28 avril 2017

La Grande Expédition américaine de 1838-1842


Nathaniel Philbrick raconte les péripéties innombrables et singulières de la grande exploration scientifique menée par les États-Unis d’Amérique en 1838-1842. À juste titre, l’auteur intitule son livre À la conquête du Pacifique, cette entreprise ayant aussi des buts commerciaux et géopolitiques.

Le récit se lit comme un roman palpitant, de la préface à l’épilogue. Chacune des parties de l’ouvrage porte sur les évènements survenus dans une des régions parcourues par la flotte américaine : récapitulation des explorations antérieures et préparatifs de la nouvelle expédition; découverte et exploration de l’Antarctique; exploration des îles du Pacifique et du territoire riverain de l’Oregon; règlements de compte au retour sur le sol américain et legs laissé à la postérité.

Plusieurs cartes historiques accompagnent le récit, mais elles ne font pas l’objet d’une liste en fin d’ouvrage (pages):

Trajet de l’expédition d’exploration américaine 1838-1842 (16-17)
Première traversée vers le Sud / Février-Mars 1839 (135)
La Grande Mer du Sud (172-173)
L’Antarctique (211)
La terre de Wilkes (236-237)
Les îles Fidji (262-263)
Les îles Hawaii (315)
Le territoire d l’Oregon (350)
L’embouchure du Colombia (351)

Une représentation moderne des navires de l’expédition réunis dans la baie d’Orange, près du cap Horn, en février 1839, est affichée sur les pages 24-25. Ces bateaux font l’objet de maintes descriptions tout au long de leur histoire tumultueuse dans les grands océans.

Plusieurs photos sont regroupées entre les pages 192-193 et 312-313. Elles ne sont pas listées en fin d’ouvrage. Avant de parcourir le récit, le lecteur a tout intérêt à observer les portraits des protagonistes et les illustrations originales de l’expédition.

Une fois les cartes, photos et images consultées, le lecteur peut commencer la lecture d’une des dernières grandes expéditions à voile. Bien que le ton de l’auteur soit souvent moralisateur, son récit est captivant. Il est axé sur les personnages, en particulier sur le commandant de l’expédition, et les obstacles rencontrés. Ceux-ci ont un caractère à la fois naturel et humain. C’est un témoignage vivant sur une époque mouvementée, sur toute une séquence de l’humanité dans sa grande diversité.

Terminons cette recension en citant les propos touchants d’un simple marin de cette expédition, des paroles écrites à la fin de sa vie: «Le marin meurt comme il a vécu. Il n’a d’autre public que ceux qui partagent les mêmes dangers. Il se couche pour mourir loin de chez lui et de ses amis, sans personne pour raconter au monde l’histoire des batailles qu’il a menées si bravement, mais perdues, personne pour être témoin de ses souffrances ou remarquer le courage avec lequel il a affronté la fin.» (Charlie Erskine, Twenty Years Before the Mast, 1896)

Un grand nombre de documents numérisés de l’expédition, dont les cartes géographiques originales de Charles Wilkes (1798-1877), peuvent être consultées en ligne, notamment sur les sites Library of Congress, Harvard University Library et David Rumsey Historical Map Collection.

Référence

Philbrick, Nathaniel. - À la conquête du pacifique (1838-1842), la Grande Expédition U.S. des mers du Sud. - Traduit de l’anglais par Thierry Piélat. - Paris: JC Lattès, 2005. - 479p. - ISBN 978-2-7096-2363-3. - [Citation, p. 468]. - BAnQ: 910.973 P545a 2005.

Carte

1840 (1845) - Antarctique - Chart of the Antarctic Continent Shewing the Icy Barrier Attached to it. Discovered by the U.S. Ex. Ex. Charles Wilkes Esq. Commander. 1840. Eng. by Sherman & Smith, N.Y. (Charles Wilkes) - Images copyright © 2000 by Cartography Associates. Images may be reproduced or transmitted, but not for commercial use. This work is licensed under a Creative Commons License.

Sur la Toile

Learn More About the U.S. Exploring Expedition (The Scientific Legacy of the U.S. Exploring Expedition) (Nathaniel Philbrick)
United States South Seas Exploring Expedition (aka the Wilkes Expedition), 1838-1842 (Harvard University Library)

Article connexe

Dictionnaire de la mer

21 avril 2017

Chefs-d’œuvre de l'art africain

Éloi Rousseau et Johann Protais publient aux Éditions Larousse un livre remarquable sur l’art africain subsaharien. La partie liminaire est constituée par un sommaire et une introduction. Le corps de l’ouvrage compte deux parties: un essai de trente et une pages suivi de la description de quarante-deux chefs-d’œuvre.

