17 novembre 2017

Oser l’écriture

Le recueil compte cinq nouvelles écrites au cours des ateliers d’écriture animés par le jeune et dynamique écrivain québécois Joël Casséus:

Le legs / Marie-Noël Challan

Pourquoi retourner le sablier? / Louis-Philippe Durocher

Pwyll, le 12 avril 2532 / Emerance Gascon-Afriat

Hémisphère sud / Caroline Mangerel

Cadeau / Francine Vincent

Le lancement de ce recueil s’est déroulé le 7 septembre 2017, à la Bibliothèque Langelier, en présence de Joël Casséus, des auteurs et d’invités.

Référence

Collectif. - Oser l’écriture. - Préface par Joël Casséus. - Montréal: UNEQ et Arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (Montréal), 2017. - 112p.

Cet ouvrage a été réalisé dans le cadre d’une résidence d’écriture à la Bibliothèque Langelier (Montréal), une initiative du Conseil des arts de Montréal en partenariat avec les Bibliothèques de Montréal et l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ).

Sur la Toile

Bibliothèques de Montréal
Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ)

Entrevue avec l’écrivain Joël Casséus, en résidence à la bibliothèque Langelier jusqu’en février 2017 (19 septembre 2016)
Ateliers dans le cadre de la résidence d’écriture de Joël Casséus à la bibliothèque Langelier (15 novembre 2016)
Retour sur la résidence d’écriture de Joël Casséus à la bibliothèque Langelier (28 février 2017)

Article connexe

Un nouveau monde / Joël Casséus

10 novembre 2017

Histoire du mouvement étudiant / Arnaud Theurillat-Cloutier

PRINTEMPS DE FORCE
Une histoire engagée du mouvement étudiant au Québec (1958-2013)

L’œuvre magistrale d’Arnaud Theurillat-Cloutier est le fruit de plusieurs années de militantisme, de recherche et d’écriture. C’est un socle pour la compréhension et l’appréciation du mouvement étudiant au cours de notre histoire nationale.

La structure du volume est canonique: les préliminaires, le récit historique et les compléments. Comme il s’agit d’un livre de référence, chacune de ces parties est rigoureusement développée.

Préliminaires

Le titre capte l’attention, tout comme la photo de la page couverture. Les mots printemps et force ont une connotation polysémique. Le printemps évoque entre autres la jeunesse, le renouveau, la renaissance. Il a aussi une forte connotation politique depuis les printemps contemporains de plusieurs peuples, dont le nôtre. La force réfère entre autres à l’énergie, au courage, à la persévérance, à la détermination, à la résistance. Le titre rappelle aussi une analyse du sociologue Éric Pineault parue en 2012, Le printemps de force. Déployé lors d’une manifestation, le gigantesque carré rouge figurant sur la page couverture illustre assurément le symbole du Printemps québécois .

La quatrième de couverture esquisse le contexte, le contenu et les singularités de l’ouvrage. Une brève notice biographique de l’auteur accompagne cette présentation.

La dédicace rend hommage aux personnes de tous les temps (passé, présent, futur) défendant le droit à une éducation émancipatrice, libre et gratuite. Elle témoigne à la fois d’une conviction profonde envers l’éducation et du sens historique de l’auteur.

L’épigraphe contient une citation de Jacques Rancière tirée de La haine de la démocratie. Rappelons que le titre de ce livre a été choisi par Gabriel Nadeau-Dubois pour l’intitulé du chapitre 3 de Tenir tête.

La liste des sigles, acronymes et abréviations contient plus de 150 entrées (sept pages). Deux sigles utilisés à maintes reprises peuvent être ajoutés: CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante) et FEC (Force étudiante critique).

La ligne du temps couvre la période 1926-2016. Elle contient trois éléments graphiques: les noms des grandes associations étudiantes (rectangles en nuances de gris), les noms des partis politiques au pouvoir (Union nationale, Parti libéral du Québec, Parti québécois) et les douze grèves générales (étoiles). Un segment approprié de cette frise chronologique est repris au début de chaque chapitre. Correction: la première grève générale a été déclenchée en 1958 et non en 1957 (voir p. 37-38 et 47).

Récit historique

Les chapitres du livre sont précédés par une introduction générale et suivis d’un épilogue. Les notes sont reportées à la fin de l’ouvrage.

A) Introduction

L’introduction commence par un coup de tonnerre, un éclair de génie: UN SPECTRE HANTE LE QUÉBEC. Au figuré, comme l’indique le TLFi, le mot spectre renvoie à une image effrayante, à une peur obsessionnelle et, pour employer un synonyme et un exemple, à la hantise de la grève. Reprenons et poursuivons:

«UN SPECTRE HANTE LE QUÉBEC. L’asphalte résonne de milliers de pas. On entend au loin les échos de la révolte et de l’espoir. Le printemps étudiant de 2012 est bien fini, les cours ont repris, la routine silencieuse du capital fait son œuvre, mais l’ombre de cette grève plane encore sur la caste libérale, sur les étudiantes et les étudiants atterrés, sur celles et ceux qui espèrent un autre printemps, sur les syndicalistes envieux de la détermination étudiante. Il faudra encore une bonne décennie pour que la poussière retombe, si elle devait vraiment retomber...» (p. 19)

La rhétorique de ce paragraphe initial sur le Printemps québécois caractérise l’écriture exemplaire d’Arnaud Theurillat-Cloutier. Avec érudition et conviction, précisions et nuances, le jeune travailleur intellectuel présente une fresque historique du mouvement étudiant (origines, organisations, orientations, actions), avec ses vicissitudes, dans le contexte évolutif de la société québécoise et du monde.

Pour son contenu didactique et par sa longueur (douze pages), l’introduction mérite une attention particulière. La première partie porte sur le mouvement étudiant, la seconde sur l’interprétation de ce mouvement.

Première partie – L’auteur explique d’abord ses quatre buts: présenter un récit fidèle du mouvement étudiant dans le contexte d’une lutte pour la mémoire historique; répondre aux questions relatives au dynamisme unique du mouvement étudiant québécois; favoriser la compréhension de notre identité et de notre origine en tant que peuple combatif; mieux déceler les possibilités réelles dans les failles du présent. Cette partie initiale de l’introduction se termine par un passage saisissant sur la conception de l’histoire du jeune historien:

«L’histoire n’est ni un réservoir de recettes politiques, bonnes en tout lieu et en tout temps, ni un portrait qui devrait susciter la nostalgie, ni un enclos limitant le champ des possibles. L’histoire nourrit d’abord et avant tout le présent. Non pas qu’elle ait pour fonction de confirmer le statu quo, mais plutôt de nous rappeler que l’ordre établi n’est pas une fatalité. Elle se construit au fil des contingences et des gestes posés par des individus socialisés qui prennent en charge collectivement leur avenir. L’histoire n’est pas un livre de chevet, mais une responsabilité à assumer.» (p. 21)

L’auteur explique ensuite les raisons du succès phénoménal du mouvement étudiant. Les raisons sociologiques d’abord: la disponibilité du temps chez les étudiants, les interactions sociales favorisées par la concentration étudiante sur les campus, et des ressources financières assurées. Les raisons associatives ensuite: la fondation et le maintient d’associations locales et nationales, mais surtout les grandes associations nationales favorisant la continuité dans l’action.

Deuxième partie – Cette partie de l’introduction porte sur l’interprétation du mouvement étudiant au Québec. Elle compte trois sections: la grille d’analyse utilisée par l’auteur, l’inspiration syndicale et l’inspiration française du mouvement étudiant québécois.

La grille d’analyse repose sur deux composantes: 1° l’évolution parallèle et imbriquée du mouvement syndical et du mouvement étudiant, le dynamisme de celui-ci s’imposant depuis la décennie 1980; 2° les tendances concomitantes entre les pôles collaboratif (concertationnisme) et contestataire (syndicalisme de combat) de la lutte étudiante.

Le concertationnisme étudiant et le syndicalisme de combat étudiant font l’objet de la deuxième section. L’auteur retrace d’abord les grandes étapes du concertationnisme syndical, une idéologie de participation trouvant ses origines dans la Révolution tranquille des années 1960. Il développe ensuite les implications et caractéristiques de cette idéologie dans la perspective étudiante: l’État considéré comme le dépositaire de l’intérêt général de la société; le dialogue constant avec les autorités gouvernementales sur des enjeux strictement étudiants; l’acceptation de contributions financières aux études supérieures; le leadership reposant principalement sur les permanents des associations.

En contraste, le syndicalisme de combat est basé sur l’idéologie de la lutte des classes: l’État est au service de la classe dominante; l’établissement d’un rapport de force face à l’État et aux puissance économiques est privilégié pour satisfaire les revendications étudiantes; l’accessibilité universelle à une éducation de qualité (gratuité, bourses, institutions scolaires démocratisées) est un enjeu déterminant; la démocratie directe favorisant la participation active de tous les syndiqués étudiants est mise en place; la solidarité avec les autres protagonistes des changements sociaux est active.

La dernière section porte sur l’inspiration française. L’auteur retrace les trois phases historiques du mouvement étudiant français: les époques folklorique, corporatiste et syndicale. Celle-ci est inaugurée par l’adoption de la Charte de Grenoble (1946) qui considère l’étudiant comme étant un jeune travailleur intellectuel. Cette définition est reprise au Québec en 1961.

B) Chapitres

L’auteur raconte l’histoire du mouvement étudiant en six chapitres. Chacun de ces chapitres couvre plus ou moins une décennie de lutte étudiante:

1. - La préhistoire du mouvement étudiant (les années 1950)
2. - Participer, contester, s’organiser (1961-1973)
3. - Une ANEEQ combative (1974 à 1980)
4. - Entre la combativité et la concertation (1980 à 1989)
5. - De la confrontation à la concertation (1990 à 2001)
6. - La résistance au néolibéralisme (2001 à 2013)

Les chapitres débutent d’ailleurs par une marque temporelle: Avant les années 1960 (1), Les années 1960 (2), L’alternance entre le Parti libéral et l’Union nationale [1976] (3), À partir des années 1980 (4), Au Québec la fin des années 1980 (5), Le nouveau millénaire (6). Le nombre de pages par chapitre est variable: 7 (1), 61 (2), 33 (3), 51 (4), 65 (5) et 139 (6).

