06 février 2025

On tue… / Jean-Jacques Pelletier


Dédicace : « À tout ce qui s’efforce de survire… »

Comme dans ses polars précédents, Jean-Jacques Pelletier situe son récit dans le contexte de la société actuelle et celui des technologies contemporaines. La structure du roman On tue... est canonique, avec des épisodes numérotés en continu : un prologue; deux parties, la première subdivisée en trois chapitres, la seconde subdivisée en quatre chapitres; un épilogue. Cette construction explicite est présentée dans la Table des matières, au début du livre.

Un Avertissement au lecteur et quatre citations (de Lili Graves, Romain Gary, The Sex Pistols et William Shakespeare) sont insérés entre la Table des matières et le Prologue. Les Personnages principaux et secondaires, les Remerciements et une notice biographique de l’auteur sont affichés à la fin du livre.

Prologue

C’est bien connu, l’écrivain québécois ne fait pas dans la dentelle. Ainsi en va-t-il dès les épisodes 1 à 7 du Prologue. Sur la Toile, des vidéos d’un adolescent agonisant sont diffusés pendant plusieurs jours. Averti par texto, le père de la victime découvre le cadavre de son fils dans un appartement de la Petite-Bourgogne. Au cours de l’interrogatoire d’un suspect, une altercation surgit entre celui-ci et le père du jeune assassiné.

Alors que le Prologue est daté de 2017, les événements des parties suivantes se déroulent en 2019 : Cruautés éparpillées, Les meurtres pédagogiques.

Première partie / Cruautés éparpillées

Dans le chapitre initial, intitulé L’élevage des vieux, le titre du roman et celui du chapitre sont contextualisés. Au cours des 8 à 53 épisodes, le lecteur découvre l’équipe d’enquêteurs affectée à élucider plusieurs meurtres survenus à Verdun. D’un épisode à l’autre, l’intrigue se complexifie. Par ailleurs, plusieurs épisodes ont trait à la politisation de l’enquête, à une intervention diplomatique énigmatique et à des contrats commandités par des personnages anonymes. Les dialogues sont prédominants, ce qui rend l’écriture dynamique. La typographie est variée : récit continu, monologues intérieurs, manuscrits, textos, émissions télévisées, billets de réseaux sociaux.

Amorcé en quelque sorte dans l’épisode 48, le chapitre L’abattoir est beaucoup plus court. Il comprend les épisodes 54 à 79 centrés sur une carcasse humaine découverte dans la chambre froide d’une boucherie de Montréal-Nord. En parallèle, de nouvelles révélations concernent les meurtres antérieurs survenus à Verdun. Un incident dramatique impliquant le protagoniste surgit au cours des enquêtes criminelles. Comme au chapitre précédent, et concernant le même personnage, le lecteur peut déceler quelques incongruités dans le récit. Par ailleurs, dans le dernier épisode, l’instigateur des meurtres indique son but et évoque les phases de son plan correspondant aux titres des deux parties du roman.

Le cobaye humain, tel est le titre du troisième chapitre dans lequel se déroulent les épisodes 80 à 120. Le premier épisode se déroule au cimetière Mont-Royal : des individus déterrent un cercueil et lui substituent une carcasse de porc. Puis le seul survivant des victimes de Verdun est assassiné dans son lit d’hôpital. Puis une nouvelle victime est trouvée dans un condo de Griffintown. Puis un meurtre est commis dans un restaurant. Les enquêtes policières, comme les interventions politiques, s’imbriquent. Les indices sur les possibles motifs des crimes se précisent, mais ils restent diffus. En fin de chapitre, le lecteur prend connaissance du manifeste (en cours de rédaction) de l’instigateur des assassinats.

Deuxième partie / Les meurtres pédagogiques

Un chasseur est trouvé décapité dans son immense résidence située sur le flanc du mont Royal. À juste titre, le quatrième chapitre s’intitule Le trophée de chasse. C’est le début d’une nouvelle enquête qui se déroule au cours des épisodes 121 à 174. D’une façon fracassante, les photos des victimes antérieures et le manifeste sont diffusés par un quotidien montréalais. Par ailleurs, le lecteur découvre encore de nouveaux personnages, en plus de l’identité du mercenaire au service de l’instigateur des meurtres. Aussi, trois autres meurtres, dont le dernier a de fortes implications politiques.

Les épisodes 175 à 220 sont relatés au long du chapitre Gaver ou être gavé. De nouvelles scènes de crime, tout aussi sanguinaires, sont découvertes à l’extérieur de la métropole, à Drummondville et Sherbrooke, en relation avec l’élevage industriel des porcs et des poulets. Sur ces nouveaux meurtres et les précédents, les enquêtes progressent. Des suspects, commanditaires et exécutants, sont identifiés et le lecteur en apprend davantage que les policiers sur le ou les instigateurs des assassinats. La prochaine leçon est annoncée à la fin du chapitre.

Des cadavres commis à Rimouski et Gatineau, meurtris d’une façon aussi ahurissante que les précédents, font l’objet du chapitre Trafic d’espèces menacées, comprenant les épisodes 221 à 247. Les rebondissements sont aussi multiples qu’étonnants. Par exemple, le lecteur prend connaissance de révélations sensationnelles sur plusieurs personnages principaux. Il peut dès lors anticiper la fin de l’histoire.

Tout aussi bref, le dernier chapitre comprend les épisodes 248 à 260 : La dernière leçon. Les ultimes assassinats projetés sont déjoués par les policiers, dans un contexte politique rendu avec beaucoup d’acuité.

Épilogue

Les derniers épisodes 261 à 269 donnent lieu à une rétrospective sur les événements et des propos sur la politique, la science, l’humanité, l’environnement et une potentielle suite de l’histoire.

Les derniers mots font échos à ceux de la Dédicace : « Vivre. Quoi d’autre ? »

Quelques citations

– Le premier ministre lui-même suit l’affaire de près. Il paraît qu’il est très sensible au sort des personnes âgées !
– Première nouvelle qu’il est sensible à quelque chose d’autre qu’à son image. Et accessoirement, à celle du parti…

À la radio, après la lecture du message, c’est maintenant le défilé des experts et des micros-trottoirs qui s’amorce.

Quand on regarde les caricatures de guerre, au cours de l’histoire, les ennemis sont toujours animalisés.

Avec l’argent, on peut s’acheter un gouvernement, ou même la présidence des États-Unis.

Sur la scène, le résultat de la loterie électorale de l’année précédente [2018] continue de rassurer ses électeurs potentiels.

Pages 055, 316, 442, 609 et 628.

Référence

Pelletier, Jean-Jacques. – On tue… – Lévis (Québec) : Les Éditions Alire, 2024 © 2019. – 655 p. – ISBN 978-2-8983-5056-6. – Bibliothèques de Montréal et BAnQ : PEL Jea on ; Pelletier P3885o.

Image

Centre-ville de Montréal © Claude Trudel, 2019, Le monde en images, CCDMD.

Au centre de la photo : le 1000 De La Gauchetière. À droite : la tour de la Bourse. – Photo prise à proximité de la galerie 1700 La Poste située à l’angle des rues Notre-Dame Ouest et Guy, dans le quartier Petite-Bourgogne.

Aucun commentaire: