23 août 2019

Classification et évolution


Cet ouvrage souhaite dresser un panorama synthétique des relations complexes existant entre la systématique, c’est-à-dire la classification des êtres vivants, et la théorie de l’évolution.

Hervé Le Guyader, professeur émérite de biologie évolutive à la Sorbonne, expose sa brillante synthèse sous quatre parties:

1. - Des premières classifications à la théorie synthétique
2. - La révolution cladiste
3. - La classification phylogénétique
4. - Les récentes remises en cause

La matière est présentée d’une façon chronologique, chaque innovation ou série d’innovations faisant l’objet d’un chapitre particulier.

Plusieurs illustrations accompagnent les explications:

- Planche d’Ulisse Aldrovandi (1603) portant sut l’idée de métamorphose
- Arbre théorique dans De l’origine des espèces (1859) par Charles Darwin
- Premier arbre du vivant (1866) par Ernst Haeckel
- Phylogénie (1960) proposée par Erik Jarvik
- Schéma de l’évolution des vertébrés (1957) par Julia Huxley
- Schéma portant les groupes taxonomiques (1966) par Willi Henning
- Arbre phylogénétique des sauropsides
- Groupe monophylétique des choanates
- Cladogramme des archosaures
- Phylogénie des amniotes
- Alignement de séquences d’ADN de 14 sites pou quatre organismes X, Y, Z, T
- Structure de l’arbre du vivant avec ses trois domaines
- Gènes orthologues et gènes paralogues
- Arbre du vivant racisé (1990) par Carl R. Woese
- Phylogénie de L’ADN mitochondrial d’ours (2000) par Gerald F. Shields et al.
- Phylogénie réalisée à partir de l’ADN nucléaire (2012) par Frank Hailer et al.
- Phylogénie réalisée à partir de l’ADN mitochondrial (2012) par Frank Hailer et al.

Encadré par une introduction et une conclusion, l’ouvrage est complété par un glossaire et une bibliographie commentée.

À titre d’exemple, la définition du mot Taxon dans le Glossaire: «Ensemble des organismes définis dans une catégorie de la classification biologique hiérarchisée (espèce, genre, famille, ordre…). Le renard roux (Vulpes vulpes) est un taxon de rang spécifique; les canidés (renards, loups, chiens, chacals, lycaons…) forment un taxon de rang familial; les carnivores (caniformes, féliformes) constituent un taxon de rang ordinal.»

Par ailleurs, les références présentées dans la Bibliographie sont ainsi regroupées: Accessibles à tous, Pour initiés, Pour spécialistes.

L’ensemble du livre est aussi intéressant qu’instructif. Une synthèse saisissante et réflexive, par exemple la dernière partie où l’on trouve les chapitres LUCA n’existe pas! et Le cas exemplaire de l’ours polaire. Deux citations tirées de cette partie intitulée à juste titre Les récentes remises en cause: Tous les génomes doivent donc être considérés comme des chimères! […] Tout est plus compliqué qu’imaginé.

Une invitation à suivre les résultats des recherches en biologie évolutive…

Référence

Le Guyader, Hervé. - Classification et évolution. - Paris: Le Pommier / Universcience, 2018. - 149p. - (Le collège, n° 28). - ISBN 987-2-7465-1611-3. - [Citations, p. 7, 139, 113 et 124]. - BAnQ: 578.012 L521c 2018.

Image

Classification phylogénétique du vivant (Spiridon Ion Cepleanu, 2011) (Wikipédia) [Fichier disponible selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Partage dans les mêmes conditions 3.0 (non transposée)]

Description: «Arbre phylogénétique hypothétique de tous les organismes vivants, construit à partir des séquences de l'acide ribonucléique ribosomique 16S. À l’origine proposé par Carl Woese (1990), enrichi par Guillaume Lecointre & Hervé Le Guyader (2006), puis par Purificación López-García & David Moreira (2008 : Tracking microbial biodiversity through molecular and genomic ecology, in:Research in Microbiology, Vol.159, No.1, January-February 2008, p.67–73, cf. doi:10.1016/j.resmic.2007.11.019), et montrant l'histoire évolutive basée sur les caractères génétiques et l'analyse cladistique des trois domaines du vivant (bactéries, archées et eucaryotes).»

Un arbre interactif des trois domaines du vivant est proposé par Damien de Vienne, chargé de recherche au CNRS: Exploring the Entire Tree of Life.

Remarque / La structure de l’arbre du vivant avec ses trois domaines [Archées, Bactéries, Eucaryotes] est présentée dans le chapitre L’arbre du vivant, dans le livre Classification et évolution, p. 90-96.

Sur la Toile

Les trois domaines du vivant (Institut français de l'Éducation)

Lifemap : l’explorateur de l’arbre du vivant (Damien de Vienne) (Planet-Vie) [Applications pour mobiles]

Universcience (Palais de la découverte et Cité des sciences et de l'industrie)

Articles connexes

Botanique systématique
Les végétaux

16 août 2019

Le premier manuel québécois de géographie (1804)


Le premier manuel québécois de géographie a été composé par François-Xavier Pigeon (1778-1838), âgé de 26 ans, enseignant au Petit Séminaire de Québec. Après plus de deux siècles, il est fort intéressant d’explorer ce livre et le monde au tournant des 18e et 19e siècles. Une méthodologie, un contenu notionnel et un monde à découvrir!

Intitulé Géographie à l'usage des écoliers du Petit Séminaire de Québec, le petit manuel compte trois parties: géographie politique, géographie sacrée et géographie ancienne. Chaque partie fait l’objet de nomenclatures plus ou moins détaillées. Les abréviations font l’objet d’une table spécifique. Le livre ne contient pas de cartes, mais des cartes connexes sont proposées ci-dessous.

Quelques éléments contextuels méritent d’être soulignés. Au début du 19e siècle, l’éducation populaire est peu répandue au Bas-Canada. Peu de temps après la Révolution française (1789-1799), les guerres napoléoniennes se déroulent en Europe. L’Arctique est encore en cours d’exploration, tandis que la région occidentale de l’Amérique du Nord est peu développée. La France cède la Louisiane aux États-Unis d’Amérique en 1803. L’Amérique latine et les Antilles sont des colonies européennes. L’intérieur du continent africain est peu connu.

AVERTISSEMENT

L’auteur justifie ainsi la publication de son petit abrégé de géographie: la difficulté d’apprendre dans de gros volumes; l’incommodité de copier des abrégés; les rythmes différents d’apprentissage dans chaque classe.

L’auteur s’est abstenu d’écrire des remarques, car il ne vise qu’un survol de la géographie, une science accessoire à un cours d’étude ordinaire. En particulier, les changements apportés par la Révolution française sont ignorés.

L’auteur précise que la géographie politique peut être observée sur les cartes à l’usage du Petit Séminaire. À titre complémentaire, l’abrégé de géographie sacrée est ajouté pour la compréhension de la Bible, alors que l’abrégé de géographie profane vise la compréhension des auteurs classiques.

GÉOGRAPHIE POLITIQUE

La géographie politique est répartie sur trois années: 1° Généralités et Amérique; 2° Europe (politique); 3° Europe (physique), Asie, Afrique, Terres polaires.

Première année

Généralités

Le manuel commence par une définition de la discipline: «La géographie est la description de la Terre.» Des termes connexes apportent des précisions: globe, pôle, eau, terre. Ces deux derniers éléments font l’objet de définitions aussi brèves. Les premières concernent l’eau: pôle, globe, eau, terre, baie, golfe, anse, fleuve, rivière, lac, détroit, confluent, embouchure, port, rade. Les secondes portent sur la terre: géographie, chronologie, topographie, continent, île, presqu’île, isthme, cap, pointe, capitale.

Les sections suivantes traitent des divisions de l’eau et de la terre. La première division contient l’énumération des mers et océans, du Nouveau Monde et de l’Ancien Monde. La division de la terre porte sur les points cardinaux et les cercles (parties, degrés, minutes). Les grands cercles sont l’Équateur, le Méridien et l’Horizon. Les petits cercles sont au nombre de quatre: deux Tropiques et deux Polaires. Ceux-ci partagent la terre en cinq zones: une Torride, deux Tempérées et deux Glaciales.
Longitude et latitude sont ensuite définies. Enfin, Les quatre parties de la Terre sont énumérées: Amérique (septentrionale et méridionale), Europe, Asie et Afrique.

Amérique

L’Amérique septentrionale est divisée en sept grandes parties: Canada, Louisiane, États-Unis, Floride, Nouveau-Mexique, Ancien Mexique, Nord-Ouest. L’Amérique méridionale est divisée en huit grandes parties: Terre ferme, Pérou, Chili, Pays des Amazones, Brésil, Guyane, Paraguay, Terre magellanique. Les divisons complémentaires ont trait à la géographie physique: îles, golfes, baies, lacs, montagnes, fleuves, caps, isthme.

Deuxième année

Après avoir établi les limites de l’Europe, les dix-sept grandes parties de ce continent sont énumérées: Angleterre, Danemark, Norvège, Suède, Russie, France, Pays-Bas, Suisse, Allemagne, Bohême, Hongrie, Pologne, Prusse, Portugal, Espagne, Italie, Turquie d’Europe.

Troisième année

Les divisons complémentaires de l’Europe ont trait à la géographie physique: îles, rivières, montagnes, isthmes, détroits, lacs, volcans, golfes.

Après avoir établi les limites de l’Asie, les six grandes parties de ce continent sont énumérées: Turquie d’Asie, Arabie, Perse, Inde, Chine, Grande Tartarie. Les divisons complémentaires ont trait à la géographie physique: îles (dont celles de l’Océanie), rivières, montagnes, isthme, golfes, lac, détroit.

Après avoir établi les limites de l’Afrique, les dix grandes parties de ce continent sont énumérées: Égypte, Barbarie, Sahara, Guinée, Nigritie, Nubie, Abyssinie, Congo, Cafrerie pure, Cafrerie mélangée. Les divisons complémentaires ont trait à la géographie physique: îles, rivières, caps, montagnes, isthme, lac, golfe.

Sans aucun détail, les Terres polaires sont ainsi subdivisées: Polaires arctiques (Spitsberg, Nouvelle-Zemble, Groenland) et Polaires antarctiques (Terre de Feu, Nouvelle-Zélande).

GÉOGRAPHIE SACRÉE

La géographie des Patriarches est suivie d’une description de la Judée. La géographie des Patriarches compte douze pays: Arménie, Médie, Asie Mineure, Canaan, Phénicie, Syrie, Mésopotamie, Assyrie, Babylonie, Élam, Égypte, Arabie. La description de la Judée porte sur les douze tribus: Ruben, Gad, Manassé, Juda, Siméon, Dan, Benjamin, Éphraïm, Manassé, Issachar, Zabulon, Nephtalie, Aser. Les pays voisins de la Judée, ainsi que l’histoire de la Terre Sainte, sont ensuite abordés brièvement.

GÉOGRAPHIE ANCIENNE

La géographie ancienne concerne l’Ancien Monde connu à l’époque gréco-romaine. L’Europe est divisée en douze parties: Îles britanniques, Espagne, Gaule, Italie, Grèce, Dace, Illyrie, Norique, Rhétie, Germanie, Sarmatie européenne et pays inconnus. Les divisons complémentaires ont trait à la géographie physique: rivières, mers, montagnes.