L’introduction définit l’art africain correspondant, en fait, à l’Afrique noire. Les caractéristiques de cet art sont ensuite précisées: son unité (importance du fait tribal et ethnique, culture orale, religions animistes), sa diversité (langues, cultures, régions), ses emprunts et apports aux Occidentaux. Une photo d’une fête dogon (Mali) illustre cette introduction.

L’essai porte sur les thèmes suivants:

La découverte de l’art africain
La constitution d’un butin colonial
Le temps de la dignité
Les enjeux politiques actuels
La question de l’art
Les fonctions
Le récit des mythes
L’influence de l’Occident
Les techniques

Plusieurs œuvres illustrent les propos des auteurs: Tête anthropomorphe (Nok, Nigéria), Statuette de femme (Djenné, Mali), Tête qui représente l’usurpateur Lajuwa (Ifé, Nigéria), Masque cimier (Baga, Guinée), Masque du singe noir (Dogon, Mali), Cavalier (Yoruba, Nigéria), Porte (Igbo, Nigéria), Plateau à proverbe (Woyo, Cabinda), Oracle à friction (Kuba, RD du Congo), Poterie de gémellité (Bobo, Burkina Faso), Tambour en forme de buffle (Yangéré, Afrique centrale).

La seconde partie du livre présente chaque chef-d’œuvre sur une double page: la description, à gauche, et la photo de l’œuvre d’art, à droite. Les descriptions sont captivantes. De plus, les éléments notés et expliqués sont très diversifiés:

- types: cimier, harpe, masque, plaque, poids à peser, poulie à tisser, sculpture, statue, statuette, tabouret, tambour, tissu;

- cultures: Akan, Angola, Ashanti, Baga, Bamikélé, Baoulé, Cabinda, Dan, Dogon, Edo, Fang, Fon, Ifé, Kota, Kuba, Luba, Lumbo, Mossi, Punu, Sénoufo, Tsogho, Vili, Yaka, Yangéré, Yoruba;

- pays: Afrique centrale, Anyang, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Mali, Niger, Nigéria, République démocratique du Congo, Sierra Leone;

- matériaux: bois, bronze, cauri, cire, corne, coton, coquillage, cuir, cuivre, fer, fibre naturelle, fibre végétale, graine, ivoire, kaolin, laiton, métal, miroir,or, peau, perle, pigment, plume, poil d’animal, raphia, résine, textile, tissu, verre;

- collections: British Muséum (Londres), Ethnologisches Museum (Berlin), Horniman Museum (Londres), Institut de recherche en sciences humaines (Niamey), Musée de Grenoble (France), Musée du quai Branly (Paris), Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren, Belgique), Museum of Ife Antiquities (Nigéria); collections particulières, dont celle d’Hervé Poupon.

Quel chef-d’œuvre choisir comme mon favori? Et bien, tous!

Le livre est complété par deux cartes géographiques (pays, ethnies), un glossaire (dix-sept entrées) et les crédits photographiques. Il n’y a pas de carte à la page 46, contrairement à ce qui est annoncé à la page 125. Ce livre de référence n’a pas de bibliographie ni d’index. Toutefois, le livre Description de l’Afrique (1668), par Olaf Dapper, est cité à quelques reprises.

Quel plaisir de découvrir et d’apprécier ces chefs-d’œuvre de l’art africain!

Référence

Rousseau, Éloi; Protais, Johann. - Chefs-d’œuvre de l'art africain. - Paris: Larousse, 2016. - 128p. - ISBN 978-2-03-591009-7. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 709.67 R8643c 2016.

Sur la Toile

Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM)

La collection d’art africain réunit 565 pièces originaires majoritairement de la région subsaharienne. Elle a été fondée en 1940 par le conservateur F. Cleveland Morgan, qui a acheté le premier artéfact pour le Musée: un masque en bronze du Bénin. La collection s’est enrichie de façon significative en 1975 grâce à une donation de quelque 500 pièces, réunies par le prêtre jésuite Ernest Gagnon.