Les chapitres sont constitués de trois parties: introduction, développement et conclusion. L’introduction présente le contexte politique, économique et social de la décennie étudiée. Le développement relate d’une façon factuelle les péripéties du mouvement étudiant au cours de la période analysée. La conclusion présente une synthèse sur les enjeux et les événements impliquant le mouvement étudiant. Correction (p. 301): Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante au lieu de Coalition de l’ASSÉ élargie.

Citons trois exemples tirés d’une introduction, d’un développement et d’une conclusion:

- le contexte: «Sur une population de 5 millions d’habitants, seuls 23 000 jeunes étaient inscrits dans une université en 1962. À l’époque, l’éducation supérieure restait réservée à une petite élite, très majoritairement en provenance des classes aisées.» (introduction du chapitre 1, p. 35)

- l’événementiel: «Le syndicalisme étudiant regroupant tous les cycles postsecondaires a pris forme en novembre 1964 avec la création de l’UGEQ.» (développement du chapitre 2, p. 54)

- le bilan: «Dans le contexte des luttes altermondialistes et de la crise de légitimité de la FECQ, la tendance combative du mouvement étudiant a resurgi et s’est dotée d’une nouvelle organisation qui aura une influence déterminante sur les premières années du XXIe siècle : l’ASSÉ. […] Le succès de l'ASSÉ et de sa stratégie doit beaucoup à l'intransigeance du gouvernement libéral durant cette décennie.» (conclusion du chapitre 6, p. 390 et 393)

Plusieurs illustrations enrichissent le récit. À titre d’exemple, soulignons-en quelques-unes:

- la première de couverture du journal Le Quartier latin: «Fondation de l’UGEQ», en décembre 1964 (p. 55)
- la première de couverture du programme officiel du congrès de fondation de l’ANEEQ, le 22 mars 1975 (p. 115)
- l’occupation de l’UQÀM, le 10 mars 2005 (Photographie de Julia Posca, p. 275)
- la manifestation d’élèves du secondaire dans l’est de Montréal, le 31 mars 2005 (Photographie de David Simard, p. 277)
- l’assemblée de grève au Cégep de Saint-Laurent, le 17 février 2012 (Photographie de Jérémie Dubé-Lavigne, p. 327)
- la manifestation familiale contre la hausse des frais de scolarité, le 18 mars 2012 (Photographie de Mario Jean / MADOC, p. 333)
- la mémorable manifestation populaire de la CLASSE, le 2 juin 2012, en appui à la grève étudiante et en défiance à la loi spéciale brimant les droits de parole et d’expression. Sur cette photographie d’André Querry (p. 365b), on peut entrevoir Gabriel Nadeau-Dubois, la figure de proue du Printemps québécois.

C) Épilogue

Une rétrospective des luttes étudiantes est présentée dans la première partie de l’épilogue, depuis la journée de grève de 1968 à la grève mémorable de 2012: «La grande grève de 2012 a fait de la tendance combative le fer-de-lance d’une vaste contestation sociale.» (p. 397) Les tensions entre les deux types de syndicalisme (concertation et contestation) sont mises en évidence.

La deuxième partie est consacrée aux vicissitudes de l’ASSÉ après 2012, notamment aux événements tumultueux consécutifs à la grève de 2015. Dans ce contexte, l’auteur reste perplexe: «L’ASSÉ pourra-t-elle redevenir le véhicule des luttes et de la résistance sociales qu’elle a été durant près de 15 ans ? Au moment d’écrire ces lignes, rien n’est moins sûr.» (p. 400)

L’auteur termine son exposé en évoquant le nouveau défi du mouvement étudiant, avec les autres mouvements sociaux du Québec, quant à la nécessité d’infléchir les politiques néolibérales: «Il ne s’agit plus seulement de faire éclore le printemps, mais de savoir le faire durer.» (p. 400)

Un graphique sur l’évolution des droits de scolarité annuels au Québec et au Canada, de 1975 à 2015, est inséré à la fin de l’épilogue (p. 401). Il démontre les victoires successives du mouvement étudiant québécois par rapport aux frais de scolarité imposés aux étudiants canadiens.

Compléments

Les remerciements de l’auteur s’adressent à plusieurs de ses camarades, aux lecteurs de certains extraits du texte, aux conseils exécutifs successifs de l’Association générale étudiante de Bois-de-Boulogne (AGEBdeB), à cinq photographes et aux personnes s’étant prêtées à des entrevues.

Les 1 378 notes de l’exposé sont regroupées sur 76 pages, selon les parties du livre (introduction, chapitres respectifs, épilogue). Leur nombre et leur développement témoignent de la rigueur intellectuelle de l’auteur, d’une méthode de travail exemplaire, ainsi que de l’abondance et de la diversité des sources consultées. Correction: les onze notes inscrites sous Conclusion sont en fait celles de l’Épilogue (p. 480-481).

Les sources de l’auteur sont référencées dans ces notes, mais plusieurs de celles-ci contiennent également des remarques élaborés et complémentaires. À titre d’exemple:

- Types de syndicalisme (Introduction, note 12, p. 406)
- Liste des archives consultées (Introduction, note 14, p. 406)
- Syndicalisme étudiant et intervention administrative à l’UQÀM (Chapitre 4, note 99, p. 423-424)
- Économie du savoir (Chapitre 5, note 6, p. 430)
- Michel Freitag, Le naufrage de l’université (Chapitre 6, note 151, p. 451-452)
- Utilisation des réseaux sociaux et de la Toile par la CLASSE (Chapitre 6, note 191, p. 455)
- Syndicalisme de combat de l’ASSÉ (Chapitre 6, note 261, p. 459)
- Martine Desjardins et le front commun des associations nationales (Chapitre 6, note 365, p. 466)
- Procès impliquant Gabriel Nadeau-Dubois (Chapitre 6, note 429, p. 469-470).

Les références de la bibliographie sont regroupées sous cinq sections: Entrevues, Archives consultées, Monographies, Articles de revue ou chapitres de livre, Mémoires et thèses. Vingt-quatre des vingt-cinq entrevues ont été menées en 2012, tandis que celle de Gabriel Nadeau-Dubois s’est déroulée le 18 juin 2013. Parmi les monographies recensées, notons celles-ci:

CEQ. - L’École au service de la classe dominante. - Sainte-Foy: La Centrale, 1972.
CSN. - Ne comptons que sur nos propres moyens. - Montréal: CSN, 1971.
FTQ. - L’État, rouage de notre exploitation. - Montréal: FTQ, 1971.

Bonenfant, Maude; Glinoer, Anthony; Lapointe, Martine-Emmanuelle. - Le Printemps québécois. Une anthologie. - Montréal: Écosociété, 2013.
Boyer, Jean-Pierre et al. - À force d’imagination. Affiches et artéfacts du mouvement étudiant au Québec 1958-2013. - Montréal: Lux, 2013.
Nadeau-Dubois, Gabriel. - Tenir tête. - Montréal: Lux, 2013.
Poirier St-Pierre, Renaud; Éthier, Philippe. - De l’école à la rue. Dans les coulisses de la grève étudiante. - Montréal: Écosociété, 2013.

L’ouvrage est complété par une table des matières détaillée. Celle-ci s’ajoute ainsi aux outils de repérage déjà présentés, la ligne du temps et la liste des sigles, acronymes et abréviations.

Référence

Theurillat-Cloutier, Arnaud. - Printemps de force. Une histoire engagée du mouvement étudiant au Québec (1958-2013). - Montréal: Lux Éditeur, 2017. - 494p. - (Mémoire des Amériques). - ISBN 978-2-89596-219-9. - [Le livre est aussi disponible en version numérique]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 378.198109714 T415p 2017. - Présentations sur le site de l’éditeur: livre et bio-bibliographie de l’auteur.

Sur la Toile

Discours d'Arnaud Theurillat-Cloutier (Étudiant à l'Université de Montréal, membre du Comité du Journal de l'ASSÉ et porte parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) - Manifestation du Mouvement citoyen, le 24 septembre 2011)

Le printemps de force (Éric Pineault, Presse-toi à gauche!, 22 mai 2012)

Halloween austère: appel à une mobilisation sociale contre «l’horreur libérale» (Chronique d’Arnaud Theurillat-Cloutier, Ricochet, 29 octobre 2014)

La plus grande mobilisation sociale depuis le «printemps érable» (Chronique d’Arnaud Theurillat-Cloutier, Ricochet, 3 novembre 2014)

La lutte à l’austérité loin d’être terminée (Chronique d’Arnaud Theurillat-Cloutier, Ricochet, 30 novembre 2014)

Par-delà le Printemps érable (Michel Lapierre, Le Devoir, 29 avril 2017)

Printemps de force (Blogue de Jeanne Émard, 10 juillet 2017)

Les nouveaux habits de Gabriel Nadeau-Dubois (Alec Castonguay, L’Actualité, 8 septembre 2017) [Arnaud Theurillat-Cloutier, rédacteur de discours]

Articles connexes

Le naufrage de l’université [Michel Freitag]
Le Printemps québécois / Une anthologie [Maude Bonenfant, Anthony Glinoer et Martine-Emmanuelle Lapointe]
À force d’imagination [Jean-Pierre Boyer, Jasmin Cormier, Jean Desjardins et David Widgington]
De l’école à la rue [Renaud Poirier St-Pierre et Philippe Éthier]
Gabriel Nadeau-Dubois / Tenir tête
Analyse du livre «Tenir tête» (Gabriel Nadeau-Dubois) [Rediffusion]
Plaidoyers pour la gratuité scolaire [Gabriel Nadeau-Dubois]

03 novembre 2017

Maître Eckhart, 1260-1328 / Jean Bédard

Tu es le seul qui m’aie accompagné dans ma solitude, et tu as eu la délicatesse de me laisser cette solitude.