L’Asie est divisée en vingt-sept parties: Sarmatie asiatique, Scythie, Seres, Terres inconnues, Sines, Inde au-delà du Gange, Inde en deçà du Gange, Îles, Arabie, Bosphore, Colchide, Ibérie, Albanie, Arménie, Mésopotamie, Babylonie, Assyrie, Médie, Hircanie, Parthie, Perse, Margiane, Sogdiane, Bactriane, Arie, Asie Mineure, Syrie. Les divisons complémentaires ont trait à la géographie physique: fleuves, mers, montagnes.

L’Afrique est divisée en huit grandes parties: Égypte, Libye, Afrique propre, Numidie, Mauritanie, Afrique intérieure, Terres inconnues, Éthiopie. Les divisons complémentaires ont trait à la géographie physique: fleuves, mers, mont.

Références

Pigeon, François-Xavier. - Géographie à l'usage des écoliers du Petit Séminaire de Québec. - Québec: J. Neilson, 1804. - 28p. - BAnQ numérique.

Brosseau, Marc; Berdoulay, Vincent. - «La production des manuels québécois de géographie (1804-1960)». - Dans Brosseau, Marc; Berdoulay, Vincent. - Les manuels de géographie québécois. Images de la discipline, du pays et du monde, 1800-1960. - Québec: PUL, 2011. - xviii-170p. - (Collection Géographie). - ISBN 978-2-7637-8832-6. - BAnQ: 910.7109714 B8744m 2011.

Cartes connexes

Géographie politique

[1804] - Monde - Nouvelle mappe-monde dans laquelle on a marqué le cours apparent du soleil et son ascension dans les signes du zodiaque / Fauvet, Paris, 1804. - Gallica / Bnf.

Géographie sacrée

[Antiquité] - Terre Sainte - Carte de la Terre Sainte ou Palestine / François Lenglet Du Fresnoy, auteur; Jenvilliers; avant 1755. - Gallica / Bnf.

Géographie ancienne

[Antiquité] - Monde - Carte des principaux systèmes géographiques des Anciens à l'usage des collèges [Hésiode et Homère, Ératosthène, Strabon, Ptolémée] / H. Selves, Paris, 1831. - Gallica / Bnf.

[Antiquité] - Monde - Système géographique d'Hipparque / Pascal-François-Joseph Gosselin, 1803. - Gallica / Bnf.

[Antiquité] - Monde - Le monde connu des anciens pour l'intelligence de l'histoire ancienne de M. Rollin /, Jean-Baptiste Bourguignon d’Anville, Veuve Estienne, Paris, 1740. - Gallica / Bnf.

Sur la Toile

Pigeon, François-Xavier (Richard Chabot, Dictionnaire biographique du Canada, DBC)

Les manuels scolaires québécois (Paul Aubin, Université Laval)

09 août 2019

Des Sauvages / Samuel de Champlain

Des Sauvages is one of the most important – perhaps even the most important – books in Canadian exploration literature. It is the first of a series of books written by a person who was to have a great influence on the founding and evolution of Canada, as well as on the imagination of the Canadian people. (Charles E. Heidenreich et K. Janet Ritch)


Des Sauvages, ou, Voyage de Samuel Champlain, de Brouage, fait en la France nouvelle, l’an mil six cent trois est le premier récit de voyage en Nouvelle-France de Samuel de Champlain.

Le livre compte treize chapitres précédés par la page de titre, un extrait du privilège d’impression, une épître, un poème et la table des chapitres. En tout, quelques dizaines de pages: 8 pages pour les parties préliminaires et 72 pages pour le récit.

La page de titre (ci-dessus) contient plusieurs éléments bibliographiques: titre (et titre alternatif), auteur (nom, ville d’origine), voyage (lieu, année), sommaire (sociétés amérindiennes, découvertes dans la vallée laurentienne, découvertes en Acadie), éditeur (ville, nom, adresse), privilège royal.

Dans son épître adressée à Charles de Montmorency, amiral de France, Champlain spécifie la singularité et le but de son récit: «Monseigneur, bien que plusieurs aient écrit quelque chose du pays de Canada, je n’ai voulu pourtant m’arrêter à leur dire et [j]’ai expressément été sur les lieux pour pouvoir rendre fidèle témoignage de la vérité.»

Le récit est naturellement encadré par la traversée de l’Atlantique, tumultueuse à l’aller et paisible au retour. D’une façon chronologique, les autres chapitres relatent les observations et rencontres de Champlain au cours de ces trajets: rivière Saguenay (4), Tadoussac à Québec (5), Québec à Trois-Rivières (6), Trois-Rivières aux rapides de Lachine (7-8), rapides de Lachine à Tadoussac (9), Tadoussac à l’île Percée (10), île Percée à Tadoussac (11).

L’alliance franco-montagnaise du 27 mai fait l’objet du chapitre 2, tandis que les descriptions des sociétés amérindiennes par Champlain se retrouvent surtout dans les chapitres 2, 3, 12 et 13.

Les thèmes portant sur les Amérindiens et les explorations ont trait aux deux grandes préoccupations de Champlain: évaluer la possibilité de peupler la vallée laurentienne et cartographier les réseaux hydrographiques de la France nouvelle (en particulier à l’ouest des rapides de Lachine).

Son séjour se déroule dans un contexte propice grâce à l’alliance initiale du 27 mai favorisant la collaboration des Amérindiens pour l’exploration de la vallée laurentienne. Celle-ci se manifeste notamment par l’utilisation de canots au cours des explorations et par les informations cartographiques données à Champlain tout au long du voyage. Par ailleurs, suite à cette alliance, le peuplement français peut être envisagé dans les régions fertiles, soit depuis le site de Québec jusqu’à la plaine de Montréal.

Remarque - Les notes prises en cours de route par Champlain et sa carte dressée après son retour en France n’ont pas été retrouvées.

Références

Des Sauvages - La version numérique de l’édition originale [1603] est en libre accès sur le site Gallica / BnF, ainsi que sur plusieurs autres plateformes numériques. La réédition du livre en français moderne, par Mathieu d’Avignon, est disponible en version papier à la Grande Bibliothèque et en version numérique sur le site BAnQ numérique.

[1603] - Des Sauvages, ou, Voyage de Samuel Champlain, de Brouage, fait en la France nouvelle, l’an mil six cent trois. - Gallica / Bibliothèque nationale de France: RES-LK 12-719 Tolbiac. - [Image].

[1993] - Samuel de Champlain. - Des Sauvages. - Texte établi, présenté et annoté par Alain Beaulieu et Réal Ouellet. - Montréal: Typo, 1993. - 282p. - ISBN 978-2-8929-5082-3. - [Texte de référence conservée à la Bibliothèque John Carter Brown: JCB E603.C453d]. - [Introduction et chronologie, p. 11-79]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 971.0113 C453d et 971.0113 C453de 1993.

[2009 / 2018] - Samuel de Champlain. - Récits de voyages en Nouvelle-France, 1603-1632. - Réédition en français moderne, introduction et notes de Mathieu d’Avignon. - Québec: Les Presses de l’Université Laval, 2018. - xiv, 692p. - (À propos). - ISBN 978-2-7637-3912-0. - BAnQ: 971.0113 C453r 2018. - Bibliothèques de Montréal (en deux volumes): 971.0113 C (2009 et 2010). - [La version numérique de ce livre, en deux volumes, offerte sur le portail Bibliothèque et Archives nationales du Québec, permet en plus la recherche plein texte]. - [Recension]. - [Citation de l’épître, p. 12].

[2010] - Heidenreich, Charles E.; Ritch, K. Janet. - Samuel de Champlain before 1604. Des Sauvages and Other Documents Relating to the Period. - Montréal: McGill-Queen’s University Press, 2010. - xxii-490p. - ISBN 978-0-7735-3757-6. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 971.0113 C453s 2010. - [Citation liminaire, p. xviii].

Cette étude de la vie de Champlain, de son récit Des Sauvages [éditions de 1603 et 1604] et de documents contemporains est magistrale. L’édition critique du texte original de Des Sauvages [BnF / RES-LK 12-719 Tolbiac] est accompagnée d’une nouvelle traduction anglaise annotée: Document G, p. 232-365. Par ailleurs, la description du voyage de 1603 est détaillée et accompagnée de plusieurs cartes précisant l’itinéraire suivi par Champlain, p. 59-77. Un livre de référence incontournable pour étudier la vie et l’œuvre de Samuel de Champlain.

02 août 2019

L’évolution chez les végétaux

Un livre de référence bien conçu et fort agréable à lire : L’évolution chez les végétaux : des bactéries aux arbres et aux plantes à fleurs, par Paul Mazliak.


L’ouvrage s’adresse au « grand public » et aux étudiants des premières années des cursus de biologie, d’agronomie, de médecine, de sciences vétérinaires ou de pharmacie, aux professeurs des écoles ou aux enseignants de SVT (sciences de la vie et de la Terre).

Le prologue présente les temps géologiques, tandis que les chapitres abordent les différentes étapes de l’apparition de la vie et des plantes:

1. - L’apparition de la vie
2. - Le temps des bactéries
3. - L’apparition des protistes
4. - Le temps des algues
5. - La conquête des terres émergées
6. - Le temps des prêles et des fougères
7. - Le temps des conifères
8. - Le temps des plantes à fleurs

Tout au long de l’ouvrage, l’auteur fait preuve de rigueur scientifique en dégageant les certitudes matérielles des approximations, incertitudes et hypothèses. C’est d’ailleurs l’un des traits les plus remarquables de son exposé magistral.

La matière est présentée d’une façon hiérarchique à l’intérieur de chaque chapitre. Les nombreuses figures illustrent les descriptions et les explications. Plusieurs encadrés soulignent des aspects particuliers de la matière.

Le livre est complété par un glossaire (9 pages), une bibliographie thématique (11 pages) et un index (4 pages).

Un livre didactique remarquable (emprunté à maintes reprises par des abonnés à la Grande Bibliothèque de BAnQ).

Référence

Mazliak, Paul. - L’évolution chez les végétaux : des bactéries aux arbres et aux plantes à fleurs. - Paris: Vuibert, 2009. - viii-360p. - (Inflexions). - ISBN 978-2-7117-2076-7. - [Citation, p. 3]. - BAnQ: 581.38 M4765e 2009.

Images

Fougère arborescente, Dicksonia fibrosa, Dicksoniaceae, Originaire de la Nouvelle-Zélande, Jardin botanique de Montréal.

Pin blanc, Pinus strobus 'Minima', Pinaceae, Origine horticole, Jardin botanique de Montréal.

Rose d'Inde, Tagetes erecta 'Fireball', Asteraceae, Origine horticole, Jardin botanique de Montréal.

La Collection de Claude Trudel compte plusieurs milliers de photos prises au Jardin botanique de Montréal. Les photos originales ont une résolution de 2048 x 1152 pixels, mais elles sont aussi disponibles aux formats 320 x 180 pixels, 800 x 450 pixels, 1024 x 576 pixels et 1920 x 1080 pixels. Les photos peuvent être vues individuellement ou en diaporama. Elles peuvent aussi être envoyées au format carte postale virtuelle.