Article connexe

Musée du quai Branly

14 avril 2017

Une histoire des découvertes scientifiques


Avant tout, il a fallu, pour que vous soyez là aujourd’hui, que des billions d’atomes errant au hasard aient la curieuse obligeance de s’assembler de façon complexe pour vous créer. Cet arrangement est si particulier qu’il n’a jamais été tenté auparavant et n’existera qu’une seule fois.

C’est par cette interpellation personnelle que débute l’introduction du livre de Bill Bryson intitulé Une histoire de tout, ou presque... Dans la seconde partie de son introduction, l’auteur explique comment il en est venu à s’intéresser aux grandes questions et à l’histoire des découvertes scientifiques.

Tout au long de son exposé, l’auteur formule un tas de questions auxquelles il donne des réponses. Sinon, à défaut de certitudes, il évoque des hypothèses. Cette démarche rend le récit captivant et fort dynamique.

Les nombreux artisans des avancées scientifiques sont identifiés et leurs contributions respectives soulignées au fur et à mesure du déroulement des découvertes historiques. Un très grand nombre des chercheurs cités dans l’ouvrage sont anglo-saxons, plusieurs d’entre eux étant par ailleurs très fortunés. Des anecdotes sur la personnalité des découvreurs et sur leur vie familiale pimentent le récit.

Voyons un aperçu du contenu de cet ouvrage de vulgarisation sur plusieurs sciences, depuis les Temps modernes jusqu’à nos jours: astronomie, biologie, chimie, géologie, météorologie, paléontologie, physique et autres sciences apparentées.

Partie I - Perdus dans le cosmos

Le premier chapitre porte sur la naissance de l’Univers expliquée par les théories du Big Band et de l’inflation. Au cours de cette expansion originelle, les quatre forces fondamentales de l’Univers ont émergé: la gravité, l’électromagnétisme, les forces nucléaires forte et faible. Le devenir hypothétique de l’Univers est ensuite envisagé en fonction de la théorie de la relativité. Les nombres émaillant les explications donnent le vertige.

Le chapitre 2 porte sur le système solaire. La découverte problématique de Pluton est d’abord présentée. La notion d’espace est ensuite abordée en prenant comme exemple la distance nous séparant du nuage d’Oort. Des considérations sur la probabilité de vie humaine ailleurs dans l’Univers sont ensuite évoquées.

Le chapitre 3 porte sur les étoiles à neutrons et l’importance des supernovæ. Celles-ci ont rendu possible la formation de plusieurs éléments lourds, par exemple le carbone et le fer. La genèse de la Terre est ensuite expliquée.

Partie II - La taille de la Terre

Le chapitre 4 est très technique. Dans un premier temps, il traite des lois de Newton, ainsi que des expéditions françaises dans les Andes et en Scandinavie pour mesure la circonférence de la Terre. La seconde partie du chapitre porte sur le calcul de la masse de la Terre.

Au chapitre 5, avec beaucoup d’humour, Bryson relate les débuts de l’histoire de la géologie. Ces péripéties font ensuite place aux débats sur la datation des temps géologiques, y compris l’âge de la Terre.

Le chapitre 6 est consacré aux premières découvertes de fossiles de dinosaures, tant en Angleterre qu’aux États-Unis d’Amérique. L’auteur s’attarde particulièrement sur les vives rivalités entre les pionniers de la paléontologie.

Le chapitre 7 relate les découvertes d’un grand nombre d’éléments chimiques par des chercheurs souvent déconcertants. La classification rigoureuse de ces éléments dans un tableau périodique par Mendeleïev est bien expliquée. Le chapitre se termine par la découverte de la radioactivité par Marie et Pierre Curie.

Partie III - À l’aube d’un nouvel âge

Le chapitre 8 explore la structure de l’Univers, notamment grâce aux découvertes de Planck (thermodynamique), Einstein (théorie de la relativité) et Hubble (existence d’autres galaxies que celle de la Voie lactée).

Dans une tout autre dimension, le chapitre 9 porte sur la structure atomique de la matière. Les péripéties de l’émergence de la physique quantique sont relatées avec nombre d’exemples susceptibles de nous faire comprendre le monde subatomique.

Les méthodes de datation des matériaux anciens (carbone 14 et électroluminescence) et des roches (vitesse de désintégration de l’uranium en plomb et spectrographe de masse) font l’objet du chapitre 10. Bien plus, ce chapitre est consacré aux utilisations néfastes du plomb depuis le début du 20e siècle, surtout par l’industrie automobile.