Personnages et époque

L’écrivain québécois Jean Bédard insère une chronologie (1200-1329) de huit pages au début de son roman. C’est l’occasion pour le lecteur de se familiariser avec les grands personnages de cette époque moyenâgeuse:

Albert le Grand, Barnabé de Cagnoli, Benoît de Côme, Béranger de Landora, Boèce de Dacie, Bruno d’Olomouc, Clément V, Conrad de Halberstadt, Duns Scot, Eckhart de Hochheim, Frédéric d’Autriche, Gonzalve de Vallebona, Guillaume de Moerbeke, Guillaume de Nidecke, Henri II de Virnebourg, Herman de Summo, Jean Ier de Zurich, Jean XXII (Jacques Duèze de Cahors), Joachim de Flore, Louis de Bavière, Marguerite de Porète, Mathieu Finstingen, Matthieu Paris, Nicolas de Strasbourg, Pierre d’Estate, Reinher Friso, Siger de Brabant, Thomas d’Aquin et Urbain IV.

Un lexique et une bibliographie sommaire complète l’ouvrage. À ce lexique, ajoutons la définition du mot «Béguine»: Femme appartenant à une communauté religieuse et suivant une règle monastique sans prononcer de vœux perpétuels (TLFi).

Préambule

Bruges, 1345 – Conrad de Halberstadt, secrétaire de Maître Eckhart, rédige un court préambule et une brève conclusion à ses notes compilées pendant une quinzaine d’années. Il cache ensuite une copie de ces documents, car il anticipe que son Général va détruire les originaux. Près de sept cents ans plus tard, le lecteur contemporain découvre avec étonnement le contenu de ces manuscrits d’une époque tourmentée.

Chapitres

Le roman compte sept chapitres aux titres révélateurs: La béguine, Le prêtre hérétique, Le défi du maître, Le legs du maître, L’enjeu du procès, L’Inquisition et La dernière marche.

1 - La béguine / Après avoir été fouettée, sur ordre de Conrad de Halberstadt, et violées par deux dominicains tortionnaires, la béguine Katrei est interrogée par Eckhart. Considérant que les femmes sont égales aux hommes, celui-ci prend la défense de la victime. Rapidement, par la suite, il est lui-même soumis à une enquête partiale en cette époque d’Inquisition.

2 - Le prêtre hérétique / Eckhart et Katrei, en route vers Cologne pour répondre à leurs accusateurs, arrêtent en chemin au moment où un prêtre dénonce les agissements des autorités seigneuriales et ecclésiastiques dont les pauvres gens sont victimes. Dans ce contexte, l’auteur relate l’opposition entre Louis de Bavière et la papauté au sujet de la primauté de l’État ou de l’Église. Les visions opposées des dominicains et des franciscain sur la foi et la science sont aussi évoquées. Enfin, le prêtre est brûlé vif à titre d’hérétique.

3 - Le défi du maître / La mission, la vie, les productions et les idées de Johannes Eckhart sont relatées successivement dans le contexte d’une rencontre de celui-ci avec son Général, d'une séance pré-inquisitoire devant l’archevêque Henri de Virnebourg et d'une rencontre entre Eckhart et Katrei. La conciliation entre la philosophie (aristotélicienne) et la théologie (catholique) développée par Thomas d’Aquin est illustrée.

4 - Le legs du maître / Au cours d’une longue discussion entre un franciscain anglais adepte de Roger Bacon et de Guillaume d’Ockham, Conrad de Halberstadt défend les thèses de son maître Eckhart. Par la suite, à Cologne, compte tenu de l’imminence du procès ordonné par l’Inquisition, le Général des dominicains nomme un successeur à Eckhart. Sur ce, celui-ci lègue à son secrétaire Conrad ses dernières pensées théologiques.

5 - L’enjeu du procès / La querelle pour la suprématie entre l’empereur et le pape est relatée. Les motivations des opposants à Eckhart sont explicitées dans ce contexte conflictuel. La seconde partie du chapitre présente des argumentations sur Dieu, la souffrance, le temps, l’espace et la joie.

6 - L’Inquisition / Le procès de l’Inquisition contre Eckhart donne lieu à des affrontements sur plusieurs thèses philosophiques et théologiques, notamment sur le platonisme et le nominalisme. Au cours de ces joutes oratoires, les enjeux de la connaissance, de l’autorité de l’Église, de l’ordre social et du statut des femmes sont mis en relief. Après cette séance, Eckhart raconte à ses proches collaborateurs son enfance et ses études dominicaines à Paris. Il souligne aussi l’importance des manuscrits ecclésiastiques pour l’avenir de l’Église. Peu de temps après et sur ordre de son supérieur, Eckhart se rétracte par intermédiaires conscrits. En vain.

7 - La dernière marche / Le recours en appel auprès du pape constitue la trame du dernier chapitre. Les péripéties du voyage jusqu’à Avignon donnent lieu à des discussions sur le mariage, les béguines, les relations entre le civil et le religieux, et le devenir de l’Église. La vie des paysans y est décrite avec moult détails. Le cardinal Fournier donne finalement audience à Eckhart. Il écoute attentivement le plaidoyer du vieillard qu’il abandonne dans une cellule inhospitalière. La lente agonie solitaire d’Eckhart se déroule ensuite dans ce contexte misérable, en l’an 1328.

Conclusion

Dans la conclusion ajoutée à ses notes, Conrad de Halberstadt raconte l’enterrement anonyme de Maître Eckhart, la propagation ultérieure des thèses du grand théologien et le rayonnement des béguinages. Dans les dernières lignes, il note sa volonté d’aller mourir à Bruges dans les bras de la béguine Katrei.

Appréciation

Les personnes appréciant l’époque moyenâgeuse et la casuistique seront comblées par la lecture de ce livre.

Référence

Bédard, Jean. - Maître Eckhart (1260-1328). - Paris: Stock, 1998. - 353p. - ISBN 978-2-234-04901-7. - [Citation, p. 323]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: C BED.

Références complémentaires

Les Bibliothèques de Montréal et la Grande Bibliothèque (BAnQ) offrent plusieurs ouvrages de Maître Eckhart traduits en français, ainsi que plusieurs autres ressources documentaires sur ce personnage. Les catalogues Nelligan et Iris donnent respectivement accès à ces documents.

Sur la Toile

Maître Eckhart (Wikipédia)

27 octobre 2017

Le cosmos de Chandra


Le livre

Dans l’introduction de son nouveau livre Chandra’s Cosmos, Wallace H. Tucker nous donne un aperçu de la contribution de l’Observatoire de rayons X Chandra à la connaissance de l’univers:

Since its launch, Chandra has given us a view of the universe that is largely hidden from telescopes sensitive only to visible light. It is a universe of violent and extreme environments, such as intense gravitational and magnetic fields around black holes, supernova shock waves, and titanic collisions between clusters of galaxies.

L’ouvrage de vulgarisation compte trois parties: The Big, The Bad, The Beautiful. La partie initiale porte notamment sur les amas de galaxies, la matière noire, l’énergie noire et les superamas de galaxies. La partie suivante traite principalement des trous noirs. La dernière partie est surtout consacrée à la vie des étoiles, y compris les phases extrêmement violentes de leur évolution, ainsi qu'au rayonnement cosmique et à la formation des éléments.

Les chapitres sont abondamment illustrés par des photos et des schémas légendés. Les 84 figures sont d’ailleurs au coeur des exposés. Ainsi, chaque composante du livre débute par une figure commentée. Citons les figures affichées sur la couverture du livre (Galaxie du Cigare ou M82, reproduite et légendée aux pages 220-221), les pages de garde (Galaxie Cygnus A, reproduite en couleurs et légendée aux pages 100-101), la page de titre du livre (Nébuleuse de la Tarentule, reproduite et légendée aux pages 234-235), les pages de titre des trois parties (Toile cosmique, Trou noir, Cassiopée A), et les pages de titre des 21 chapitres.

Les explications de l’auteur sont limpides. Les analogies sont ingénieuses. Par exemple, la comparaison entre le code-barre et le spectre électromagnétique, ou la comparaison entre la circulation automobile sur une autoroute à l’heure de pointe et une onde de choc inversée lors de l’expansion d’une supernova.

Le télescope spatial Chandra a été ainsi dénommé en hommage à Subrahmanyan Chandrasekhar (1910-1995), un astrophysicien américain d’origine indienne, prix Nobel de physique de 1983. [Voir p. 168]

L’ouvrage est complété par les références regroupées par chapitres, les remerciements, un index et les crédits iconographiques.

Un livre de référence pour les amateurs d’astronomie, d’astrophysique et de cosmologie.

Le site

Au cours de sa lecture, le lecteur a tout intérêt à consulter l’Album photo du site Chandra X-ray Center Observatory. Les couleurs des photos sont beaucoup plus vives que celles reproduites dans le livre et certaines d’entre elles sont interactives. Par exemple, la Nébuleuse de la Tarentule est ainsi présentée: image composite (page de titre du livre); en bleu, la nébuleuse détectée par le télescope Chandra (rayons X); en rouge, la nébuleuse détectée par le télescope Spitzer (infrarouge); en vert, la nébuleuse détectée par Hubble (optique).


Les fiches de l’Album photo contiennent les éléments suivants: titre, photo, sommaire, exposé, données techniques (crédit, date de publication, échelle, catégorie, coordonnées, constellation, dates et durée de l’observation, numéros d’identification, instrument, code des couleurs, distance approximative), commentaires des visiteurs.

Outre l’Album photo, le site propose plusieurs autres ressources éducatives et documentaires. Par ailleurs, des passages du livre sont extraits de chroniques du site; exemples: The Discovery of Cygnus A (p. 102-104), Stellar Evolution (p. 164).

Référence

Tucker, Wallace H. - Chandra’s Cosmos: Dark Matter, Black Holes, and Other Wonders revealed by NASA’s Premier X-Ray Observatory. - Washington: Smithsonian Books, 2017. - 266p. - ISBN 978-1-588-34587-5. - [Citation, p. 2]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 523.1 T895c et 500 T.