Photos © Claude Trudel

L’odyssée des plantes

Une innovante odyssée verte au Jardin botanique (Pauline Gravel, Le Devoir, 21 juin 2019)

26 juillet 2019

Le gardien de phare / Camillia Läckberg


Son cœur frétilla comme toujours quand l’île apparaissait et qu’elle voyait la petite maison et le phare, blanc et fier, dressé vers le ciel bleu. Elle était encore trop loin pour voir la couleur de la maison, mais elle se rappelait sa nuance gris clair et les menuiseries blanches. Et les roses trémières qui poussaient devant le mur le plus abrité. C’était son refuge, son paradis. Son île. Gråskär.

Un roman captivant. Un polar certes, mais aussi un roman psychosocial et fantastique.

Un roman policier

Le livre débute par une cascade de péripéties, sans lien apparent entre elles, par exemple une fuite éperdue, des funérailles et un projet de rénovation immobilier.

Première séquence (deux pages) - Le narrateur plonge le lecteur dans une scène de crime: une femme, les mains ensanglantées, fuit avec son fils vers Fjällbacka. Ils rejoignent en toute vitesse la petite île de Gråskär.

Deuxième séquence (une page) - Des funérailles se déroulent dans l’église de Fjällbacka autour d’un cercueil blanc. Une cérémonie silencieuse et douloureuse.

Troisième séquence (une page et demie) - Devant les membres du conseil municipal, le maire de Fjällbacka se félicite de la prochaine inauguration officielle de Badis, tout en ignorant son directeur financier qui cherche à attirer son attention.

Plusieurs autres péripéties se déroulent ainsi au cours du premier chapitre. Beaucoup de personnages qui tous occuperont un rôle majeur tout au long du récit.

Un roman psychosocial

La dimension psychosociale du roman est déterminante. Le narrateur décrit d’une façon exhaustive les sentiments et les passions des protagonistes, variables selon les circonstances et les actions auxquelles ils sont mêlés. Les dialogues, les discussions de groupe et les monologues sont omniprésents.

Les interactions familiales sont approfondies, à tous les niveaux: couple, parents-enfants, parenté. Ces observations sont insérées dans le récit d’une façon d’autant plus remarquable que le roman met en scène une dizaine de couples, tous différents les uns des autres. Il en est de même pour les relations professionnelles entre les personnages, en particulier pour les policiers.

Le lecteur pourra aussi apprécier la manière dont les problèmes sociaux s’insèrent naturellement dans l’histoire. Ces phénomènes contemporains ne sont pas particuliers à la Suède, mais assez répandus dans les sociétés occidentales.

Un roman fantastique

À plusieurs reprises, des personnages qualifient l’île de Gråskär d’île aux Esprits. Les chapitres du roman ne sont pas titrés, sauf ceux qui correspondent à un récit secondaire. Tous écrits en italique, ces nombreux chapitres en abyme sont intitulés Fjällbacka 1870, puis Fjällbacka 1871. N’en disons pas plus. Laissons plutôt aux Esprits le soin de se manifester en temps et lieu.

Le rythme du récit tient en haleine le lecteur tout au long du roman.

Référence

Läckberg, Camillia. - Le gardien de phare. - Traduction par Lena Grumbach. - Paris: Actes Sud, 2013. - 462p. - (Actes noirs). - ISBN 978-2-3300-1896-2. - [Citation, p. 10]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: LAC et Läckberg L141g.

Photo

Rose trémière © Claude Trudel 2018 (Le monde en images)

Sur la Toile

Camilla Läckberg (Biographie)
Camillia Läckberg (Site de l’auteure)
[Suède] - Beauté criminelle sur la Côte Ouest (Site touristique)

19 juillet 2019

Le retour du professeur de danse / Henning Mankell


[ Les ombres ne l'avaient jamais quitté. ]

Le retour du professeur de danse, un roman policier du célèbre écrivain suédois Henning Mankell (1948-2015). Les péripéties sont ainsi segmentées:

- Prologue (décembre 1945)
- Première partie / Härjedalen (octobre-novembre 1999)
- Deuxième partie / L’homme de Buenos Aires (octobre-novembre 1999)
- Troisième partie / Les cloportes (novembre 1999)
- Épilogue / Inverness (avril 2000)
- Postface / Göteborg (septembre 2000).

Ces séquences indiquent que la plus grande partie des actions se déroulent en parallèle, l’une portant sur l’assassinat d’un dénommé Herbert Martin et l’autre sur le meurtrier dénommé Fernando Hereira.

L’enquête policière est menée par Gioseppe Larsson, aidé par Stefan Lindman, un policier en congé de maladie. Parmi les personnages féminins, on retrouve deux fortes personnalités: Elsa Berggren et Veronica Morin.

Tout comme les personnages sont bien typés, les lieux sont décrits avec minutie, en particulier les bâtiments, les routes et les paysages.

Le récit se déroule dans le contexte de la persistance / renaissance du mouvement nazi en Suède, d'où de nombreux aller-retour entre la Seconde Guerre mondiale et l’actualité contemporaine.

La lecture du roman est agréable, mais plusieurs passages sont d’une violence inouïe. Par ailleurs, certains indices mis en évidence par le narrateur sont invraisemblables, tel le papier griffonné par un policier laissé à la vue des clients d’un hôtel.

Référence

Mankell, Henning. - Le retour du professeur de danse. - Paris: Seuil, 2006. - 411p. - ISBN 978-2-0205-2296-6. - [Citation, p. 19]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: MAN Hen re GC et Mankell M2789r.

Image

Photo © Claude Trudel 2019

La Collection de Claude Trudel compte plusieurs milliers de photos prises au Jardin botanique de Montréal. Les photos originales ont une résolution de 2048 x 1152 pixels, mais elles sont aussi disponibles aux formats 320 x 180 pixels, 800 x 450 pixels, 1024 x 576 pixels et 1920 x 1080 pixels. Les photos peuvent être vues individuellement ou en diaporama. Elles peuvent aussi être envoyées au format carte postale virtuelle.

Article connexe

Un loup solitaire (Henning Mankell)

10 juillet 2019

Guide de la flore urbaine / Roger Latour


Le livre de Roger Latour est à la fois un guide d’identification des plantes sauvages et un guide d’exploration de leurs habitats. Dans la riche tradition des illustrations botaniques, le livre est aussi une œuvre artistique et scientifique.

L’ouvrage est constitué d’une introduction, de trois chapitres thématiques, d’un répertoire de planches botaniques et d’annexes.

Dans son introduction, l’auteur remet d’abord en question la définition de mauvaise herbe. Ensuite, il souligne d’une façon magistrale la biodiversité végétale et l’extraordinaire adaptabilité des plantes en milieu urbain.

Exploration botanique

Ce livre est une invitation à reconsidérer les perceptions négatives des « mauvaises herbes » et des lieux « infréquentables » que sont les terrains vagues. Il est aussi une incitation à une activité saine, peu coûteuse et enrichissante : la découverte de la biodiversité urbaine.

Le premier chapitre thématique invite le lecteur à découvrir les origines des plantes urbaines dans le contexte des activités et migrations humaines, depuis le Néolithique jusqu’à nos jours. Une épopée fascinante, exemples à l’appui. L’apport de la flore indigène est aussi abordé.

Dans le chapitre suivant, l’auteur présente la mosaïque d’habitats du milieu urbain. Il s’attarde particulièrement à ces environnements et parcelles : les réseaux de chemins de fer, les terrains vagues, les bordures des trottoirs, les vieilles murailles de pierre et les ruines, les ruelles et le mobilier urbain. Tout au long de ces divers parcours, de nombreuses et superbes photographies illustrent les exposés.

Le troisième chapitre porte sur la revalorisation des terrains vagues et leur protection, en soulignant leur valeur écologique et éducative. L’auteur complète ses propos en formulant une dizaine de recommandations utiles pour l’exploration personnelle de la flore urbaine : des ressources, des précautions, des trucs et des conseils judicieux.

Catalogue des espèces

Comme ma curiosité a été récompensée par d’étonnantes découvertes, j’ai voulu partager le fruit de mes déambulations et vous inviter à explorer le proche et le familier.

Ce répertoire constitue le cœur de l’ouvrage. Il porte sur l’identification de plus de 200 espèces de plantes sauvages rencontrées à Montréal. Ces végétaux sont par ailleurs susceptibles de se retrouver dans d’autres milieux urbains similaires.

Les espèces sont présentées par famille sur des planches individuelles. Celles-ci contiennent trois parties :

1° identification : nom scientifique en latin, noms vernaculaires en français et en anglais;

2° illustration : plante entière (en général) et une ou plusieurs de ses parties (tige, branche, feuille, fleur, fruit); la feuille et la fleur peuvent être illustrées par en dessus et par en dessous; le fruit peut être illustré en entier ou en coupe;

3° spécificités : morphologie de la plante (dimensions / plante, feuille, fleur, ombelle, inflorescence, fruit, capitule), origine de la plante (indigène de notre région, Amérique du Nord hors de notre région, Amérique du Sud, Eurasie, Asie, Afrique), aspects écologiques (sources alimentaires pour les insectes, les oiseaux et d’autres animaux; toxicité du fruit ou d’une partie de la plante; pollen allergique ou allergie de contact).

À titre d’exemple : Bourse-à-pasteur / Capsella bursa-pastoris (plante entière, tige, feuille, fruit entier et coupe, graines); Millepertuis commun / Hypericum perforatum (plante entière, fleur vue par en dessus, feuille vue par en dessus et par en dessous); Renoncule rampante / Ranunculus repens (plante > 10-25 cm, feuille > 3-6 cm, fleur > 25 mm; originaire d’Eurasie; source alimentaire pour les insectes et les oiseaux).

[ J’ai utilisé cette ressource documentaire pour m’aider à identifier et différencier plusieurs espèces observées à proximité de chez moi : Alliaire officinale, Anthrisque des bois, Barbarée vulgaire, Bardane (Petite), Carotte sauvage, Cerisier de Virginie, Chénopode (blanc, simple), Diplotaxe des murs, Euphorbe réveille-matin, Fraisier, Ipomée pourpre, Linaire vulgaire, Liseron (des haies, des champs), Peuplier deltoïde, Lobélie, Lotier corniculé, Matricaire odorante, Mauve (musquée, négligée, des bois), Mélicot blanc, Millepertuis commun, Mouron des champs (Stellaire graminoïde), Moutarde des champs, Orme de Sibérie, Patience crépue, Plantain (des sables, lancéolé, majeur), Potentille (argentée, de Montpellier, dressée), Renoncule âcre (Bouton d’or), Salicaire commune, Salsifis (majeur, des prés), Silène enflée, Séneçon vulgaire, Tabouret des champs, Trèfle (alsike, rouge, blanc), Tussilage pas-d’âne [page 139], Vesce (jargeau, velue), Vinaigrier. ]

Compléments

Le guide est complété par un glossaire, une bibliographie (monographies, articles de périodiques, sites) et un index des noms latins, des synonymes et des noms communs.