Le chapitre 11 porte sur la physique des particules, un monde qui dépasse l’entendement. Dans ce contexte pointu, l’auteur aborde les collimateurs d’atomes, le modèle standard du monde subatomique et plusieurs théories, dont celle des cordes. La seconde partie établit l’âge de l’Univers selon les dernières avancées des astronomes.

Intitulé La Terre bouge, le chapitre 12 décrit les découvertes à l’origine de la théorie de la dérive des continents et de la nouvelle science de la tectonique des plaques.

Partie IV - Dangereuse planète

Le chapitre 13 porte sur la théorie de l’impact, celle qui expliquerait l’extinction subite des dinosaures. Deux points sont longuement abordés: le cratère de Manson et les conséquences catastrophiques d’un éventuel impact d’un astéroïde ou d’une comète sur la Terre. Par contraste, le chapitre 14 traite de la constitution interne de la Terre. Le chapitre suivant décrit les caractéristiques époustouflantes du supervolcan Yellowstone.

Partie V - La vie elle-même

Le chapitre 16 illustre la fragilité du genre humain, tout en précisant les facteurs favorables à l’apparition et au maintien d’une forme de vie complexe sur la Terre. Le chapitre suivant porte sur les phénomènes atmosphériques et océanographiques. Le chapitre 18 est consacré au cycle de l’eau, à la vie dans les abysses, à la découverte des sources hydrothermales et à la surpêche.

Le chapitre 19 relate les premières étapes de la vie échelonnées sur plusieurs milliards d’années: bactéries, cyanobactéries, stromatolites, mitochondries, eucaryotes. Le chapitre suivant s’attarde au classement des organismes vivants, aux bienfaits inestimables et indispensables des microbes, aux infections et aux antibiotiques. Les maladies dues à des virus sont ensuite étudiées, par exemple l’épidémie de la grippe espagnole en 1918.

Le chapitre 21 rapporte les spéculations relatives à l’explosion du Cambien, notamment sur les trilobites fossiles des schistes de Burgess. Le chapitre suivant représente l’histoire de la vie au cours d’une journée fictive. Ensuite, l’auteur fait état des grandes et petites extinctions, des transformations consécutives à ces catastrophes et à la pérennité hasardeuse de la vie. Le chapitre 23 est consacré à la taxonomie et à la diversité de la vie végétale et animale.

Le chapitre 24 porte sur la cellule: les étapes de sa découverte, sa composition (membrane, cytoplasme, noyau), et sa description par Bryson faite avec beaucoup d’humour et nombre d’analogies. Le chapitre suivant a trait aux théories de Darwin et de Mendel. Le chapitre 26 relate les découvertes de l’acide désoxyribonucléique (ADN) et l’acide ribonucléique (ARN), et conclut par l’assertion suivante: «La vie est une».

Partie VI - Le chemin vers nous

Le chapitre 27 porte sur la glaciation et les périodes glaciaires. Le chapitre suivant porte sur la préhistoire humaine. Les découvertes de fragments osseux, par exemple celles de l’homme de Java, de l’enfant de Taung, de l’homme de Pékin et de Lucy, donnent lieu à de multiples hypothèses et de vifs débats. L’auteur s’attarde ensuite à l’Homo habilis et l’Homo erectus.

Le chapitre 29 porte sur l’apparition de la première technologie, la fabrication de petites haches. Ensuite, il évoque la dispersion des hominidés en deux vagues, depuis le foyer africain: l’Homo erectus (± 2 millions d’années) et l’Homo sapiens (± 100 000 ans). Tout le chapitre fourmille d’hypothèses sur l’évolution de nos ancêtres.

Le dernier chapitre est à la fois factuel et moralisateur. Dans un premier temps, il décrit l’extinction systématique d’animaux, entre autres, par l’homme. Dans un second temps, il rappelle l’heureux hasard de l’existence de la vie sur notre planète. Citons une phrase conclusive de l'auteur: « C’est une pensée troublante de se dire que nous pouvons être l’achèvement suprême du monde vivant et son pire cauchemar à la fois.»

Le livre est complété par les notes, une bibliographie de vingt pages comprenant quelques titres traduits en français, et les remerciements d’usage. Il n’y pas d’index.