Images

Chandra (Chandra Images in 4K JPG Format, Photo Album) / Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (HSCA)

A New View of the Tarantula Nebula (Chandra X-ray Center Observatory) / Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (HSCA)

Sur la Toile

Cosmos (California Institute of Technology) (CIT) (Caltech)

Illustris (The Illustris project is a large cosmological simulation of galaxy formation)

Illustris TNG (The IllustrisTNG project is an ongoing series of large, cosmological magnetohydrodynamical simulations of galaxy formation)

Subrahmanyan Chandrasekhar (Wikipédia)

Articles connexes

Le spectre électromagnétique
Une histoire des découvertes scientifiques

20 octobre 2017

Le Passager / Patrick Senécal


Le trajet Drummondville-Montréal sur l’autoroute vingt mériterait de figurer en première place sur la liste des parcours les plus soporifiques de la planète: presque toujours en ligne droite, entouré de champs plats, de boisés quelconques, coupé d’une multitude de sorties menant à de petites villes sans intérêt.

La page initiale du roman est imprimée en italique. Un homme parcourt un sentier forestier à la recherche de son fils. D’abord inquiet, puis en colère, il devient subitement stupéfait. Que s’est-il donc passé pendant ce court laps de temps?

L’action commence au cégep de Drummondville. Le narrateur, Étienne, âgé de vingt-huit ans, rencontre Paul, son ancien professeur de littérature âgé d’un peu plus de soixante ans. Comme celui-ci doit prendre un congé de maladie, c’est son ancien élève qui va le remplacer pour donner le cours de littérature fantastique.

Rapidement, le lecteur fait la connaissance des parents d’Étienne. Il apprend aussi que le protagoniste vit seul depuis quelques mois, après avoir vécu pendant six ans avec sa conjointe Manon. Il demeure à Montréal, dans le quartier Rosemont, et fréquente quelques amis.

Étienne prépare fébrilement ses cours devant débuter quelques jours après sa rencontre avec Paul. Pendant cette fin de semaine préparatoire, un incident avec un enfant cycliste survient au moment où Étienne s’en va manger au restaurant.

Le premier cours se déroule bien. Après avoir soupé chez ses parents, Étienne emprunte l’autoroute pour son retour dans la métropole. La thématique de la peur et de l’horreur est de nouveau abordée par le narrateur à l’occasion d’un incident de parcours, tout particulièrement au sujet de l’enfance. Le déroulement des cours suivants est assez similaire, tandis que les rêves de l’auteur sont de plus en plus fantastiques.

Au cours d’un aller-retour Montréal-Drummondville, le narrateur prend un passager. De fil en aiguille, le lecteur anticipe la suite du récit, surtout après une révélation d’Étienne sur un événement marquant de son enfance. Mais la suite s’avère surprenante… Des liens se tissent, les contrastes s’amplifient, l’histoire se resserre. Le fantastique se développe, s’intensifie. Et le lecteur, captivé et intrigué, se dépêche de lire les pages de plus en plus vite jusqu’au dénouement.

Le roman n’est pas divisé en chapitre, mais chaque séquence est séparée par un petit losange noir. Au lecteur de découvrir et de qualifier chaque épisode.

L'auteur est passé maître dans le processus de création de la peur et de l’horreur.

Référence

Senécal, Patrick. - Le Passager. - 2e éd. (version définitive). - Lévis (Québec): Alire, 2003. - 216p. - ISBN 978-2-922-14573-1. - [Citation, p. 12].

Image

Montréal et sa région (OpenStreetMap)

14 octobre 2017

Le dragon des Amériques

La serre des plantes des régions arides du Jardin botanique de Montréal contient une collection fascinante et diversifiée d’espèces provenant d’Amérique et d’Afrique. À titre d’exemple, voyons le dragon des Amériques présenté par Valérain Mazataud dans la revue Quatre-Temps.


«Ce cactus semi-épiphyte possède deux types de racines. Les principales s’ancrent dans le sol pour alimenter la plante en eau et en nutriments. Les racines aériennes, elles, lui permettent de s’accrocher à tous les types de supports. […] Ses fruits se récoltent de juin à décembre.»


L’article présente aussi les témoignages d’un anthropologue du Guatemala, Ronaldo Lec Ajcot, et du président de l’Association des producteurs de pitaya du Nicaragua, Sebastian Tanda, sur la culture de cette plante en zone aride.

Un article fort intéressant qui m’a incité à aller observer la fructification de cette plante au Jardin botanique de Montréal.

Référence

Mazataud, Valérian. - «Le dragon des Amériques». - Dans Quatre-Temps, la revue des Amis du Jardin botanique de Montréal, Automne 2017, Vol. 41, N° 3, P. 13. - ISSN 0820-5515. - Article au format PDF.

Images

Pitaya (Night-blooming Cereus), Hylocereus undatus, Cactaceae, Origine naturelle inconnue, Jardin botanique de Montréal. - Photos / Le monde en images © Claude Trudel 2017

Sur la Toile

Quatre-temps (AJBM)
Amis du Jardin botanique de Montréal (AJBM)
Jardin botanique de Montréal (JBM)
Serre des régions arides (JBM)

Articles connexes

Botanique et horticulture / Références
Flore du Jardin botanique de Montréal (Plus de 2 600 photos)

13 octobre 2017

Fleury Mesplet, l'imprimeur des Libertés

- Le changement dérange et sème la crainte à cause de l’inconnu

Jean-Paul de Lagrave et Jacques G. Ruelland ont rédigé une biographie du premier imprimeur francophone du Québec sous forme de roman historique en 2001. Cette œuvre de fiction est basée sur la thèse de doctorat de Jean-Paul de Lagrave présentée à l’Université de Montréal en 1985.

Une Déclaration liminaire, par Fleury Mesplet (1734-1794), est affichée sur la première page du roman. On y trouve les appartenances et espoirs de son auteur: amours et amis, péripéties en France, en Angleterre, aux États-Unis d’Amérique et au Québec, postérité souhaitée.

Complété par un épilogue, le récit compte trente-sept courts chapitres. Chacun de ceux-ci débute par une citation de penseurs célèbres: Babeuf, Bayle, Beauharnais, Beccaria, Buffon, Burns, Byron, Cicéron, Condorcet, D’Alembert, D’Holbach, de Lespinasse, Diderot, Helvétius, Horace, Laclos, Locke, Mably, Marc-Antoine, Montesquieu, Morelly, Naigeon, Raynald, Sénèque, Voltaire, Wordsworth.

Le récit est mené tambour battant. Il permet au lecteur de s’imprégner des idées valorisées au siècle des Lumières, dans le contexte tumultueux de la Guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique et de la Révolution française. Les ouvrages novateurs des grands intellectuels du 18e siècle sont évoqués, notamment ceux Condorcet, Diderot et Voltaire. Plusieurs extraits d’œuvres sont même insérés dans le récit.

Le monde de l’imprimerie, aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord, est bien décrit: imprimeurs et collaborateurs, formation, presses et papiers, marchés ecclésiastiques et civils, publications, contexte politique, etc.

Dans l’ensemble, ce livre présente une fresque historique de la seconde moitié du 18e siècle, notamment au Québec, tout en mettant en jeu de fortes personnalités aux destins contrariés, contrastés et opposés. Outre Fleury Mesplet, soulignons entre autres les rôles joués par plusieurs personnages historiques (dont ses trois épouses): Pierre du Calvet, Guy Carleton (Dorchester), Benjamin Franklin, Frédéric Haldimand, Valentin Jautard, Marie de Marivaux, Henri Mézière, Étienne Mongolfier, Thomas Paine, Marie Marguerite Piérard, René-Ovide Hertel de Rouville, Marie-Anne Tison.

Le style d’écriture des auteurs rend agréable la lecture du récit, nous incitant ainsi à consulter des ouvrages historiques pour mieux connaître cette époque charnière de notre histoire nationale.

Référence

Lagrave, Jean-Paul de; Ruelland, Jacques G. - L’imprimeur des Libertés: Fleury Mesplet (1734-1794). Roman historique. - Montréal: Les Éditions du Point de Fuite, 2001. - 391p. - ISBN 978-2-89553-019-X. - [Citation, Fleury Mesplet, p. 146]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: LAG et Lagrave L178i.

Référence connexe

Lagrave, Jean-Paul de. - Fleury Mesplet, 1734-1794: diffuseur des Lumières au Québec. - Montréal: Patenaude, 1985. - xv, 501p. - ISBN 2-9800-4500-4. - [Présenté à l'origine comme thèse de doctorat de l'auteur, Université de Montréal, 1985]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 070.50924 M582l et 920.4 M582La 1985.

Sur la Toile

Fleury Mesplet (Claude Galarneau, 1980) (Dictionnaire biographique du Canada)
La Gazette littéraire (1778-1779): notre première œuvre de fiction? (Pierre Hébert et Jacques Cotnam, Voix et Images, n° 202 (1995): 294–313. - Érudit.
Fleury Mesplet, 1734-1794 (Dictionnaire des journalistes, Jean-Paul de Lagrave)

Maisonnée Mesplet-Mirabeau en 1785 (Ville de Montréal)
Montreal Gazette / La Gazette de Montréal en 1785 (Ville de Montréal)
Parc Fleury-Mesplet (Ville de Montréal)

1764 - Île de Montréal et ses environs - Un extrait de cette carte attribuée à Jacques-Nicolas Bellin figure sur la couverture de L’imprimeur des Libertés: Fleury Mesplet (1734-1794).

Encyclopédie de Diderot (1751)

08 octobre 2017

Portail des jeunes


À l’occasion de la rentrée scolaire 2017-2018, le Portail des jeunes a été enrichi et mis à jour.

Les ressources répertoriées sont regroupées par domaines d’études: Généralités, Langues, Arts et musique, Éducation physique et sports, Éthique et culture religieuse, Sciences humaines, Sciences et mathématiques.

La rubrique Généralités propose un grand nombre de sites usuels: Bibliothèques, Dictionnaires, Encyclopédies générales, Banques d’images, Devoirs et travaux scolaires.

La rubrique Langues récence des ressources linguistiques en français, en anglais et en espagnol.

La rubrique Art et musique liste plusieurs sites nationaux et internationaux dans le domaine artistique.

La rubrique Éducation physique et sports contient un site gouvernemental sur l’activité physique.

La rubrique Éthique et culture religieuse cite quelques ressources.