Références

Latour, Roger. - Guide de la flore urbaine. - Montréal: Fides, 2009. - 304p. - ISBN 978-2-7621-2889-5. - [Citations : p. 75 et 80]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ : 581.756 L et 581.756097 L359g 2009. - Ce livre est en vente notamment à la Boutique Orchidée du Jardin botanique de Montréal, ainsi qu’à la Libraire Jasmin (station de métro Berri-UQÀM).

Blogue et microblogue de l’auteur : Flora urbana - Roger Latour.

Sites botaniques référencés dans la bibliographie du Guide de la flore urbaine :

eFlora
FloraQuebeca
Herbier du Québec (Gouvernement du Québec)
NatureServe
Plants Database (Gouvernement des États-Unis d'Amérique)
Rusticité des plantes (Gouvernement fédéral du Canada)
Urban Habitats

Image

Tussilage © Claude Trudel 2019

Tussilago farfara, Asteraceae - Plante photographiée au Jardin botanique de Montréal, parmi d’autres plantes non identifiées, dans la cour du Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal.

La Collection de Claude Trudel compte plusieurs milliers de photos prises au Jardin botanique de Montréal. Les photos originales ont une résolution de 2048 x 1152 pixels, mais elles sont aussi disponibles aux formats 320 x 180 pixels, 800 x 450 pixels, 1024 x 576 pixels et 1920 x 1080 pixels. Les photos peuvent être vues individuellement ou en diaporama. Elles peuvent aussi être envoyées au format carte postale virtuelle.

27 juin 2019

Les Brassicacées du sud du Québec


La famille des Brassicacées ou Brassicaceae Burnett est aussi connue, sinon plus, sous le nom de Crucifères. […] Rappelons que la plupart des espèces de cette famille sont difficiles à identifier et qu’il n’y a pas d’autre publication en français qui les décrivent. […] Les publications accessibles au grand public décrivent peu d’espèces et le font de manière partielle et brève. […] Le but premier de ce guide d’identification est donc d’aider les botanistes professionnels ou amateurs à les identifier correctement.

Comme le souligne ces quelques phrases de l’introduction de leur guide d’identification des Brassicacées, cette monographie d’André Sabourin, Denis Paquette et Bastien Fontaine constitue une ressource incomparable sur les quatre-vingt-sept taxons indigènes ou naturalisés de cette importante famille botanique.

S’agissant d’un livre de référence, indiquons ses diverses parties:

- les parties préliminaires du livre contiennent ces éléments: page de titre, page de la notice bibliographique, exergue, table des matières (avec les sources principales des occurrences), équipe de réalisation, remerciements, préface par Jacques Cayouette;

- le corps de l’ouvrage est constitué de l’introduction, des clés d’identification et des fiches sur les taxons;

- le guide est complété par une bibliographie, un glossaire et un index.

L’introduction est développée sur vingt-quatre pages: apport documentaire spécifique du livre, délimitation du territoire d’investigation, caractéristiques spécifiques des Brassicacées, systématique (tribus et genres, genres et taxons), esquisse phytogéographique des taxons recensés, informations sur une quarantaine de taxons utiles.

La clé d’interprétation des genres de Brassicacées est subdivisée en deux groupes (fruits longs, fruits courts). La clé d’interprétation des espèces de Brassicacées est subdivisée d’une façon similaire (fruits longs, fruits courts). Ces clés sont détaillées sur une dizaine de pages.

Les fiches sur les taxons sont présentées selon l’ordre alphabétique des taxons recensés au sud du Québec. Elles sont précédées par une description générale des éléments constitutifs de chaque fiche: genre, nomenclature latine, description, espèces voisines, habitat, répartition, notes, références, photographies (de plus d’une vingtaine de photographes), carte de répartition.

La bibliographie compte une dizaine de pages. Le glossaire contient plus de quarante définitions. L’index compte neuf pages.

En plus de son contenu exhaustif sur les Brassicacées au sud du Québec, la mise en page de ce livre de référence est exemplaire.

À titre d’exemple, j’ai utilisé ce guide pour identifier plusieurs plantes observées lors de randonnées pédestres à Montréal, dont celles-ci: Alliaire (Alliaria petiolata), Barbarée vulgaire (Barbarea vulgaris), Diplotaxe des murs (Diplotaxis muralis), Moutarde des champs (Sinapsis arvensis), et Tabouret des champs (Thlaspi arvense).

Référence

Sabourin, André; Paquette, Denis; Fontaine, Bastien. - Les Brassicacées du sud du Québec (au sud du 50e degré de latitude nord). - Préface par Jacques Cayouette. - Montréal: Carte blanche, 2017. - 234p. - ISBN 978-2-8959-0321-5. - [Citation, p. 1]. - Bibliothèque du Jardin botanique de Montréal: 0500 BRA S2.2; Bibliothèques de Montréal: 581.9714 S117b 2017; BAnQ: 583.7809714 S117b 2017.

Image

Drave de Norvège © Claude Trudel 2019, Le monde en images, CCDMD. - La fiche descriptible du taxon Draba norvegica est affichée aux pages 146-147 du guide d’identification Les Brassicacées du sud du Québec.

Autres photos de Brassicacées prises au Jardin botanique de Montréal.

La Collection de Claude Trudel compte plusieurs milliers de photos prises au Jardin botanique de Montréal. Les photos originales ont une résolution de 2048 x 1152 pixels, mais elles sont aussi disponibles aux formats 320 x 180 pixels, 800 x 450 pixels, 1024 x 576 pixels et 1920 x 1080 pixels. Les photos peuvent être vues individuellement ou en diaporama. Elles peuvent aussi être envoyées au format carte postale virtuelle.

14 juin 2019

Atlas des empires, de l’Antiquité à nos jours


L’humanité a longtemps vécu au sein d’empires. Aujourd’hui, ces formes politiques nous semblent dépassées. Pourtant, s’intéresser à ce qu’ils furent nous aide à mieux comprendre le monde actuel et à inventer notre futur. (Jane Burbank et Frederick Cooper, professeurs à l’université de New-York)

Le Groupe La Vie / Le Monde a édité un atlas remarquable, tant pour la facture des cartes que pour le contenu documentaire des articles thématiques. Plus d’une quarantaine de spécialistes ont d’ailleurs contribué aux exposés géohistoriques et géopolitiques.

L’ouvrage compte six parties: Qu’est-ce qu’un empire?, L’invention des empires, Les empires musulmans, L’Europe impériale, Les empires coloniaux, Fin ou renouveau des empires? Chaque partie débute par une introduction. Le Sommaire du périodique-livre est détaillé. Par ailleurs, une Note de l’éditeur et une Bibliographie encadrent les regroupements thématiques.

La première partie est constituée de quatre sections: des considérations approfondies sur la notion d’empire; une série de quatre présentations graphiques (Les sens de l’empire, Des empires et des lieux, Des empires à épisodes, Un nouvel ordre impérial); des entrevues avec des personnalités de cinq domaines différents (peinture, littérature, cinéma, jeux vidéo, philosophie); une fresque historique sur Le film des empires, des origines à nos jours.

La grande diversité des empires, dans le temps et dans l’espace, fait l’objet de la deuxième partie: Mésopotamie, Égypte, Rome, Perse, Alexandre, Inde, Chine, Khmers, Steppes, Sahel, Aztèques et Incas. Outre les cartes de ces empires, le plan de la ville et une carte régionale de Tenochtitlan sont présentés d’une façon exemplaire. Ces empires, dans l’introduction de cette partie, sont regroupés sous cinq types de formations impériales: Les grands royaumes régionaux, Les hégémonies régionales, Les empires commerciaux, Les empires tribaux des steppes et Les empires à prétention universelle. Outre les cartes de chaque empire analysé, trois plans urbains méritent d’être signalés: Rome, Angkor et Tenochtitlan.

La partie trois est assurément l’une des plus intéressantes puisqu’elle porte sur les empires musulmans à la croisée des continents asiatique, africain et européen. Des empires initiés notamment par les peuples arabe, berbère, perse, turc et mongol. Ces histoires impériales sont d’une extrême complexité et diversité: Omeyyades, Abbassides, Fatimides, Almoravides, Almohades, Seldjoukides, Mamelouks, Timurides, Ottomans, Séfévides et Moghols. L’Asie du Sud-Est (Indonésie) est pratiquement ignorée. Les exposés sont rendus plus limpides grâce aux nombreuses cartes historiques, en plus du plan de Bagdad, la Cité de la Paix.

La partie quatre est consacrée à l’Europe où la nostalgie de l’ancien Empire romain a perduré avec l’émergence de quelques empires plus ou moins éphémères, dont l’Empire carolingien, le Saint-Empire romain germanique, l’Empire napoléonien, l’Empire austro-hongrois, l’Empire russe et les empires allemands. Seul l’Empire byzantin a connu une très longue durée. Les développements de plusieurs de ces empires sont illustrés par de nombreuses cartes, en plus du plan de Constantinople.

La cinquième partie porte sur les empires coloniaux des puissances européennes, dont ceux-ci: Portugal, Espagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne, France et Allemagne. L’Empire du Japon est aussi considéré, mais pas celui des États-Unis d’Amérique. L’introduction souligne les caractéristiques de l’impérialisme colonial: occupation d’environ 70% des terres émergées couvrant tous les continents, soumission des peuples conquis au système dominant, creusement des inégalités économiques et aggravation des disparités régionales, flux migratoires de 125 millions de personnes (explosions démographiques successives et opposées, européenne puis africaine), effacement de nombreuses cultures et civilisations. Au cours de cette période, le racisme est institutionnalisé, avec ses conséquences déshumanisantes, meurtrières et pérennes. Un plan de la ville marchande d’Amsterdam (Pays-Bas) et plusieurs cartes sur les empires illustrent les exposés sur l’expansion coloniale européenne et japonaise.

La sixième partie traite des modalités impériales dans le monde actuel. L’introduction soulève les enjeux des marchés opaques, un marché opaque étant une «plateforme d’échange de blocs d’actions exploitée à l’extérieur des marchés officiels et de façon anonyme, où se traitent des volumes d’ordres importants, sans l’affichage du prix des transactions avant leur finalisation» (GDT). Les thématiques suivantes sont ensuite abordées: le monde unipolaire dominé par les États-Unis d’Amérique après la dislocation de l’URSS en 1991, l’interventionnisme américain tous azimuts (hégémonie du dollar et guerres commerciales), une rétrospective sur l’histoire du monde occidental (des grandes découvertes à nos jours), la résurgence de la Russie, les nouvelles routes de la soie développées par la Chine, l’influence et le nationalisme de l’Inde, les soubresauts de l’Union européenne, les monopoles américains contrôlant Internet, la concentration financière aux mains de multinationales. Par contre, les rivalités spatiales et surtout les changements climatiques, qui s’avèrent déjà déterminants pour la suite du monde, sont ignorés. Un entretien avec Catherine Clément, abordant diverses facettes de l’actualité, complète cette dernière partie: ses propos sont parfois partiaux et généralement idéalistes, voire jovialistes.

Une bibliographie est présentée en fin d’ouvrage: les références sont regroupées en fonction des six parties du livre-périodique. Enfin, des notices sur les auteurs sont insérées sur la page d’informations bibliographiques.