Références

Bryson, Bill. - Une histoire de tout, ou presque... - Traduit de l'anglais par Françoise Bouillot. - Paris: Payot & Rivages, 2009. - 648p. - [Citation liminaire, p. 11]. - ISBN 978-2-2289-0218-2 - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 500 B916h 2007 et 500 B9166h 2009.

Bill Bryson / Microblogue - Wikipédia - Encyclopedia.com

Image

Gravitational Waves Detected 100 Years After Einstein's Prediction (An artist's impression of gravitational waves generated by binary neutron stars. Credits: R. Hurt/Caltech-JPL) (NASA/JPL, 11 février 2016)

Sur la Toile

Prise de position pragmatique et nuancée sur l’univers (Paul Journet, La Presse, 12 mars 2017) - [La collision de deux trous noirs sert d’amorce aux propos de l’éditorialiste.]

Sciences / Techno (La Presse)

07 avril 2017

Les explorateurs belges (1253-1934)


Un livre magnifique, au titre étonnant, produit par le philosophe et politicologue Alban van der Straten.

Dans l’introduction, l’auteur explique d’abord son intérêt envers les explorateurs belges. Il indique ensuite les trois critères de sélection retenus pour le choix des explorateurs présentés dans son livre: 1° l’existence d’un témoignage; 2° la nature pionnière de l’exploration; 3° l’identité belge (au sens large du terme) de l’explorateur. Enfin, il esquisse le contenu de chacune des six parties de son ouvrage.

Une introduction générale précède chacune des parties de l’ouvrage. La première porte sur les précurseurs du Moyen-Âge et de la Renaissance, dont Guillaume de Rubrouck. La partie suivante est consacrée aux navigateurs du Siècle d’or néerlandais, à l'exemple de Jacob le Maire et Jacques l’Hermite. Des missionnaires jésuites en Chine font l’objet de la troisième partie: Nicolas Trigault, Albert d’Orville, Ferdinand Verbiest et Antoine Thomas. La quatrième partie est dédiée aux pionniers de l’Amérique du Nord, comme Louis Hennepin et Jean-Nicolas Perlot. Viennent ensuite les explorateurs du Congo, dont Ernest Cambier. La dernière partie présente quelques explorateurs plus individualistes des 19e et 20e siècles, tels Eugène de Pruyssenaere (recherche de la source du Nil), Paul Splingaerd (carrière étonnante en Chine), et Constant De Deken (exploration du Tibet).

À titre d’exemple, citons un passage de l’introduction du chapitre relatif aux pionniers de l’Amérique du Nord: «Les récits d’exploration en disent souvent plus sur leurs auteurs, leurs a priori et leur public qu’à propos des peuples et des pays qu’ils prétendent décrire. En lisant entre les lignes, en passant leurs révélations au crible de la critique historique, on voit que l’image qui se dessine est plus nuancée qu’il n’y paraît de prime abord.»

Les portraits des explorateurs sont présentés d’une façon captivante selon la disposition suivante: illustration de l’explorateur, sur la page initiale du chapitre; nom de l’explorateur, années de naissance et de décès, titre accrocheur; exposé enthousiaste illustré par des extraits de témoignages et des illustrations. Celles-ci sont abondantes, comprenant notamment des documents cartographiques. Sauf exception, ces images sont dans le domaine public.

Le livre est complété par une conclusion, une bibliographie, les notes et les références iconographiques. La table des matières détaillée est insérée en début d’ouvrage.

Ce livre nous introduit dans le monde merveilleux des explorateurs belges et des grandes explorations européennes à travers les siècles, parmi les océans et les continents. L’auteur souligne les exploits de ces personnages sans pour autant taire leurs faiblesses et leurs erreurs, et pour certains leurs crimes, dans le contexte du colonialisme et de l’impérialisme européens.

Référence

Van der Straten, Alban. - Les explorateurs belges. De Guillaume de Rubrouck à Adrien de Gerlache. - Bruxelles: Mardaga, 2016. - 400p. - ISBN 978-2-804-70275-5. - [Citations, p. 223, 381]. - BAnQ: 910.94930922 V2286e 2016.

Carte

1688 - Amérique du Nord - Nouvelle Decouverte d'un tres grand Pays, situe dans L'Amerique, entre le Nouveau Mexique et la Mer Glaciale / Louis Hennepin - Wikipedia. - [Carte reproduite aux pages 232-233, dans le chapitre intitulé Le vantard du Mississippi, p. 230-241]

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Le nouvel impérialisme