baker et la culture des macroalgues (Porphyra umbilicalis), p. 206-209 / Yuan Longping et le riz hybride chinois [Oryza sativa], p. 211-214 / La cameline (Camelina sativa). P. 216-221 / Les vertus du végétal pour une bonne santé physique et mentale, p. 298-302.

Les jugements de l’auteur exprimés sur des sujets controversés reflètent le point de vue d’un généticien entrepreneur.

Références

Livre

Bonjean, Alain. – La fabuleuse histoire du monde végétal. – Paris : Les Belles Lettres, 2025. – 326 p. – ISBN 978-2-251-45755-0. – [Citations : p. 32, 304]. – BAnQ : 580.9 B7158f 2025.

Blogue

Les chroniques du végétal (Notes et réflexions d’Alain Bonjean)

Image

Patate douce à chair blanche (Ipomoea batatas, Convolvulaceae) – Photo tirée de l’album Plantes en Amérique latine et aux Antilles © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

Sur la Toile

Plantes alimentaires
Plantes traditionnelles
Albums botaniques

05 juillet 2026

Les sciences sous ma loupe / Yves Gingras


Alors que les sciences sont omniprésentes dans le monde contemporain, il importe d’avoir un esprit critique dans ce contexte. C’est le point de vue privilégié par Yves Gingras dans son nouveau livre Les sciences sous ma loupe, un recueil présentant une sélection de 70 articles (2008-2025).

Recueil

Les articles sont regroupés en cinq parties (nombre d’articles) : Sciences et méthodes (16), Sciences et société (23), Modes de production des savoirs (16), Rhétoriques de l’excellence (6) et Sciences et culture (9).

La majorité des textes sélectionnés ont été publiés dans la revue Pour la Science. Le premier article est tiré du livre Qu’est-ce que la science…pour vous? (Marc Sylberstein, dir.). Les autres textes ont été publiés dans ces journaux et périodiques : Argument, L’actualité, La Conversation, Le Devoir, Le Mouton Noir, Philo & Cie, Savoir/agir.

Les sujets abordés sont circonscrits, et les exposés sont succincts.

Aperçu

L’introduction situe l’ouvrage dans le contexte mondial techno-scientifique. Les textes de «critique de science» du recueil abordent diverses facettes de la science, y compris des polémiques, manipulations et exagérations. Notons ce commentaire perspicace en fin d’introduction : «En somme, un sain scepticisme s’impose face aux scientifiques qui, paradoxalement, sont parfois moins rationnels qu’ils ne devraient l’être quand leurs intérêts sont en jeu.»

Les textes reproduits dans la première partie précisent plusieurs notions dans un contexte scientifique, par exemple : science, connaissance, raison suffisante, observer, méthode scientifique, concept, modèle, objet, doute, empirisme, expliquer, anomalie, échec, convention, contexte de découverte et contexte de justification, science participative. Retenons la définition de la science selon l’auteur : la science, c’est «rendre raison des phénomènes par des causes naturelles».

La deuxième partie présente des controverses sociales relatives à des énoncés ou découvertes scientifiques, par exemple : prix Nobel, croyances, religions, particularismes, ressources matérielles, statistiques, données probantes, incertitudes, comité d’éthique, expert et ex-pair, judiciarisation, fraude, laboratoires gouvernementaux de recherche et de développement, politisation des vaccins, patriotisme, collaborations internationales, propagande.

La troisième partie analyse divers modes de production, de publication et de subvention des recherches scientifiques, par exemple : évaluation par les pairs, gestion des revues savantes, prépublications, analyse bibliométrique, collectivisation de la recherche, loterie pour les ressources, oligopole des grands éditeurs, science ouverte, obsession des citations, syndicalisation des postdocs, republications, coconstruction, ralentissement.

La quatrième partie cible des rhétoriques portant sur l’innovation et l’excellence, par exemple : novlangue, culte de l’innovation, loi des rendements décroissants, indice h, classements des universités.

La cinquième partie porte notamment sur des controverses sociales impliquant la science, par exemple : image de la science, sondages, manipulations, recherche scientifique en action, responsabilité scientifique, mouvement technocratique, recherche fondamentale, associations scientifiques, morale, ignorance stratégique.

La conclusion souligne l’importance d’acquérir une culture scientifique minimale. À cet égard, Yves Gingras énumère et explique six grands principes sous-tendus par ce principe fondamental : «les seules explications considérées comme scientifiques sont celles qui font intervenir des phénomènes naturels».

Le livre est complété par les remerciements de l’auteur, l’origine des textes et la table des matières.

Références

♦ Livre

Gingras, Yves. – Les sciences sous ma loupe. – Montréal : Boréal, 2026. – 340 p. – ISBN 978-2-7646-2918-5. – [Citations : p. 11, 19, 322]. – [Remarque : le renvoi indiqué à la page 129 doit se lire voir le chapitre 31]. – [Extrait et table des matières]. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 501 G4926s 2026.

♦ Auteur

Yves Gingras (biographie, professeur) – UQÀM

Image

Lever du Soleil, le 13 juin 2026 © Claude Trudel

Article connexe

Histoire des sciences au Québec

Sur la Toile

♦ Entrevues

Autour d’une œuvre / Notre invité Yves Gingras (Animation Guillaume Lamy, Savoir média, 2025, vidéo 45 min) – Yves Gingras – Autour d’une œuvre (YouTube)

Plaidoyer pour une culture scientifique critique avec Yves Gingras (Sophie-Andrée Blondin, 8 février 2026, audio 14 min, Société Radio-Canada)

Entrevue avec Yves Gingras sur "Les sciences sous ma loupe" (Jean-Paul Moreau, Unique FM, 5 avril 2026, audio 22:17 min)

♦ Compte rendu

Yves Gingras, Les Sciences sous ma loupe (William R. Shea, Revue d’histoire des sciences, 4 mai 2026, 2026/1, Tome 79, p. 176-178)

♦ Sujet / Évaluation

L’évaluation est-elle une science? (Yves Gingras, Éditions Science et bien commun, 2021)

♦ Sujet / Republication

The Curious Case of Max Planck retracted papers / When past scientific practices meet contemporary publishing norms (Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui, arXiv, 17 mai 2026, révision 20 mai 2026) – [Versions HTLM et PDF]

Why have papers by one of history’s most famous physicists been retracted? (Sam Kean, Science, 26 juin 2026)

Why did this journal retract two 1940s papers by Max Planck? (Jennifer Ouellette, Ars Technica, 28 juin 2026 )

Springer Nature a rétracté deux articles du physicien Max Planck pour de mauvaises raisons (Martin Clavey, Next, 29 juin 2026)

Quand un algorithme censure un Nobel (Mathieu Perreault, La Presse, 9 juillet 2026)