La lecture de cet Atlas des empires est fascinante, mais il importe de se rappeler que les points de vue exprimés sont occidentaux.

Référence

Cabé, Chantal; Lefebvre, Michel; éditeurs. - L’Atlas des empires. - Paris: La Vie / Le Monde, 2019. - 186p. - Hors-série, n° 27. - ISBN 978-2-36804-091-1 et ISSN 0151-2323. - [Citation, p. 8].

«Les dynamiques d'empire forgent notre histoire depuis plus de 6 000 ans. De l'Égypte pharaonique à la Chine impériale, de Rome et Byzance aux divers califats, des vastes espaces coloniaux européens aux géants modernes du Net et de la dominance internationale. Retour sur les ambitions, les conquêtes et les rivalités de tous ces empires que notre monde a successivement portés, démantelés et qu'il réinvente autrement aujourd'hui. Une épopée impériale des sociétés humaines racontée par les meilleurs spécialistes dans une nouvelle édition entièrement actualisée de cet ouvrage de référence aux textes pédagogiques et aux 200 cartes originales.»

Image

1892 - Empire ottoman - Carte générale des provinces européennes et asiatiques de l'Empire Ottoman (sans l'Arabie), dressée par Henrich Kiepert (Berlin). - Document mis en ligne le 10 juin 2019. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

Carte supplémentaire

1893 - Empire ottoman - Carte ecclésiastique de l'Empire Ottoman d'après les Missiones Catholicae, dessinée et gravée par R. Hausermann (Paris). - Document mis en ligne le 10 juin 2019. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

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Cartographes de l’Empire britannique
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Atlas de l’empire américain

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Anciennes cartes géographiques
Cartes commentées

07 juin 2019

L’Hôte secret / Joseph Conrad

Il considéra attentivement la carte, comme s’il examinait, de très haut, chances et distances, et s’il suivait des yeux sa propre silhouette avançant sur l’espace blanc qui représentait la Cochinchine, puis dépassant cette feuille de papier et se perdant dans les régions inconnues de la carte.


Dans leur collection Folioplus classiques 20e siècle, les Éditions Gallimard ont publié une édition enrichie de la célèbre nouvelle L’Hôte secret (1912) de Joseph Conrad (1857-1924). La mise en page de l’ouvrage est exemplaire.

Le texte intégral de la nouvelle compte quatre-vingts notes infrapaginales. Un grand nombre d’entre elles ont trait à des termes marins: abatée, amure, artimon, balancine, bitte, bossoir, cambuse, claire-voie, coupée, dunette, écoute, erre, gaillard, gréement, hauban, hunier, lisse, misaine, passavant, ri, sabord, soute, timonier, vergue, etc.

Le dossier, aux multiples auteurs, est constitué de plusieurs éléments:

- analyse du tableau Wapping (1860-1864) peint par James Abbott McNeil Whistler (1834-1903);

- considérations sur le genre littéraire de la nouvelle;

- Conrad et le récit de mer;

- groupement de textes thématique (Moi et l’autre): Herman Melville, Philippe Claudel, Didier van Cauwelaert, Robert Louis Stevenson, Guy de Maupassant;

- groupement de textes stylistique (Les mots de la mer): Edgar Allan Poe, Virginia Woolf, Arthur Rimbaud, Marguerite Duras, Marie Darrieussecq, Victor Hugo, Lautréamont;

- chronologie en trois séquences, avec des encadrés: enfance polonaise (1857-1874), marin confirmé (1875-1893), écrivain anglais (1894-1924);

- éléments pour une fiche de lecture.

Un excellent guide pédagogique destiné aux élèves du secondaire, mais susceptible d’intéresser tout lecteur de nouvelles littéraires.

Référence

Conrad, Joseph. - L’Hôte secret. Un épisode de la côte. - Traduit de l’anglais par Gérard Jean-Aubry (traduction relue par Dominique Goy-Blanquet). - Dossier et notes réalisés par Marianne et Stéphane Chomienne. - Lecture d’image par Alain Jaubert. - Paris: Gallimard, 2008. - 143p. - (Folioplus classiques 20e siècle, n° 135). - ISBN 987-2-07-035672-0. - [Citation, p. 56]. - BAnQ: Conrad C7543h.

Carte

1911 - Golfe de Siam [encart] - Indochine, Carte dressée et publiée par le Service géographique de l'Indochine / Indochine française, Service géographique (Hanoï) - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

Sur la Toile

The Secret Sharer by Joseph Conrad (Free Barron's Booknotes)

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Dictionnaire de la mer

31 mai 2019

Mystères à l’école / nouvelles jeunesse


Un recueil de quinze nouvelles destinées aux jeunes du secondaire.

Richard Migneault, directeur de publication, présente ainsi cette anthologie: «Je vous lance le défi, en vous offrant ces courtes histoires, de goûter au plaisir de lire des nouvelles. Pas celles qu’on peut lire dans le journal ou dont on prend connaissance à la télévision, à la radio ou sur Internet. Non. La nouvelle, ce genre littéraire méconnu.»

Le livre vise donc un double but: répondre au goût de lecture des jeunes et faire découvrir la nouvelle, un genre littéraire particulier. Celui-ci est d’ailleurs brièvement décrit dans la suite de l’Avant-propos.

Quinze nouvelles par quinze auteurs: Chantal Beauregard, Geneviève Blouin, Simon Boulerice, Laurent Chabin, Evelyne Gauthier, Karine Lambert, Martine Latulippe, André Marois, Richard Migneault, Suzanne Myre, Julie Rivard, Sonia Sarfati, Robert Soulières, Chloé Varin et Pierre-Yves Villeneuve.

Je me suis empressé de lire la nouvelle de Robert Soulières: On sort Carignan! (d’après un fait vécu arrangé avec le gars des vues), p. 203-219. Sujet d’actualité à l’école, péripéties réalistes et rocambolesques, personnages typés et crédibles, dialogues incisifs dans un langage oral populaire. Une citation: «Les squelettes des trois fins finauds ont la chair de poule et tremblent de partout. On entend leurs os s’entrechoquer.»

Je laisse au lecteur le soin de lire les autres nouvelles.

Les remerciements de Richard Migneault, insérés à la fin du livre, méritent aussi d’être lus. Des témoignages de reconnaissance envers les personnes qui l’ont formé comme lecteur, notamment le personnel de la Bibliothèque Georges-Vanier, rue Workham, dans la Petite-Bourgogne, trois fameux auteurs (Hergé, Jules Vernes, Ian Fleming), son enseignant de français de dixième année au Collège Saint-Henri et, lorsqu’il étudiait au Cégep du Vieux-Montréal, le célèbre libraire Henri Tranquille (1916-2005). Enfin, les derniers mots sont adressés aux jeunes lecteurs du recueil.

En plus des histoires, les jeunes lecteurs vont aimer aussi la mise en page et le poids plume du volume.

Référence

Migneault, Richard, dir. - Mystères à l’école. Nouvelles. - Montréal: Druide, 2018. - 270p. - (Grimoires). - ISBN 978-2-89711-450-3. - [Citation liminaire, Avant-propos, p. 11]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: Roman jeune et 843.0108092 M9987 2018.

Image

Photo © Claude Trudel 2018

Maintenant, Gabrielle aperçoit l’affreux bâtiment de briques brunes depuis la fenêtre de sa chambre. (Geneviève Blouin, Dans les entrailles du dragon de briques, p. 34)

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Nouvelles | Crimes à la librairie

24 mai 2019

Les tulipes en vedette

La grande et splendide exposition des tulipes est en cours au Jardin botanique de Montréal. Cette année, quatre nouveaux cultivars sont à l’honneur:

1a / Tulipe triomphe, Tulipa ‘Darwin Hybrid Mixture’ dans les platebandes de l’accueil (sur la rue Sherbrooke)


1b / Tulipe triomphe, Tulipa ‘Darwin Hybrid Mixture’ dans les platebandes de l’accueil (sur la rue Sherbrooke)


2a / Tulipe hybride de Darwin, Tulipa ‘Blushing Purple’ dans les Jardins d’accueil


2b / Tulipe hybride de Darwin, Tulipa ‘Blushing Purple’ dans les Jardins d’accueil


2c / Tulipe hybride de Darwin, Tulipa ‘Blushing Purple’ dans les Jardins d’accueil


3 / Tulipe triomphe, Tulipa ‘Lalibela’ dans le Jardin de la paix (adjacent au restaurant)


4 / Tulipe hybride de Darwin, Tulipa ‘Match’ dans le Jardin de la paix (adjacent au restaurant)


Au total, plus de 80 000 plants de tulipes sont exposés.

L’accès aux Jardins d’accueil et au Jardin de la paix est gratuit.

Bonne visite au Jardin botanique de Montréal !

Images

Photos © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

La Collection de Claude Trudel compte plusieurs milliers de photos prises au Jardin botanique de Montréal. Les photos originales ont une résolution de 2048 x 1152 pixels, mais elles sont aussi disponibles aux formats 320 x 180 pixels, 800 x 450 pixels, 1024 x 576 pixels et 1920 x 1080 pixels. Les photos peuvent être vues individuellement ou en diaporama. Elles peuvent aussi être envoyées au format carte postale virtuelle.

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Beauté et diversité des tulipes

17 mai 2019

La structure des plantes


L’ouvrage Structure des plantes des auteurs Bryan G. Bowes (Université de Galsgow) et James D. Mauseth (Université du Texas) s’adresse aux étudiants, enseignants et chercheurs, ainsi qu’aux artistes et simples amateurs d’histoire naturelle.

L’ouvrage est ainsi organisé:

1° préliminaires: Préface, Abréviations, Remerciements, Dédicaces, Auteurs;
2° matière (huit chapitres): Introduction, La cellule végétale, Histologie végétale, Méristèmes apicaux (genèse de la tige et de la racine primaires), La feuille, La tige, La racine, La reproduction végétale;
3° compléments: Bibliographie, Glossaire, Index.

L’introduction présente le contenu du livre tout en illustrant la méthodologie des auteurs. Comme les autres chapitres, le chapitre initial compte deux parties: l’exposé des notions suivi des images.

Ce premier chapitre est subdivisé en six sections: Les différentes plantes terrestres, Transpiration et translocation chez les plantes vasculaires, Morphologie générale des Angiospermes, Anatomie vasculaire des Angiospermes, reproduction et caractères floraux des Angiospermes, Thématique de l’ouvrage. La seconde partie compte 46 images légendées (photos, coupes, schémas), toutes les notions présentées dans la partie initiale étant illustrées.

Exemples

Le livre compte 580 illustrations légendées (photos, coupes, schémas). À titre d’exemple, des photographies similaires à celles figurant dans chacun des chapitres avec un aperçu de leur légende respective inscrite sous les photos numérotées. Ces photos ont été prises au Jardin botanique de Montréal.

1 / Introduction


Sorbier des oiseaux, Sorbus aucuparia, Rosaceae / Feuille composée [Voir l'illustration n° 29].

2 / La cellule végétale


Marronnier, Aesculus hippocastanum, Hippocastanaceae / Les couleurs allant du jaune à l’orangé sont dues à l’accumulation de caroténoïdes dans leurs chloroplastes dégénérés [Voir l'illustration n° 91].