La rubrique Sciences humaines propose un grand nombre de sites sous les thèmes Histoire, Géographie, Cartographie, Éducation à la citoyenneté.

La rubrique Sciences et mathématiques liste un grand nombre de sites sous les thèmes Actualités, Astronomie, Biologie, Chimie, Environnement, Génie, Géologie, Mathématiques, Physique, Santé et médecine, Sciences naturelles.

La plupart des sites sélectionnés sont produits par des gouvernements (ministères, municipalités) et des organismes (agences, bibliothèques, centres de recherche, commissions scolaires, musées, universités).

Le portail est complété par la rubrique Remarques portant sur la recherche documentaire, la prudence et le droit d’auteur lors de l’utilisation de ressources offertes sur la Toile.

Sur la Toile

Portail des jeunes (Formatic 2000)

06 octobre 2017

Carte française des Indes britanniques (1838)


Dans un article paru dans la revue Carto, le spécialiste Jean-Yves Sarazin présente ainsi cette carte dressée par le colonel d’État-major Pierre Lapie et son fils, le capitaine Alexandre-Émile Lapie: «Au XIXe siècle, rares étaient les documents accessibles sur les Indes britanniques sur le marché français. Publiée en 1838, cette carte était alors la seule.»

Laissons aux historiens de la cartographie le soin d’établir les sources documentaires et la genèse de cette carte remarquable. Attardons-nous plutôt à dégager quelques caractéristiques de cette carte du sous-continent asiatique figurant dans l’Atlas universel de géographie ancienne et moderne (Pierre Lapie, Paris, 1838).

Plusieurs éléments mettent en évidence la nature prestigieuse de la carte, à commencer par son contour: un double trait noir, une large bande lignée contenant les degrés des coordonnées géographiques et une bande plus mince indiquant les sous-degrés de ces coordonnées. Le méridien d’origine est celui de Paris. La France vit alors sous la Monarchie de juillet (1830-1848), le régime qui a déclenché la conquête de l’Algérie.

Le cartouche de titre est élégant. Sous des tailles et des polices de caractères différentes, il contient le titre et le sous-titre de la carte, les noms et fonctions des cartographes, ainsi que le nom et les coordonnées de l’éditeur (ville, année, adresse). Le sous-titre met l’emphase sur la représentation complète du territoire indien. L’indication des titres militaires des cartographes donne un cachet d’autorité à la carte et souligne la validité de son contenu.

La carte affiche six échelles: myriamètres ou lieues nouvelles, lieues communes de France, lieues marines, milles anglais, milles géographiques et cos indiens. Cette diversité témoigne de la multiplicité des systèmes de mesure à cette époque, ainsi que des diverses autorités politiques sur l’espace cartographié.

Les toponymes ont des tailles et polices de caractères très variés. Ils illustrent la hiérarchie des espaces représentés (exemples): espaces nationaux (Hindoustan, Empire chinois, Empire d’Annam), régions (Bengale, Thibet du milieu, Tonkin), villes (noms en italiques), etc.

Plusieurs signes conventionnels sont utilisés, mais ils ne font pas l’objet d’une légende (exemples): relief (traits hachurés des montagnes), cours d’eau (traits continus; fleuves, rivières), basses terres (petits traits horizontaux, regroupés et légèrement distancés), rivages maritimes (minces traits horizontaux), atolls (petits ronds), établissements (cercles simples ou doubles, avec ou sans point central; villages, villes, chefs-lieux, capitales), routes (traits d’union), régions (traits pointillés colorés), etc.

L’expansion britannique sur la plus grande partie de l’Asie méridionale est un processus toujours en cours en 1838, mais d’autres pays européens possèdent tout de même des comptoirs maritimes (exemples): Pondichéry (France), Tranquebar (Danemark), Negapatam (Pays-Bas) et Goa (Portugal). Toutefois, la carte fait l’impasse sur le marquage des possessions coloniales européennes.

Cette carte a été dressée dans le contexte de la grande triangulation du territoire indien par la Grande-Bretagne, travail gigantesque d’arpentage commencé par William Lambton (1802-1823) et poursuivi ensuite par George Everest (1823-1843). Dès lors, comment expliquer le silence des Lapie, père et fils, sur la colonisation européenne dans le sous-continent asiatique? Formulons une hypothèse: face à l’hégémonie grandissante de la Grande-Bretagne, ces cartographes français ont voulu escamoter l’élimination presque complète de leur pays dans cette région du monde.

Références

Sarazin, Jean-Yves. - «De l’usage de la carte pour voyager entre le XVIe et le XIXe siècles». - Carto, le monde en cartes. - N° 29, mai-juin 2015. - ISSN 2112-6720. - P. 66-73. - Revue française disponible à la Grande Bibliothèque (BAnQ).

Lapie, Pierre (1779-1850) - Catalogue de la Bibliothèque nationale de France (BnF)

Lapie, Pierre; Lapie, Alexandre-Émile. - Atlas universel de géographie ancienne et moderne: précédé d'un abrégé de géographie physique et historique. - Paris: P-C Lehuby, 1838. - WorldCat (OCLC). - [Livre non consulté].

Schwartzberg, Joseph E., dir. - A Historical Atlas of South Asia. - 2e édition. - New-York et Oxford: Oxford University Press, 1992. - xxxix, 378p + documents mobiles (tableau, chronologie, cartes plastifiées). - ISBN 0-19-506869-6. - [Voir The Expansion of British Power, 1766-1857, p. 55-56]. - BAnQ: 911.54 H673hi 1992.

Carte

1838 - Indes britanniques - Carte de l'Inde en deça et au delà du Gange / dressée par M. Lapie, Colonel, ... et M. Lapie fils, ... | Pierre Lapie et Alexandre Émile Lapie, auteurs du texte; P. C. Lehuby, éditeur (Paris). - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

Article connexe

Atlas historique de l’Asie méridionale

30 septembre 2017

Collections de bonsaïs

Le Jardin botanique de Montréal possède plusieurs collections d’arbres miniaturisés. Certains de ces bonsaïs sont exposés en permanence dans le Jardin céleste (serre des penjings), tandis que d’autres font l’objet d’expositions temporaires. Celles-ci sont présentées pendant la saison estivale au Jardin japonais, au Jardin de Chine et à la Maison de l’arbre Frédéric-Back. Par ailleurs, une exposition annelle a lieu au cours de l’hiver dans la serre d’Accueil.


Jardin japonais / Érable trident (Trident Maple) Acer buergerianum, Sapindaceae, Arbre miniaturisé ayant 65 ans

Jardin de Chine (Cour du printemps) / Lilas des Indes (Crape Myrtle), Lagerstroemia indica, Lythraceae, Arbre miniaturisé ayant 85 ans

Serre d’Accueil / Bougainvillée glabre (Paper Flower), Bougainvillea glabra ‘Royal Purple’, Nyctaginaceae, Arbre miniaturisé ayant 25 ans

Jardin céleste (serre des penjings) / Jasmin d'hiver (Winter Jasmine), Jasminum nudiflorum ‘Nanum’, Oleaceae, Arbre miniaturisé ayant 40 ans

Maison de l'arbre Frédéric-Back (Cour des arbres miniatures nord-américains) / Aubépine du Mexique (Mexican Hawthorn), Crataegus mexicana, Rosaceae, Arbre miniaturisé ayant 35 ans

Le plus vieil arbre de ces collections est exposé dans la Cour des arbres miniatures nord-américains de la Maison de l'arbre Frédéric-Back:


Thuya occidental (Eastern White-cedar), Thuja occidentalis, Cupressaceae, Arbre miniaturisé ayant 450 ans

Références

Les Bibliothèques de Montréal et la Grande Bibliothèque (BAnQ) offrent un grand nombre d’ouvrages sur les bonsaïs.

Images

Photos prises au Jardin botanique de Montréal / Le monde en images © Claude Trudel 2017

Sur la Toile

Jardin botanique de Montréal (JBM)

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Flore du Jardin botanique de Montréal (Plus de 2 400 photos)

29 septembre 2017

Perdre le Nord / Kathy Reichs

Les morts sont impuissants, mais ceux dont on considère le décès comme pouvant résulter d’un acte répréhensible sont victimes d’un surcroît d’indignité.

Temperance Brennan, narratrice-protagoniste.

Le chapitre initial de ce polar relate la découverte d’un bébé mort par l’anthropologue judiciaire Temperance Brennan dans un logis miteux de Saint-Hyacinthe. La description des lieux est aussi méthodique que minutieuse. Les personnages concernés par l’enquête sont nombreux: des policiers de la Sûreté du Québec, plusieurs employés du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal (LSJML), un médecin et une infirmière de l’hôpital local, et la présumée mère du bébé décédé. La mise en scène du récit est donc détaillée. L’enchaînement avec le chapitre suivant est intrigant.

Le deuxième chapitre est encore plus macabre. D’autres personnages entrent en scène: le propriétaire de l’immeuble, le conjoint de la personne suspecte, une voisine et l’évocation de Kevin, le petit frère de Temperance Brennan décédé de leucémie à l’âge de trois ans. En fin de chapitre, l’arrivée impromptue d’un conducteur d’une voiture devant l’immeuble relance l’intrigue.

Passons sur le chapitre 3, bien qu’il traite de la suspecte.

Au chapitre suivant, les services gouvernementaux logés dans l’Édifice Wilfrid-Delorme sont identifiés et localisés par étage. Les quatre salles d’autopsie et leurs spécificités sont ensuite précisées. La narratrice opère dans la salle n° 4. Plusieurs autres personnages sont nommés et décrits, dont la technicienne assistante de Temperance Brennan. Diverses technologies de pointe pour pratiquer les autopsies sont présentées. Un petit indice découvert en fin de chapitre annonce un nouvel épisode.

Le chapitre 5 raconte les descriptions froides d’autopsies. Par contre, la narratrice-protagoniste évoque ses sentiments personnels à la fin du chapitre. Celui-ci, comme les précédents, se termine par le surgissement d’un nouveau fait qui sera exploré au chapitre suivant.

Laissons maintenant aux lecteurs désireux de connaître la suite du récit le soin de poursuive la lecture de cette histoire technico-policière. Pour ma part, après un quatrième meurtre anticipé et similaire aux précédents, j’ai cessé la lecture de ce livre.