3 / Histologie végétale


Alchémille jaune vert, Alchemilla xanthochlora, Rosaceae / L’eau est excrétée par de nombreux hydathodes situés sur le bord des feuilles [Voir l'illustration n° 158].

4 / Méristèmes apicaux


Ananas, Ananas comosus ‘Variegatus’, Bromeliaceae / Le fruit porte à son sommet une touffe de feuilles végétatives [Voir l'illustration n° 244].

5 / La feuille


Victoria, Victoria 'Longwood Hybrid' (Victoria amazonica x Victoria cruziana), Nymphaeaceae / Les grandes feuilles flottantes sont reliées par de longs pétioles aux racines implantées dans le sol [Voir l'illustration n° 261].

6 / La tige


Pitaya, Echinocereus enneacanthus, Cactaceae / Un bourgeon floral (dans le cercle blanc) est en train d’émerger d’une pousse [Voir l'illustration n° 364].

7 / La racine


Figuier, Ficus virgata, Moraceae / Les racines adventices naissent sur les branches [Voir l'illustration n° 410, Figuier des banians, Ficus benghalensis].

8 / La reproduction végétale


Hibiscus musqué, Hibiscus moscheutos ‘Pink Elephant’, Malvaceae / Fleur montrant le tube staminal, les nombreuses anthères et les cinq stigmates renflés à l’extrémité du style [Voir l'illustration n° 518].

Ces quelques photos montrent un tant soit peu la richesse et la diversité des photos illustrant les notions botaniques abordées et décrites dans le livre. Par ailleurs, les nombreuses coupes sont saisissantes et les schémas sont tout aussi didactiques.

Référence

Bowes, Bryan G.; Mauseth, James D. - Structure des plantes. - 2e éd. - Traduction française de Mickaël Legrand. - Versailles (France): Quae, 2012. - 288p. - ISBN 978-2-7592-1688-8. - BAnQ: 571.32 B7868s 2012.

Images

Première photo - Maïs à farine et à ensilage, Zea mays ssp. mays gr. Indentata ‘Bloody Butcher’, Poaceae / Système racinaire comprenant un très grand nombre de racines adventives qui naissent sur les nœuds situés à la base de la tige.

Photos © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

La Collection de Claude Trudel compte plusieurs milliers de photos prises au Jardin botanique de Montréal. Les photos originales ont une résolution de 2048 x 1152 pixels, mais elles sont aussi disponibles aux formats 320 x 180 pixels, 800 x 450 pixels, 1024 x 576 pixels et 1920 x 1080 pixels. Les photos peuvent être vues individuellement ou en diaporama. Elles peuvent aussi être envoyées au format carte postale virtuelle.

11 mai 2019

Méthodologie philosophique


Le titre même de l’ouvrage des professeurs Philippe Choulet, Dominique Floscheid et Jean-Jacques Wunenburger laisse entrevoir un ouvrage bien structuré. Et c’est assurément le cas.

Plan

- Les préliminaires: Sommaire, Avertissement, Mode d’emploi;

- la matière: Les textes philosophiques, La dissertation philosophique, Autres exercices;

- les compléments: Instruments de travail, Table des matières.

Avertissement

L’avertissement compte quatre sections. La première porte sur la nature de l’ouvrage et ses destinataires: un ouvrage de méthodologie philosophique [la méthode est inhérente à la philosophie elle-même] destiné aux étudiants de l’Université et des classes préparatoires aux grandes écoles. La seconde précise les exigences de l’apprentissage de la philosophie: acquérir progressivement l’art de développer les dispositions de son propre esprit à juger et à raisonner en général. La troisième aborde les voies d’accès à la philosophie: se mettre en présence d’une philosophie antérieure par une fréquentation de textes qu’il faut apprendre à lire, à expliquer et à commenter. La dernière section souligne l’importance de personnaliser les formations, selon les exigences de la filière empruntée et la filière antérieure de l’étudiant concerné.

Mode d’emploi

Les auteurs conseillent d’abord de lire le manuel au complet en suivant l’ordre chronologique de ses parties, ensuite d’approfondir son apprentissage en s’attardant à une partie selon le contexte d’étude spécifique de l’étudiant (situations pédagogiques et difficultés rencontrées). Celui-ci est d’ailleurs invité à se livrer à des exercices complémentaires d’une façon dynamique, tout en s’appropriant les directives simplifiées contenues dans les encadrés.

Parties

La première partie portant sur Les textes philosophiques contient deux sections: une approche théorique et des travaux pratiques. L’étude des textes est abordée sous trois volets: la lecture des textes, l’explication et le commentaire de texte. Des textes de Descartes, Aristote, Platon, Rousseau font l’objet de travaux pratiques présentés d’une façon didactique. Des textes de Platon, Kant, Pascal et Durkheim sont présentés sous forme de fiches rapides.

La deuxième partie portant sur La dissertation philosophique contient aussi deux sections: une approche théorique et des travaux pratiques. L’exposé porte sur la définition, la préparation et la réalisation de la dissertation. Les travaux pratiques ont trait aux questions suivantes: Que signifie: «Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre»?, Qu’est-ce qu’un maître?, L’imagination peut-elle être définie comme une faculté d’anticipation?, La fin de l’État.

La troisième partie compte également deux sections. La première traite de la contraction de texte et de la synthèse de textes. La seconde porte sur les épreuves orales.

Compléments

Les auteurs proposent trois instruments de travail: Lexique, Orientations bibliographiques et Index. Les références contenues dans les orientations bibliographiques sont ainsi réparties:

- Outils de travail / Vocabulaire, Cadres généraux de la philosophie (histoires générales de la philosophie, périodes et principaux courants de l’histoire des idées philosophiques, ouvrages de synthèse);

- Textes fondamentaux d’histoire de la philosophie / Anthologies de textes, textes complets (quelques titres accessibles);

- Ouvrages d’approfondissement de la culture philosophique / Introduction à la philosophie, Philosophie générale, philosophie juridique et politique, Éthique, Esthétique, Épistémologie, Sciences humaines, anthropologie.

La Table des matières complète été l’ouvrage.

La rigueur intellectuelle et le souci didactique caractérisent l’ensemble du manuel. La mise en page du livre est conséquente.

Un guide pratique pour réussir ses études en philosophie!

Référence

Choulet, Philippe; Floscheid, Dominique; Wunenburger, Jean-Jacques. - Méthodologie philosophique. - 4e éd. - Paris: PUF, 2018. - xiv, 366p. - (Quadrige Manuels). - ISBN 978-2-13-080342-3. - BAnQ: 107 C5527m 2018.

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Photo © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

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04 mai 2019

À la rencontre des romans français


Christophe Hardy nous propose un voyage culturel aussi plaisant qu’instructif dans son livre consacré à la littérature française.

L’auteur présente vingt-quatre textes, du Moyen Âge à nos jours, d’auteurs célèbres (presque tous masculins), dont Chrétien de Troyes, Béroul, Rabelais, La Fontaine, Madame de La Fayette, Montesquieu, Voltaire, Laclos, Stendhal, Balzac Dumas, Flaubert, Hugo, Gautier, Verne, Zola, Proust, Céline, Camus, Giono et Cracq.

Exemple

La lecture des recensions est captivante. La mise en page est didactique. Voyons un exemple: La Princesse de Clèves, Madame de La Fayette (1678).

Le chapitre dédié à ce livre débute par une double page: le numéro du chapitre, le titre de l’œuvre, son auteure, la date de parution et un bref extrait du début du roman.

Introduction

L’introduction résume l’histoire d’une façon magistrale: «Imaginée par une aristocrate de la cour de France au temps des Bourbons (XVIIe siècle), l’histoire est celle d’une aristocrate de la cour de France au temps des Valois (XVIe siècle): Mlle de Chartres, épouse Clèves, rencontre la passion et, très volontairement, refuse de la vivre. Simplifier ainsi la courbe du roman, c’est mettre à nu, sous les fastes du décor historique et ceux du beau langage, ferme et précis, la violence du drame intérieur que se joue là, où tout ce qui est ardent, troublant, vivant finit comme étouffé sous la cendre.»

Exposé

L’exposé est ainsi structuré (œuvre, passion, extrait, auteure, encadrés):

1° - l’œuvre sous plusieurs volets: Prestige de la cour, choix de la solitude; Se voir, s’éprendre, s’examiner; Épier, dissimuler, avouer;

2° - la passion selon l’auteure: L’amour, une passion dérangeante et désordonnée; La tranquillité, mère de toutes les batailles; Amour mort ou préservé?

3° - un extrait du roman (commenté et annoté):

[début] Il se rangea derrière une des fenêtres qui servaient de porte, pour voir ce que faisait Mme de Clèves. Il vit qu’elle était seule ; mais il la vit d’une si admirable beauté qu’à peine fut-il maître du transport que lui donna cette vue. Il faisait chaud, et elle n’avait rien sur sa tête et sur sa gorge que ses cheveux confusément rattachés. Elle était sur un lit de repos, avec une table devant elle, où il y avait plusieurs corbeilles pleines de rubans ; elle en choisit quelques-uns, et M. de Nemours remarqua que c’étaient les mêmes couleurs qu’il avait portées au tournoi. Il vit qu’elle en faisait des nœuds à une canne des Indes, fort extraordinaire, qu’il avait portée quelque temps, et qu’il avait donnée à sa sœur, à qui M. de Clèves l’avait prise sans faire semblant de la reconnaître pour avoir été à M. de Nemours. Après qu’elle eut achevé son ouvrage, avec une grâce et une douceur que répandaient sur son visage les sentiments qu’elle avait dans le cœur, elle prit un flambeau et s’en alla proche d’une grande table, vis-à-vis du tableau du siège de Metz, où était le portrait de M. de Nemours ; elle s’assit, et se mit à regarder ce portrait avec une attention et une rêverie que la passion seule peut donner.

On ne peut exprimer ce que sentit M. de Nemours dans ce moment. Voir au milieu de la nuit, dans le plus beau lieu du monde, une personne qu’il adorait ; la voir sans qu’elle sût qu’il la voyait, et la voir tout occupée de choses qui avaient du rapport à lui et à la passion qu’elle lui cachait, c’est ce qui n’a jamais été goûté ni imaginé par nul autre amant.

Ce prince était aussi tellement hors de lui-même qu’il demeurait immobile à regarder Mme de Clèves, sans songer que les moments lui étaient précieux. Quand il fut un peu remis, il pensa qu’il devait attendre à lui parler qu’elle allât dans le jardin ; il crut qu’il le pourrait faire avec plus de sûreté, parce qu’elle serait plus éloignée de ses femmes ; mais, voyant qu’elle demeurait dans le cabinet, il prit la résolution d’y entrer. Quand il voulut l’exécuter, quel trouble n’eut-il point ! Quelle crainte de lui déplaire ! Quelle peur de faire changer ce visage où il y avait tant de douceur, et de le voir devenir plein de sévérité et de colère !

Il trouva qu’il y avait eu de la folie, non pas à venir voir Mme de Clèves sans être vu, mais à penser de s’en faire voir ; il vit tout ce qu’il n’avait point encore envisagé. Il lui parut de l’extravagance dans sa hardiesse de venir surprendre, au milieu de la nuit, une personne à qui il n’avait encore jamais parlé de son amour. Il pensa qu’il ne devait pas prétendre qu’elle le voulût écouter, et qu’elle aurait une juste colère du péril où il l’exposait par les accidents qui pouvaient arriver. Tout son courage l’abandonna, et il fut prêt plusieurs fois à prendre la résolution de s’en retourner sans se faire voir. Poussé néanmoins par le désir de lui parler, et rassuré par les espérances que lui donnait tout ce qu’il avait vu, il avança quelques pas, mais avec tant de trouble qu’une écharpe qu’il avait s’embarrassa dans la fenêtre, en sorte qu’il fit du bruit. Mme de Clèves tourna la tête, et, soit qu’elle eût l’esprit rempli de ce prince, ou qu’il fût dans un lieu où la lumière donnait assez pour qu’elle le pût distinguer, elle crut le reconnaître ; et, sans balancer ni se retourner du côté où il était, elle entra dans le lieu où étaient ses femmes. Elle y entra avec tant de trouble qu’elle fut contrainte, pour le cacher, de dire qu’elle se trouvait mal ; et elle le dit aussi pour occuper tous ses gens, et pour donner le temps à M. de Nemours de se retirer. Quand elle eut fait quelque réflexion, elle pensa qu’elle s’était trompée, et que c’était un effet de son imagination d’avoir cru voir M. de Nemours. [fin]

4° - l’auteure: Une position sociale éminente, un tempérament secret; Une femme de lettre; Une fin désespérante ou une porte étroite ouverte vers le bonheur?

5° - quelques encadrés critiques insérés ici et là, ainsi qu’une note informative en marge.

Compléments

La recension est complétée par cinq rubriques: Lire (livres); Écouter (enregistrements audio); Voir (films); Éléments de contexte (chronologie sommaire); Jouer pour retenir (questions et réponses).

L’ouvrage est précédé par un exergue, une introduction. Les parties référentielles sont reportées à la fin du livre: table des matières, index, publications du même auteur, notice bibliographique.

Un livre fort intéressant pour s’initier à des œuvres exemplaires et des auteurs marquants de la littérature française.

Référence

Hardy, Christophe. - À la rencontre des romans français. - Paris: Scrineo, 2018. - 478p. - (L’éléphant). - ISBN 978-2-3674-0571-1. - [Exemple: Chapitre 8 - La Princesse de Clèves, p. 118-137; citation: p. 120]. - [Extrait: Bibliothèque électronique du Québec]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 843.00923 HAR et 843.009 H268L 2018.

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Photo © Claude Trudel, Le monde en images, CCDMD.

«Sitôt que la nuit fut venue, il entendit marcher, et, quoiqu’il fît obscur, il reconnut aisément M. de Nemours. Il le vit faire le tour du jardin, comme pour écouter s’il n’y entendait personne, et pour choisir le lieu par où il pourrait passer le plus aisément. Les palissades étaient fort hautes, et il y en avait encore derrière, pour empêcher qu’on ne pût entrer, en sorte qu’il était assez difficile de se faire passage.» [Extrait de La Princesse de Clèves: Bibliothèque électronique du Québec].

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La Princesse de Clèves

26 avril 2019

Champlain et les fondateurs oubliés


Le projet de recherche de l’historien Mathieu d’Avignon sur le temps des origines vient d’être réédité dans la collection À propos par Les Presses de l’Université Laval: Champlain et les fondateurs oubliés. Les figures du père et le mythe de la fondation. Le livre au format poche se distingue aussi par sa mise en page exemplaire.

L’ouvrage compte cinq chapitres précédés par la dédicace, la table des matières, les remerciements, la préface de Marcel Trudel et l’introduction générale. Il est complété par la conclusion générale, deux annexes, les notes et la bibliographie.

Le premier chapitre porte sur Champlain et les autres fondateurs de Québec et de la Nouvelle-France, les trois suivants sur l’historiographie des origines (de l’époque de Champlain à nos jours) et le dernier sur l’alliance franco-montagnaise de 1603.

Introduction générale [16 pages]

Après avoir relaté une anecdote familière, Mathieu d’Avignon rappelle la notoriété populaire de Samuel de Champlain (vers 1567-1570 - 1635) à titre de fondateur de la ville de Québec et père de la Nouvelle-France et du Québec. Il précise ensuite le double but de son étude: 1° analyser le discours des écrits de Champlain portant sur la fondation de Québec et de la Nouvelle-France; 2° analyser les discours alternatifs des représentations de Champlain à travers l’historiographie des 17e-21e siècles, notamment en ce qui concerne les contributions des Autochtones et des protestants.

L’auteur situe son étude dans le récent contexte du courant historiographique de déconstruction des mythes fondateurs. Tout en formulant une série de questions, il énumère ses principales références interprétatives produites par un grand nombre d’historiens contemporains. Retenons quelques-unes de ces questions: Peut-on vraiment parler d’un fondateur unique ou, formulée autrement, pourquoi ne parle-t-on pas des fondateurs? Champlain est-il à l’origine du mythe de la fondation? Quel rôle Champlain accorde-t-il aux Amérindiens dans son récit des origines contenu à travers les éditions de 1603, de 1613 et de 1619 et dans la Première partie de l’édition de 1632?

Mathieu d’Avignon cite des auteurs des 17e et 18e siècles sur Samuel de Champlain et leur interprétation univoque mystifiant l’unique père fondateur, par exemple ceux de Marc Lescarbot (1612), Gabriel Sagard (1615), Chrétien Le Clercq (1691) et François-Xavier Charlevoix (1744). Dans cette optique, l’alliance franco-amérindienne de 1603 et les contributions de François Gravé du Pont (vers 1554 - après 1629) et de Pierre Dugua de Mons (vers 1558 - 1628) sont minimisées ou ignorées. Cette interprétation perdure chez les historiens jusque dans les années 1950. Par exemple, les publications des Œuvres de Champlain (1870) et de la biographie Samuel de Champlain (1877), par Charles-Honoré Laverdière (1826-1873), cristallisent cette vision traditionnelle. Celle-ci est remise en question par l’historien pionnier Marcel Trudel (1917-2011), dans son opuscule de textes de première source intitulé Champlain (Montréal, Fides, 1956).

Les écrits de Champlain étant toujours d’actualité, les articles et livres dédiés à leur étude ne cessent de paraître, en particulier depuis les années 1990. Vu cette prolifération, Mathieu d’Avignon formule cette question: Quelle est donc la pertinence de cet ouvrage? À l’occasion du quatrième centenaire de Québec (2008), année de la publication initiale de son livre, le jeune historien (né en 1973) justifie ainsi la parution de son étude: Il importe de rétablir certains faits et de jeter un nouveau regard sur le temps des origines.

Les récits de Champlain [160 pages]

Le titre du premier chapitre est formulé sous forme de question: Champlain: à l’origine du mythe de la fondation?

Sommaire / Sous l’angle de cette question, le chapitre initial présente les deux hypothèses de départ de Mathieu d’Avignon, les œuvres de Samuel de Champlain, le contexte de rédaction de chacun des récits de Champlain, l’analyse des modifications apportées par l’auteur en 1632, puis les fondateurs François Gravé du Pont, Pierre Dugua de Mons, Samuel de Champlain et les Montagnais. Quatre illustrations de Champlain accompagnent les exposés: dessins des batailles de 1610 et de 1615, encarts des cartes générales de la Nouvelle-France de 1612 et de 1632. L’historien considère ce chapitre comme la pièce maîtresse de son ouvrage.

Introduction / Après avoir formulé ses hypothèses portant sur le récit de la fondation, l’auteur démontre succinctement que la fondation de Québec et de la Nouvelle-France peut être attribuée à cinq personnages: Henri IV, Samuel de Champlain, François Gravé du Pont, Pierre Dugua de Mons et Anadabijou.

Œuvres de Champlain / L’introduction est suivie d’argumentaires étayés et détaillés soutenant le bien-fondé de la démarche de l’auteur. L’analyse des œuvres de Champlain est particulièrement exhaustive et saisissante: le contenu original et l’importance historique des écrits de Champlain, l’analyse détaillée de chacune des éditions de 1603, 1613, 1619 et 1632 dans leur contexte respectif. L’étude spécifique des modifications apportées dans la Première partie de l’édition de 1632 est basée sur les analyses de Laverdière, de Lucien Campeau (1914-2003) et de Mathieu d’Avignon. Au terme de cette étude, un portrait d’ensemble est dégagé par l’auteur: les contributions de Gravé et de Dugua, ainsi que l’importance de l’alliance franco-amérindienne de 1603, sont minimisées dans l’édition de 1632. Ce constat servira de miroir, dans les chapitres ultérieurs, pour comprendre l’historiographie du récit de la fondation.

Des analyses approfondies suivent ce tour d’horizon des œuvres de Champlain. Elles portent successivement sur François Gravé du Pont, Pierre Dugua de Mons, Samuel de Champlain et les Montagnais. Les récits de Champlain sont scrutés à la loupe, statistiques à l’appui, et de nombreux passages sont cités et comparés. Le tout constitue une démonstration éloquente du point de vue retenu par Mathieu d’Avignon en ce qui concerne les cofondateurs de la Nouvelle-France.

Conclusion / Champlain adapte ses écrits en fonction du contexte politico-religieux français. Mathieu d’Avignon précise cette donnée fondamentale en indiquant pour qui et pourquoi il écrit ses récits de voyage. De plus, il ajoute que Champlain modifie son récit de 1632 en vue de se faire valoir pour la postérité, d’où la minimisation des rôles attribués à Gravé, à Dugua et aux Amérindiens.

Une historiographie des origines [365 pages]

L’historiographie de Mathieu d’Avignon sur les origines de la Nouvelle-France (atlantique et laurentienne) et sur la fondation de Québec est développée en trois chapitres. Les introductions et conclusions de ces chapitres sont exhaustives [48 pages]. Les témoins appelés à la barre de l’histoire sont nombreux et diversifiés. Les extraits de leurs écrits sont auscultés avec minutie. Visant la déconstruction du récit traditionnel de l’histoire des origines, le point de vue de l’auteur est engagé et le ton utilisé souvent polémique.

Le chapitre 2 est intitulé La naissance d’un héros français et l’édification du mythe des origines [74 pages]. Mis en contexte, les écrits de trois groupes de témoins sont cités et analysés: des poètes contemporains de Champlain (La Franchise, L’Ange, Motin, Trichet); des auteurs célèbres (Lescarbot, La Potherie, Kalm); des ecclésiastiques (Briard, Lalemant, Le Jeune, Le Mercier, Vimont, Charlevoix, jésuites; Sagard, Le Tac, Le Clercq, récollets). Leurs textes sont étudiés en fonction de leur interprétation du récit des origines, soit un récit exclusif ou pluriel de la fondation de la Nouvelle-France et de Québec.