Bref commentaire et question connexe. Polar d’une lecture facile, d’une banale structure narrative stéréotypée. Ce roman écrit pour un lectorat américain a-t-il été produit à l’aide d’un algorithme informatique?

Référence

Reichs, Kathy. - Perdre le Nord. - Traduit de l’américain par Viviane Mikhalkov et Dominique Haas. - Paris: Robert Laffont, 2015. - (Pocket, n° 16167). - 380p. - ISBN 978-2-266-25508-0. - [Citation, p. 14]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: C REI et 813.54 R352bone F2015.

22 septembre 2017

Anthologie de Lu Xun


Sebastian Veg a publié une nouvelle traduction des œuvres majeures du plus grand écrivain chinois de l’époque contemporaine: la Préface à mes Œuvres choisies, les recueils de nouvelles Cris et Errances, et le recueil de poèmes en prose Mauvaises herbes. Cette prestigieuse anthologie est imprimée sur papier bible.

Parmi ces chefs-d’œuvre, rappelons quelques-uns des plus emblématiques: Journal d’un fou, L’édifiante histoire d’a-Q, Vœux de bonheur, Revanche, Présenter une opinion, Un combattant comme ça.

Les annotations de Sebastian Veg accompagnant ces textes sont enrichissantes et diversifiées. Le livre débute par une note sur l’édition. La préface de Lu Xun et ses trois recueils sont suivis des notes du traducteur. En plus, les trois recueils sont suivis de notices explicatives portant sur chacune des nouvelles et chacun des poèmes en prose. L’ouvrage est complété par une postface, une bibliographie (textes, études) et un index.

Un ouvrage de référence qui sera apprécié par tous les amateurs de la littérature chinoise, en général, et du célèbre écrivain Lu Xun (1881-1936), en particulier.

Référence

Lu Xun. - Nouvelles et poèmes en prose. - Traduction, annotation et postface de Sebastian Veg. - Paris: Éditions Rue d’Ulm / École normale supérieure, 2015. - 663p. - (Versions françaises). - ISBN 978-2-728-80514-3. - BAnQ: 895.1351 L9267n 2015.

Image

Nouvelle jeunesse (Document dans le domaine public) (Charlie fong, Wikepedia Commons, 2009)

Sur la Toile

Lu Xun (Biographie) (Chine Informations)
Lu Xun (Biographie) (La nouvelle dans la littérature chinoise contemporaine)
« La véritable histoire d’AQ »: la nouvelle de Lu Xun et le film de Cen Fan (Brigitte Duzan, 2011)
Idéologie et traduction: la réception des traductions de Lu Xun en France (Fang Gao, Meta, 2014)
Lu Xun, Nouvelles et poèmes en prose, édition de Sebastian Veg (Yinde Zhang, Perspectives chinoises)

Article connexe

La véritable histoire d’Ah Q

15 septembre 2017

Le prunier de Damas au Québec

La prune de Damas aurait pu être définitivement oubliée au Québec si ce n’était de l’achat d’un domaine près de Kamouraska par l’historien Paul-Louis Martin, puis la création de la Maison de la prune au même endroit.


La professeure Colette Butet raconte l’odyssée québécoise du prunier de Damas dans le numéro courant de la revue Quatre-temps.

Le couple Paul-Louis Martin et Marie de Blois achète en 1974 un domaine pourvu d’un immense verger à Saint-André-de-Kamouraska. Avec leurs enfants, ils consultent des spécialistes de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de La Pocatière. Ensuite, ils redonnent vie au verger ancestral tout en développant un second verger. Bien plus, en 1992, ils créent la Maison de la prune où des produits du terroir sont mis en vente.

Dans une monographie, l’historien Paul-Louis Martin raconte l’introduction du prunier de Damas par Samuel de Champlain et l’implantation de cet arbre fruitier dans la vallée laurentienne, par des communautés religieuses, au cours du 17e siècle.

Au milieu du 19e siècle, Sifroy Guéret plante un verger de 1 000 pruniers à Saint-André-de-Kamouraska. Cette initiative fait des émules et un grand nombre de nouveaux vergers de pruniers sont implantés dans la région. Ainsi, en 1901, il y a près de 220 000 pruniers dans les paroisses de la Côte-du-Sud.

La production de prunes décline à partir des années 1930. L’adoption générale de la production laitière, l’avènement des chemins de fer et les importations en provenance du Sud ontarien et de la Californie expliquent ce phénomène.

Deux encadrés accompagnent l’exposé de Colette Butet. Le premier porte sur l’origine orientale du prunier de Damas, dans le contexte des Croisades. Le second présente l’environnement propice à cet arbre fruitier dans la vallée du fleuve Saint-Laurent.

L’horaire et les coordonnées du Maison de la prune, ainsi qu’une biographie sommaire, complètent cet article illustré par quelques superbes photos.

Quel plaisir de découvrir cette facette de notre histoire nationale!

Références

Butet, Colette. - «L’odyssée québécoise du prunier de Damas». - Dans Quatre-Temps, la revue des Amis du Jardin botanique de Montréal, Automne 2017, Vol. 41, N° 3, P. 52-55. - ISSN 0820-5515. – [Citation, p. 52].

Colette Butet est professeure retraitée d’histoire-géographie du Collège Marie-de-France (Montréal). Elle est bénévole à l’Herbier Marie-Victorin du Jardin botanique de Montréal.

La revue Quatre-temps peut être consultée dans les Bibliothèques de Montréal, la Grande Bibliothèque (BAnQ) et la Bibliothèque du Jardin botanique de Montréal.

Martin, Paul-Louis. - Les fruits du Québec, histoire et traditions des douceurs de la table. - Québec: Septentrion, 2002. - 219p. - ISBN 2-89448-339-2. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 634.09714 M3825f 2002.

Image

Prunier de Damas (Damson Plum Tree), Prunus domestica ssp. insititia, Rosaceae, Jardin botanique de Montréal. - Photo / Le monde en images © Claude Trudel 2017

Sur la Toile

Amis du Jardin botanique de Montréal (AJBM)
Quatre-temps (AJBM)
Jardin botanique de Montréal (JBM)
Maison de la prune (Saint-André-de-Kamouraska)

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Botanique et horticulture / Références
Flore du Jardin botanique de Montréal (Plus de 2 000 photos)

08 septembre 2017

Botanique systématique


Le fait de nommer les organismes, en particulier ceux qui ont une utilité médicale, culinaire ou pratique, ou qui sont toxiques ou dangereux, est un élément fondamental dans l’histoire de l’humanité. Les noms représentent un moyen important d’échanger les informations sur les êtres vivants et aussi de transmettre les connaissances de génération en génération. Il existe plusieurs façons de nommer les êtres vivants: par un nom commun, un nom descriptif composé de phrases ou un nom binominal.

Sous la direction de Rodolphe-Édouard Spichiger, Murielle Figeat et Daniel Jeanmonod, les Presses polytechniques et universitaires romanes (PPUR) viennent de publier la 4e édition de «la somme des enseignements universitaires dispensés par les enseignants-chercheurs des Conservatoire et Jardin botanique de la Ville de Genève».

La Botanique systématique vise un double but: 1° présenter une documentation actualisée des champignons et des plantes selon l’arbre phylogénétique des Eucaryotes; 2° décrire une sélection de 106 familles de plantes à fleurs des flores tropicales et tempérées selon une séquence basée sur la phylogénie moléculaire.

La partie préliminaire du livre contient l’avant-propos des auteurs à la 4e édition, les remerciements et la table des matières.

L’ouvrage compte deux grandes parties. La première compte quatre chapitres:

1 - Histoire de la classification botanique
2 - Espèces, spéciation et évolution de la biodiversité
3 - Flores et végétation
4 - Diversité et évolution des plantes et des champignons.

La seconde partie, constituée par le chapitre 5 (le plus considérable de l’ouvrage), porte sur les angiospermes (plantes à fleurs):

- Introduction (origines, fleur, appareil végétatif, lignées, angiospermes basales)
- Euangiospermes (Magnoliidae, Liliidae)
- Eudicotylédones (Eudicotylédones basales)
- Pentapétalées (Rosidées basales, Rosanae, Malvanae)
- Superasteridées (Préasteridées, Asteridae).

Des références bibliographiques sont insérées à la fin de chaque chapitre (p. 20, 33-34, 50-51, 92-94, 375-376). Les auteurs ont aussi puisé leur documentation dans ces ressources électroniques:

Angiosperm Phylogeny Website (APG)
Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes (CIN)
International Association for Plant Taxonomy (IAPT)
Missouri Botanical Garden (MBG)
The Plant List (TPL).

Le livre contient un grand nombre d’illustrations, dont celles-ci:

- Carte de répartition des biomes terrestres
- Photos sur les principaux types de végétation
- Arbre phylogénétique des Eucaryotes (5 tableaux)
- Diagrammes, schémas, cartes et photos des fiches signalétiques.

Les fiches signalétiques décrivant chacune des 106 familles de plantes sélectionnées sont ainsi constituées et affichées à l’intérieur d’un cadre, sur une double page:

Nom de la famille
Genres, espèces, distribution
Description de la famille (habitus, feuilles, inflorescence, fleur, fruit)
Taxonomie
Plantes (utilitaires, alimentaires, médicales)
Diagramme floral du genre
Planisphère de la distribution
Schéma et photos au microscope des parties de la plante.

L’ouvrage contient trois annexes:

- Tableau comparatif de la situation des familles dans les 5 plus grands systèmes de classification: Engler (1924), Conquist (1981), Thorne (1992), Dahgren (1989), APG III (2009)

- Clé de détermination des familles tropicales par l’observation préalable des caractères végétatifs (91 illustrations)

- Glossaire (21 pages).

Un index (29 pages) et des notices biographiques sur les auteurs complètent l’ouvrage: Rodolphe-Édouard Spichiger, Philippe Clerc, Murielle Figeat, Daniel Gautier, Daniel Jeanmonod, Pierre-André Loizeau, Yamama Naciri, Mathieu Perret et Michelle Price.

Une ressource documentaire admirable!