Le chapitre 3 est intitulé La naissance du «premier Canadien» et la consolidation du mythe des origines [232 pages]. Le thème de la cristallisation du rôle de Champlain comme héros modèle (français catholique providentiel), seul fondateur de Québec et père de la Nouvelle-France, en l’absence ou mésinterprétation de l’alliance franco-montagnaise de 1603, est étayée par les analyses exhaustives des œuvres de plusieurs auteurs des 19e et 20e siècles (1837-1958). Une notice biographique de chacun de ces auteurs précède l’étude des leurs textes marquants: Michel Bibeau [7 pages], François-Xavier Garneau [31 pages], Jean-Baptiste-Antoine Ferland [18 pages], Charles-Honoré Laverdière [32 pages, y compris un passage critique sur l’enseignement de l’histoire au 19e siècle], Benjamin Sulte [57 pages], Narcisse-Eutrope Dionne [63 pages, y compris un passage sur les commémorations publiques de Champlain], et Lionel Groulx [10 pages]. Par ailleurs, la problématique de l’exclusion des protestants est considérée comme un enjeu historique et historiographique majeur. Dans sa longue conclusion, Mathieu d’Avignon s’attarde à la thématique générale du mythe des origines.

Le chapitre 4 est intitulé Vers un nouveau récit des origines [60 pages]. Il est d’une tout autre portée, car il est consacré à la réinterprétation des origines du Québec depuis le milieu du 20e siècle. Trois initiateurs sont au cœur de l’analyse de Mathieu d’Avignon: Léo-Paul Desrosiers [10 pages], Marcel Trudel [26 pages] et Victor Tremblay [12 pages]. À la suite de Laverdière et Sulte, Léo-Paul Desrosiers (1896-1967) met en relief l’importance de l’alliance franco-montagnaise de 1603 tant pour la fondation de Québec que pour le développement de la Nouvelle-France. Dans l’œuvre prolifique de Marcel Trudel (1917-2011), l’auteur cible et analyse les écrits relatifs à l’alliance de 1603 et à la fondation de Québec en 1608, pour ensuite aborder la thématique générale du mythe des origines et des héros historiques (comparaisons impliquant Champlain, Jean Talon et Madeleine de Verchères). La conclusion sur l’étude de ces écrits de Trudel est élaborée dans près de six pages, les contributions de plusieurs autres historiens contemporains étant invoqués. Victor Tremblay (1892-1979) synthétise les connaissances sur Anadabijou (15??-1611) et rappelle l’importance de l’alliance de 1603. Toutefois, Mathieu d’Avignon relativise quelque peu les bonnes relations entre Montagnais et Français au cours des années suivantes (meurtres de plusieurs Français et limitations des explorations géographiques de Champlain). La conclusion de l’auteur confirme la popularité pérenne de Samuel de Champlain dans la toponymie et la population.

L’alliance de 1603 [33 pages]

Mathieu d’Avignon se réfère à un article de Camil Girard et Édith Gagné, publié en 1995, pour tracer une historiographie de l’alliance franco-montagnaise scellée le 27 mai 1603 à la pointe Saint-Mathieu. Ensuite, il présente ses recherches personnelles sur les partenaires français et montagnais de cette alliance. Il poursuit son exposé par l’analyse critique d’un article d’Alain Beaulieu (2004) décrivant une alliance franco-amérindienne élargie plutôt que bipartite franco-montagnaise. En fin de chapitre, en citant des publications de vulgarisation, l’auteur rappelle la méconnaissance actuelle de l’alliance de 1603 dans le contexte de la nouvelle politique coloniale de la métropole française.

Conclusion générale [13 pages]

Mathieu d’Avignon passe successivement en revue le contenu de chaque partie de son livre. Les réponses aux questions posées en début d’ouvrage sont alors clairement formulées: 1° Champlain est en partie à l’origine du mythe de la fondation; 2° les principaux auteurs de la Nouvelle-France consolident le mythe des origines en façonnant Champlain comme un héros; 3° les auteurs marquants du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle cristallisent cette interprétation d’un fondateur unique, catholique, héroïque et désintéressé, mais ce discours dominant est toutefois quelque peu revisité par Laverdière ; 4° le renouveau de l’histoire axée notamment sur la déconstruction des mythes fondateurs aboutit à la formulation d’une nouvelle histoire plus conforme aux faits historiques; 5° l’alliance de 1603 est une composante inhérente à la fondation de Québec et de la Nouvelle-France, bien que sa reconnaissance soit encore peu répandue dans la population.

Au terme de cette recension, retenons ces propos conclusifs du jeune historien (p. 579, 580, 583): L’émergence récente d’un processus de déconstruction des héros et des mythes fondateurs n’est pas propre au Québec. […] L’émergence d’une nouvelle histoire au XXe siècle, écrite par des historiens professionnels, débouche à la fois sur une critique de l’historiographie et sur une réinterprétation du passé. […] À chaque époque ou âge, une ou des ruptures, une nouvelle mémoire, une nouvelle histoire, un Panthéon nouveau, mis à jour.

Compléments [118 pages]

Annexes [8 pages] - Lettre du roi Henri IV à son lieutenant général Pierre Dugua de Mons (8 janvier 1603) et Lettre de Pierre Dugua de Mons à Louis Hébert (18 février 1617).

Notes [83 pages] - Liste des abréviations et Notes de chaque partie du livre. Le projet de recherche étant à l’origine une thèse de doctorat, les notes sont fort nombreuses [1 971]. Bien sûr, les sources de l’auteur sont référencées dans ces notes, mais plusieurs de celles-ci contiennent également des remarques complémentaires.

Bibliographie [27 pages] - Les titres cités et mentionnés dans le livre sont regroupés sous cinq sections: Sources manuscrites; Sources imprimées; Références; Dictionnaires, romans historiques et partitions musicales; Publications électroniques et multimédias.

Appréciation

J’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage imposant, fruit de plusieurs années de recherche et de réflexion. L’esprit d’analyse de l’auteur est remarquable, tout comme la structuration et le déroulement de son exposé. L'ouvrage est une synthèse novatrice sur les interprétations successives des origines du Québec.

Références

Avignon, Mathieu d’. - Champlain et les fondateurs oubliés. Les figures du père et le mythe de la fondation. - Québec: Les Presses de l’Université Laval (PUL), 2019 © 2018. - xiv, 704p. - (À propos). - ISBN 978-2-7637-4212-0. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: à venir.

Afin d’apprécier le travail de l’historien à sa juste valeur, la lecture préalable des récits de Champlain s’impose. À cet égard, le lecteur pourra lire ces récits dans leur réédition en français moderne par Mathieu d’Avignon. La Première partie de l’édition de 1632 étant absence de cette réédition, le lecteur pourra lire cette partie initiale du récit de 1632 dans sa réédition en français moderne par Éric Thierry.

<> Samuel de Champlain. - Récits de voyages en Nouvelle-France, 1603-1632. - Réédition en français moderne, introduction et notes de Mathieu d’Avignon. - Québec: Les Presses de l’Université Laval, 2018. - xiv, 692p. - (À propos). - ISBN 978-2-7637-3912-0. - BAnQ: 971.0113 C453r 2018. - [Recension]

<> Les Œuvres complètes de Champlain. - Textes en français moderne établis, annotés et présentés par Éric Thierry. - Préface de David Hackett Fischer - Québec: Septentrion, 2019. - Tome 1, 1598-1619, 594p. - Tome 2, 1620-1635, 714p. - ISBN 9782897910396 et 9782897910426. - BAnQ: 900 T.

Le lecteur peut aussi consulter la réédition des récits de Champlain par Laverdière, l’édition citée en référence par Mathieu d’Avignon dans Champlain et les fondateurs oubliés.

<> Champlain, Samuel de. - Œuvres de Champlain. - Montréal: Les Éditions du Jour, 1973. - 3 vol. - Réédition de l’édition de Charles-Honoré Laverdière. - Québec: Geo.-E. Desbarats, 1870. - 6 vol. - BAnQ: 971.0113092 C453o 1973.

*

Dans la foulée de ces lectures, le lecteur intéressé par le courant de déconstruction en géographie, plus spécifiquement en cartographie, pourra consulter dans l’Atlas du Québec mon analyse de la carte du Saguenay-Lac-Jean-Jean (1827) dressée par Alphonse Larue (Grille d’interprétation, Synthèse / Carte d’une région). Voici un extrait de la conclusion de cette étude:

«La présence amérindienne est minimisée sur la carte, le but de celle-ci étant de présenter un vaste territoire propice à la colonisation dans une région inhabitée et propre à l'agriculture. Seuls les toponymes d'origine amérindienne et la présence de la résidence des jésuites permettent de déduire la présence d'Amérindiens. […] Cette carte a donc été produite dans un but très précis: prouver la faisabilité de la colonisation du lac Saint-Jean. L'invocation de Charles Taché, comme source de renseignements, la délimitation maximale de terres fertiles autour du lac Saint-Jean, l'indication de chemins proposés dès l'époque de François-Xavier de Charlevoix (1744) et l'absence de peuplement amérindien servent à appuyer cet objectif.»

En complément, un article sur John Brian Harley (1932-1991), un des principaux initiateurs de la réinterprétation de la nature des cartes depuis les années 1980: La nouvelle nature des cartes.

Liste des illustrations (pages)

<> Couverture - L’image de la couverture est une reproduction de la toile Champlain surveillant la construction de l’habitation de Québec (1925), par le peintre ontarien Charles William Jefferys (1869-1951). L’image de la quatrième de couverture est extraite d’un faux portrait de Champlain / Les faux portraits de Champlain (Jean Liebel, Vie des arts, vol. 28, n° 112, 1983).

<> Les récits de Champlain

Carte des environs de Québec (43)
Dessin de l’habitation de Québec (44)
Dessin de la bataille de 1609 (42)
Dessin de la bataille de 1610 (144)
Carte de la Nouvelle-France en 1612 (156)
Dessin de la bataille de 1615 (144)
Carte de la Nouvelle-France en 1632 (156)

<> Une historiographie des origines

Page titre En veillant avec les petits de chez nous (1919), J.-G. Gélinas (321)
Couverture Samuel de Champlain, fondateur et père de la patrie (1948), Guy Laviolette (322)
Couverture Inauguration du Momument Champlain à Québec (1888) (453)
Photographie La statue de Champlain et le château Frontenac (1920), Jackie (453)
Photographie Momument Champlain à Ottawa (2006), Mathieu d’Avignon (457)
Couverture Champlain (1956), Marcel Trudel (503)
Gravure Le Don-de-Dieu (1911), Laflamme et Proulx (505)
Buste du monument Pierre Dugua de Mons (2007), Mathieu d’Avignon (538)
Photographie Une muse au repos (2007), Mathieu d’Avignon (540)

<> Image complémentaire

Vers 1940 - Reconstitution de l'habitation de Champlain (Léonce Cuvelier, peintre) (BAnQ numérique)

Cartes

Encarts cartographiques - Carte générale de la Nouvelle-France (1612) et Carte générale de la Nouvelle-France (1632) dressées par Samuel de Champlain - Encarts reproduits à la page 156 et commentés aux pages 160-164. - Source iconographique: Collection numérique Cartes et plans / Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Article connexe

Samuel de Champlain / Récits de voyages en Nouvelle-France (1603-1632) [Réédition en français moderne, introduction et notes de Mathieu d’Avignon]