Histoire de la classification botanique

Voici la table des matières du premier chapitre, avec les noms des scientifiques selon les différentes étapes historiques de la classification botanique:

1 - Classification vernaculaire

2 - Prémisses de la classification (Antiquité et Moyen Âge) / Aristote, Théophraste, Pline, Dioscoride, Albertus Magnus (Albert le Grand), Abu Hanifah Ahmad Ibn Dawud Dinawari, Ibn Sina (Avicenne), Abu Muhammad Ibn Al-Baitar (Ebembitar)

3 - Premières classifications scientifiques (16e et 17e siècles) / Otto Brunfels, Luca Ghini, Jérôme Bock, Andréa Caesalpino, Johannes Bauhin, Kaspar Bauhin, John Ray, Pierre Magnol, Joseph Pitton de Tournefort

4 - Linné et l’invention de la nomenclature moderne / Carl Von Linné

5 - Classifications naturelles (fondements de la systématique moderne) / Michel Adanson, Antoine-Laurent de Jussieu, Augustin-Pyramus de Candolle, George Bentham

6 - Premières classifications évolutives / Charles Robert Darwin, Alfred Russel Wallace, Jean-Baptiste Monet (Lamark), Adolphe Théodore Brongniart, August-Wilhelm Eichler, Adolf Engler, Richard Von Wettstein, Charles E. Bessey, Hans Hallier, Alfred B. Rendle, Auguste A. Pulle, John Hutchinson

7 - Classifications contemporaines prémoléculaires / Armen Takhtajan, Arthur Conquist, George L. Stebbins, Robert F. Thorne, Rolf Dahgren

8 - Classifications phylogénétiques moléculaires / Sneath & Sokal, W. Hennig, Chase et al., Angiosperm Phylogeny Group (APG)

9 - Nomenclature botanique / Système classique de classification (emboîtement de catégories): règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre et espèce; les auteurs donnent deux exemples: les familles des Rosaceae et Solanaceae. Le taxon sert à désigner l’une ou l’autre de ces catégories, sans considération du rang.

Flores et végétations

Voici la table des matières du chapitre 3, avec l’indication des principaux types de végétation:

1 - Histoire des flores et de la végétation

2 - Diversité végétale

3 - Types de végétation (planisphère et photos en couleurs) / Forêts denses humides, Mangroves, Forêts denses sèches, Savanes et forêts claires, Steppes tropicales ou pseudo-steppes, Forêts tempérées humides sempervirentes, Végétations sclérophylles méditerranéennes, Forêts tempérées décidues, Steppes et prairies, taïga, Toundra, Déserts, Végétation de montagne.

Référence

Spichiger, Rodolphe-Édouard et al. - Botanique systématique avec une introduction aux grands groupes de champignons. - 4e édition entièrement revue et augmentée. - Lausanne: Presses polytechniques et universitaires romanes (PPUR), 2016. - x, 448p. - ISBN 978-2-88915-134-9. - [Citations, p. 15, V]. - Bibliothèque du Jardin botanique de Montréal et BAnQ: 0245 S65.1 F 2015 et 581.7 B748 2016.

Image

Gingembre-coquille (Alpinia zerumbet, Zingiberaceae)
Le monde en images © Claude Trudel 2017

La famille de cette plante est décrite aux pages 160-161 de la Botanique systématique.

Articles connexes

Botanique et horticulture / Références
Flore du Jardin botanique de Montréal (Plus de 2 000 photos)

01 septembre 2017

Prisonnier des pharaons / Harry Houdini


Le mystère attire le mystère. Depuis que mon nom est synonyme, dans le monde entier, d’artiste capable de relever les plus incroyables défis, les gens se sont mis à trouver dans mon métier l’explication à toutes les aventures et histoires étranges qui m’arrivaient du fait de mes activités et centres d’intérêt.

À la demande expresse de son éditeur, Harry Houdini a écrit un reportage quatorze ans après les faits étranges relatés dans Prisonnier des pharaons. Bien qu’étant connus des autorités égyptiennes, les événements terrifiants survenus en 1910 sont cachés pour ne pas épeurer les touristes.

En route vers l’Australie, depuis l’Angleterre, le narrateur-protagoniste décide d’effectuer un séjour privé en Égypte avec sa femme. Après avoir traversé la France et la Méditerranée, le couple arrive à Port-Saïd. Au cours de ce trajet, le prestidigitateur révèle son identité, contrevenant ainsi à son intention première de voyager incognito. Le voyage se poursuit en train jusqu’à la capitale égyptienne.

Au lendemain de leur arrivée, le couple effectue une visite enchanteresse dans le Vieux-Caire avec le guide Abdul Reis el-Drogman. Le matin suivant, le couple visite les pyramides avec leur guide local. Le soir venu, le narrateur se promène dans le pittoresque quartier arabe avec Abdul Reis. Au cours de la randonnée, un conflit surgit entre son guide et quelques badauds. Le narrateur intervient alors pour apaiser les tensions. Cet événement insolite déclenche une série de péripéties aussi dramatiques que fantastiques.

La suite de l’aventure se poursuit dans la seconde partie de cette nouvelle littéraire écrite par l’auteur américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937). Mais laissons aux lecteurs le plaisir de découvrir l’imagination furibonde du célèbre auteur de récits fantastiques, d’horreur et de science-fiction.

Références

Houdini, Harry [pseudonyme utilisé par H. P. Lovecraft]. - «Prisonnier des pharaons» (1924), dans Lovecraft, H. P. - Les montagnes hallucinés. - Traduction par David Camus. - Saint-Laurent d’Oingt (France): Les Éditions Mnémos, 2015. - 384p. - ISBN 978-2-35408-305-2. - P. 56-96. - [Citation, p. 57]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: LOV (2015) et Lovecraft L8978m (2013).

Lovecraft - Prisonnier des Pharaons (Version audio publiée le 9 août 2015, YouTube, 1:14:02)

Image

Les Pyramides de Gizeh (Égypte) - Ricardo Liberato / 19 juin 2006 (Wikimedia Commons)

Sur la Toile

Politique, pop culture, littérature, philo: la grande résurrection de Lovecraft (David Caviglioli, Le Nouvel Observateur, 21 avril 2016)

27 août 2017

Le spectre électromagnétique


Les auteures Kimberly Arcand et Megan Watzke ont publié un livre exceptionnel intitulé Lumière, le spectre visible et au-delà. L’ouvrage compte dix parties: une introduction, sept chapitres portant respectivement sur chacune des sept formes de lumière, un épilogue et des compléments.

La mise en page dégagée, l’agencement, la concision et la clarté des exposés, ainsi que la richesse documentaire fournie par les innombrables illustrations, rendent captivante la lecture de ce livre.

Sur une double page, le sommaire est présenté sur une photo d’aurore boréale prise par des astronautes à bord de la Station spatiale internationale.

L’introduction fournit les clés indispensables pour comprendre le spectre électromagnétique constitué des sept types de lumière. Pour représenter les températures et les longueurs d’onde de ces types de lumière, les auteures recourent à la métaphore d’un thermomètre. Le tableau périodique des éléments est aussi expliqué, de même que certains termes: longueur d’onde, fréquence, amplitude, oscillation. Par ailleurs, des exemples d’observatoires utilisant chaque longueur d’onde figurent sur une image: NRAO, Planck, Spitzer, Hubble, SDO, Chandra et Fermi.

Après avoir pris connaissance de ces notions de base, le lecteur peut entreprendre la lecture des sept chapitres: ondes radio, micro-ondes, infrarouges, lumière visible, ultraviolet, rayons X et rayons gamma. Ces chapitres sont ainsi structurés:

- la page de titre: introduction; fiche d’identité (thermomètre, longueur d’onde, fréquence, énergie, atteinte de la surface de la Terre, instruments scientifiques, caractéristique de l’onde étudiée);

- la rubrique La lumière du jour: introduction; exposé subdivisé en plusieurs sections;

- la rubrique Plein feu sur un scientifique (Henrich Rudolf Hertz, James Clerk Maxwell, William Herschel, Isaac Newton, Johann Ritter, Marie Curie, Henri Becquerel, Paul Villard et Ernest Rutheford);

- la rubrique D’un bout à l’autre du spectre (La vitesse de la lumière, Les fuites de la lumière, La réflexion, La réfraction, La fluorescence, Les collisions atomiques, Les décharges électriques);

- la rubrique Aux quatre coins de l’Univers (découvertes et applications humaines).

Toutes ces rubriques sont abondamment illustrées. Les images sont souvent affichées sur une pleine page ou une double page. De plus, elles sont admirablement bien légendées.

L’épilogue est constitué de la même manière que les différents chapitres. Toutefois son contenu porte sur l’ensemble des types de lumières utilisés d’une façon concomitante. Les exemples cités portent notamment sur la peinture artistique. La rubrique D’un bout à l’autre du spectre traite du phénomène des ombres.

Plusieurs capsules thématiques sont réparties dans les différentes parties de l’ouvrage: Qu’est-ce qu’une année-lumière?, Longueur d’onde vs fréquence, La fausse couleur, le Seti et le signal Wow!, Les radars, Le four à micro-ondes, Du maser au laser, Partout, des planètes, Animaux et infrarouges, Le fonctionnement de nos yeux, La photosynthèse, L’aphakie, UV-A, UV-B et UV-C, La vision à rayons X de Superman, Les rayons X venus de l’espace, Les flashs de rayons gamma terrestres, Notre terre, en rayons gamma, Capturer la lumière dans les arts, Explorer l’infiniment petit.

Les compléments proposent des outils de repérage: remerciements (AIL2015 entre autres), glossaire, crédits photographiques et index.

Quel livre formidable!

Références

Arcand, Kimberly; Watzke, Megan. - Lumière, le spectre visible et au-delà. - Paris: Éditions Place des Victoires, 2016. - 208p. - ISBN 978-2-8099-1437-5. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 535.0222 A668L 2016.

Le lecteur désirant prolonger l’exploration des divers types de lumière pourra consulter les sites des observatoires présentés sous les rubriques Aux quatre coins de l’Univers. Outre celui de l’ESO (multilingue), signalons les sites suivants:

1° ondes radio > DSN - NRAO
2° micro-ondes > ALMA - Planck
3° infrarouges > Spitzer
4° lumière visible > Hubble
5° ultraviolets > GALEX - SDO
6° rayons X > Chandra - XMM-Newton
7° rayons gamma > CGRO - Fermi - MAGIC

Le prochain Jour international de la lumière se déroulera le 16 mai 2018.

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Soleil - Sun Primer: Why NASA Scientists Observe the Sun in Different Wavelengths (Présentation mise à jour le 4 août 2017).

This collage of solar images from NASA's Solar Dynamics Observatory (SDO) shows how observations of the sun in different wavelengths helps highlight different aspects of the sun's surface and atmosphere. - Credits: NASA/SDO/Goddard Space Flight Center.

Cette image composite figure sur la page couverture et sur la première page du livre Lumière, le spectre visible et au-delà. Elle est aussi reproduite et légendée dans l’introduction, à la page onze. Sa source est indiquée à la page 198: NASA / SDO.

Sur la Toile

Astronomie et espace (Formatic 2000)

Les ressources de ce répertoire sont ainsi regroupées: Actualités, Agences (portails, sites spécialisés), Associations, Atlas du ciel, Bases de données (images, catalogues), Dictionnaires, Gratuiciels, Instituts, Observatoires, Périodiques, Planétarium, Répertoires de sites, Système solaire, Ressources générales, Références.

18 août 2017

Théories et pratiques de la pédagogie


Cet ouvrage propose une introduction générale à l’histoire de la pédagogie occidentale et présente les principales conceptions qui ont marqué l’évolution des idées et des pratiques éducatives concernant l’enseignement, l’apprentissage, l’organisation de la classe, et ce, de l’Antiquité grecque à nos jours. (Clermont Gauthier et Maurice Tardif)

La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours est un ouvrage collectif publié chez Gaëtan Morin éditeur. Comme les autres livres de cette maison d’édition, ce livre bénéficie d’une mise en page exemplaire.

Publié sous la direction des professeurs Clermont Gauthier (Université Laval) et Maurice Tardif (Université de Montréal), cet ouvrage didactique est destiné principalement aux futurs enseignants, mais aussi à toutes les personnes intéressées au domaine éducatif.

La partie initiale comprend la présentation des collaborateurs, l’avant-propos, les remerciements et la table des matières détaillée (six pages).

Le corps de l’ouvrage est divisé en trois parties:

1° les fondements historiques de la pédagogie: Grèce, Rome, Moyen Âge, Renaissance, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle;

2° les figures marquantes de la pédagogie au 20e siècle: Dewey, Montessori, Neill, Freinet, Rogers, Freire;

3° les grandes théories psychologiques et scientifiques de la pédagogie: béhaviorisme, constructivisme, cognitivisme, enseignement explicite, conclusion.

Chacune de ces trois parties débute par une introduction générale. Les chapitres qu’elles regroupent sont ainsi structurés: illustration, titre, auteur, objectifs d’apprentissage, introduction, exposé hiérarchisé (avec des notes infrapaginales), illustrations (image, tableau, figure), conclusion, résumé, questions et activités d’apprentissage. Les liens entre les divers chapitres et les trois parties sont rappelés d’une façon concise et judicieuse.

Le manuel est complété par une bibliographie, les sources iconographiques et un index.

La lecture de cette histoire de la pédagogie occidentale est passionnante. Les futur(e)s enseignant(e)s vont sans doute consulter ce livre comme un usuel pendant leur formation, puis comme un libre de référence tout au long de leur carrière.

Référence

Gauthier, Clermont; Tardi, Maurice; dir. - La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours. - 4e éd. - Montréal: Gaëtan Morin éditeur, 2017. - xiv-298p. - ISBN 978-2-89632-120-9. - [Citation, p. V]. - BAnQ: 370.1 P3711 2017.

Image

Cette peinture du siècle d’or des Pays-Bas est reproduite sur la page couverture du livre:

Source / L’école du village (Jan Steen, 1670) (Wikipedia Commons)

Analyse / L'école de l'ironie (Une salle de classe par Jan Steen) (Jean-Christophe Pucek)

13 août 2017

Montréal, la cité des cités


Le présent ouvrage vise à montrer la diversité qui caractérise Montréal, diversité qui, au fil des ans, a eu un effet structurant en fait de morphologie urbaine, à l’échelle des quartiers, si bien que certaines collectivités ont développé une image et une indenté propres, assumées par leurs résidents, reconnues socialement et, souvent, affichées publiquement. Plusieurs de ces collectivités sont associées à des territoires aux limites reconnues et reçoivent de façon officielle ou officieuses des noms évocateurs de leur identité.


Sous la direction de Juan-Luis Klein et Richard Shearmur, les Presses de l’Université du Québec viennent de publier un recueil d’essais sur plusieurs quartiers typiques de la métropole.

Un avant-propos, la table des matières détaillée, les listes des figures, des tableaux, des sigles et des acronymes, et l’introduction précèdent les douze chapitres regroupés en trois parties:

I - Les villages urbains et l’empreinte culturelle > Plateau-Mont-Royal, Village gai, Quartier chinois, Parc-Extension

II - Les quartiers ouvriers en reconstruction > Quartiers du Sud-Ouest, Mile-End, Rosemont, Petite-Patrie

III - Les projets structurants et les nouveaux enjeux > Quartier des spectacles, Quartier international, Cité du multimédia, Saint-Michel.

L’introduction présente la diversité générale de la ville de Montréal, la construction des récits urbains selon les conceptions de différents spécialistes, la localisation des quartiers traités dans le livre, une rétrospective de l’évolution sociale et économique de la métropole (industrialisation, reconstructions de l’après-guerre, reconversion; la nouvelle économie, le tournant des années 2000), la structure et le contenu de l’ouvrage. Cette longue, instructive et captivante introduction est complétée par une conclusion et une bibliographie.

Les chapitres sont constitués d’une façon similaire: titre, auteur(s), introduction, développement (en plusieurs séquences hiérarchiques et chronologiques), conclusion, bibliographie. Plusieurs illustrations accompagnent les exposés des spécialistes, dont le plan et des photos du quartier étudié.

L’ouvrage est complété par un épilogue, une bibliographie et des notices biographiques sur les quinze contributeurs.


Référence

Klein, Juan-Luis; Shearmur, Richard; dir. - Montréal: la cité des cités. - Montréal: Presses de l'Université du Québec (PUQ), 2017. - xxi-273p. - ISBN 307.336209714 M8111 2017. - [Citations: Introduction, p. 1]. - BAnQ: 307.336209714 M8111 2017. [Version numérique].

Photos

Parc des locomotives, Résidence rue William-Tremblay, Parc J.-Arthur-Champagne / Site Angus (Rosemont) © Claude Trudel 2017

03 août 2017

La Princesse de Clèves


- Croyez-vous, Madame, lui dit Monsieur de Nemours, en se jetant à ses genoux, que je n’expire pas à vos pieds de joie et de transport?

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de Lafayette (1634-1693) est l’auteure anonyme de La Princesse de Clèves. Elle a fait publier cette nouvelle en 1678, chez Claude Barbin, à Paris.

Plusieurs éditions contemporaines sont offertes au lecteur désirant approfondir sa compréhension de La Princesse de Clèves. J’ai choisi celle des Éditions Flammarion pour sa richesse documentaire et sa mise en page dégagée.

La présentation de ce chef-d’œuvre, par Jean Mesnard, aborde plusieurs thèmes au cours de soixante-deux pages:

- la justification de l’analyse de l’œuvre
- le genre de l’œuvre
- la période choisie (1558-1559)
- la vie à la cour
- les tonalités des amours
- le climat poétique
- le charme de l’œuvre.

Cette présentation est précédée d’une entrevue de neuf pages avec l’écrivaine Marie Darrieussecq. Celle-ci explique pourquoi elle aime La Princesse de Clèves. La scène de l’aveu au pavillon de Coulommiers est au cœur de ses explications.

Le dossier de quarante-cinq pages, par Jérôme Lecompte, présente et contextualise La Princesse de Clèves sous cinq volets:

1° Le roman et ses personnages au XVIIe siècle
2° L’œuvre vue par des contemporains
3° Un roman de la mondanité
4° Le modèle du roman d’analyse
5° Les adaptations cinématographiques.

Soulignons en plus deux outils de repérage proposés au lecteur pour se familiariser avec les personnages et les événements contemporains de La Princesse de Clèves: la table des personnages comptant près de deux cents entrées (seize pages) et la chronologie couvrant la vie de Madame de Lafayette (cinq pages).

Dans sa présentation, Jean Mesnard propose d’intituler ainsi les quatre parties de La Princesse de Clèves: «les amours de Mme de Valentinois, les amours de Mme de Tournon, les amours d’Anne de Boulen – ou d’Henri VIII –, les amours du vidame de Chartres».

Fort de tous ces préparatifs, commençons la lecture ou relecture de la nouvelle: La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux...

Référence

Madame de Lafayette. - La Princesse de Clèves. - Présentation, note sur l’établissement du texte, appendices, glossaire, table des personnages, chronologie, biographie, par Jean Mesnard. - Dossier et complément bibliographique, par Jérôme Lecompte. - Entrevue intitulée «Marie Darrieussecq, pourquoi aimez-vous La Princesse de Clèves?» - Paris: Flammarion, 2009. - i-x, 7-362. - (GF, n° 1425). - ISBN 978-2- 0812-2917-4. - [Citations, p. 241, 45 et 77]. - Bibliothèques de Montréal: LAF.

Les Bibliothèques de Montréal et la Grande Bibliothèque (BAnQ) offrent plusieurs autres éditions de La Princesse de Clèves. Par ailleurs, des versions numériques gratuites de cette œuvre sont disponibles sur la Toile, dont celle diffusée par la Bibliothèque électronique du Québec (BéQ).

Image

Madame de Lafayette. - La Princesse de Clèves. - Illustrations en couleurs par Serge de Solomko. - Paris: Librairie des amateurs, 1925. - Vue 223, page 207. - Source Gallica / Bibliothèque nationale de France (BnF), mise en ligne le 3 avril 2017.